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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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LETTKES

rez point attention à celles qui vous pourraient fâcher. Pourmoi, jai dit ce que javais à dire, mais en attendant que vousme répondissiez vous-même sur ce que je ne savais pas; et jaiajouté que je vous manderais ce que cette duchesseme mandait.Écrivez-lui donc tout bonnement comme ayant su de moi cequelle écrit de vous. Après tout, vous devez conserver cetteliaison ; ils- vous aiment, et vous ont fait plaisir; il ne faut pasblesser la reconnaissance. Jai dit que vous étiez obligé à linten-dant *. Mais je vous dis à vous, mon enfant, cette amitié ne peut-elle compatir avec vos anciens commerces et du premier prési-dent et du procureur général? Faut-il rompre avec ses vieuxamis, quand on veut ménager un intendant? M. de Pommereuilnexigeait point cette conduite. Jai dit aussi quil vous fallaitentendre, et quil était impossible que vous neussiez pas fait descompliments au procureur général sur le mariage de sa fille.Enfin, mon enfant, défendez-vous, et me dites ce que vous aurezdit, afin que je vous soutienne.

Ceci est pour mon bon président :

Jai reçu votre dernière lettre, mon cher président; elle estaimable comme tout ce que vous mécrivez. Je suis étonnée queDupuis ne nous réponde point, je crains quil ne soit malade.

Vous voilà trop heureux davoir mon fils et notre marquise.Gouvernez-la bien, divertissez-la, amusez-la ; enfin, mettez-ladans du coton, et nous conservez celte chère et précieuse per-sonne. Ayez soin de me faire savoir de ses nouvelles ; jy prendsun sensible intérêt.

Mon fils me fait les compliments de Pilots 8 et des ouvriers quiont fini le labyrinthe. Je les reçois, et je les aime, et les remer-cie. Je leur donnerais de quoi boire si jétais.

Ma fille, et votre idole, vous aiment fort, et moi par-dessustout. Adieu, mon bon président : mon fils vous fera part de malettre. Jembrasse votre tourterelle.

804. A M. de Coulanges.

A Grignair, le i5 octobre i6g5.

Je viens décrire à notre duc et à notre duchesse de Chaulnes;mais je vous dispense de lire mes lettres, elles ne valent rien dutout. Je défie tous vos bons tons, tous vos points et toutes vosvirgules, den pouvoir rien faire de bon: ainsi laissez-les;aussi bien je parle à notre duchesse de certaines petites affaires

1 Madame de Chaulnes se plaignait de ce que le marquis deSévigné voyait plusl'intendant de la province que le premier président et le procureur géaéral du par-lement de Bretagne.

* Jardinier des Rochers.