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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DE MADAME DE SÉVIGNÊ.

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roi (l’Angleterre; M. de La Feuillade lui répondit brusquement :« Cela est d’un homme qui a mieux aimé être comme M. de« Chandenier que comme M. de Noailles. » Cela lit rire.

Je vous renvoie la lettre de M. de Grignan, elle me fait peurseulement de l’avoir dans ma poche: est-il possible qu’il aitpassé parles horreurs dont il me parle? C’est grand dommagequ’il n’avait pas le superbe, comme en allant à Monaco. Faites-lui mes compliments sur son retour de deux doigts des abîmes.Comment suis-je avec le coadjuteur? Noire ménage allait assezbien à Paris; dites-lui ce que vous voudrez, ma chère enfant,selon que vous êtes ensemble; car vous croyez bien que je neveux point m’entendre avec vos ennemis.

271S. A madame de Grignan.

A Chaulnes, dimanche 17 avril 1689.

Me voici à Chaulnes 1 , ma chère fille, et toujours triste dem’éloigner encore de vous. J’attends votre lettre vendredi : quelletristesse de ne pouvoir plus recevoir réglément de vos nouvellestrois lois la semaine! c’est justement cela que j’ai sur le cœur,et que j’appelais ma petite tristesse; vraiment elle n’est pas pe-tite, et je sentirai cette privation. Monsieur le chevalier m’écri-vit de Versailles un petit adieu tout plein de tendresse ; j’en fustouchée, car il laisse ignorer assez cruellement la part qu’on adans son estime; et comme on la souhaite extrêmement, c’estune véritable joie dont il prive ses amis. Je le remerciai de sonbillet par un autre que je lui écrivis en parlant : il me mandaitque votre enfant ne serait point d’un certain détachement, parcequ’il n’était plus question de la chose qu’on avait dite : cela mesoulagea fort le cœur : et comme il vous l’aura mandé, vousaurez respiré comme moi. Je ne comprends que trop toutes vospeines ; elles retournent sur moi, de sorte que je les sens de deuxcôtés.

Je partis donc jeudi, ma très-chère, avec madame de Chaulneset madame de Kerman ; nous étions dans le meilleur carrosse,avec les meilleurs chevaux, la plus grande quantité d’équipages,de fourgons, de cavaliers, de commodités, de précautions quel’on puisse imaginer. Nous vînmes coucher à Pont (Saint-Maxence ) dans une jolie petite hôtellerie, et le lendemain ici.Les chemins sont fort mauvais : mais cette maison est très-belle

«les gardes-du-corps du roi ; mats étant tombé en disgrâce» il donna la démissionde sa charge, et ce fut Anne , comte, puis duc de Noailles, qui lui succéda en i 65 i.1 Chaulnes, en Picardie, entre Uoye et Péronne.