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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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BAN

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BAR

établissement qui se chargeait de l'argent des particu-liers pour le faire valoir à gros intérêts ou le mettre ensûreté. || Aujourd’hui, commerce consistant à effectuerpour le compte d’autrui des payements et recettes, àFaire l’escompte, à acheter et revendre soit des valeurscommerciales, lettres de change, billets de commerce,effets publics, actions d’entreprises industrielles et toustitres créés pour l’usage du crédit, soit des monnaiesou matières d’or et d’argent. || Plus spécialement, lesétablissements qui se livrent à ces diverses opérations.Maison de banque. Banque de France. |[ Payement faitaux ouvriers d’imprimerie chaque semaine ou tous lesquinze jours. || Au jeu, somme qu'a devant lui le joueurqui tient contre tous les autres. || Faire sauter la banque,gagner tout l’argent de celui qui tient le jeu.

BANQUEROUTE (ital. banco, rotta), s. f. Cessationde payement de la part d’un négociant devenu insol-vable. J| Fig. et famil. Faire banqueroute à, manquerà. Gardez de faire aux égards banqueroute, la Font.|| En jurispr. Faillite coupante et punie par la loi ; ban-queroute simple, lorsqu’il y a faute seulement ; banque-route frauduleuse, lorsqu’il y a fraude. || Banqueroutese dit spécialement de l'État, lorsque la loi abolit tout oupartie ae la dette publique.

BANQUEROUTIER, 1ÈRE, s. m. et f. Celui, celle qui afait banqueroute. \\Adj. Un gouvernement banqueroutier.

BANQUET (dimin. de banc), s. m. Repas d’apparat.|| Banquet nuptial, repas de noces. || T. de dévotion. Lenanquet des élus, la béatitude céleste. || Le banquet sa-cré, la communion. || Poét. Le banquet de la vie.

BANQUETER, v. «. Faire bonne chère, prendre partfréquemment à de grands repas. || Il est familier.«BANQUETEUR, s. m. Celui qui banquette.

BANQUETTE (dimin. de banc), s. f. Banc long etrembourré, sans dossier. || Jouer devant les banquettes,jouer une pièce dans une salle presque vide de specta-teurs. || Partie du rempart située immédiatement der-rière le parapet, et d’où les soldats font feu sur l'ennemi.|| Petit chemin peu élevé au-dessus de la voie sur unpont ou une rue pour les piétons. 11 On dit habituellementtrottoir. || L’impériale d’une diligence et des omnibus.

BANQUIER, $. m. Propriétaire ou directeur d’unemaison de banque particulière. || Au jeu, celui qui tientle jeu contre tous les autres joueurs.

BANQUISE ( banc et angl. ice), s. f. Bordure d’eaude mer gelée qui ne permet pas aux navigateurs d’at-teindre une côte où elle est adhérente.

*BANQUISTE, s. m. Charlatan, bateleur. || Mot pop.

BANS [bancs?), s. m. pl. Lits de chiens de chasse.

BANVIN [ban et vin), s. m. Droit qu’avait le seigneurde vendre, a l’exclusion de toute autre personne, le vinde son cru, dans sa paroisse, durant le temps marqué parla coutume. || Proclamation qui indiquait le jour où lesparticuliers pourraient vendre leur vin nouveau.

BAOBAB, s. m. Arbre d’Afrique, qui est le plusgrand des végétaux connus.

BAPTÊME (ba-tê-m\ Lat. baptisma), $. m. Celui dessept sacrements de l’Église qui efface le péché originel,et qui consiste en de l’eau versée sur la tête et en parolessacramentelles. ]| Fig. Baptême de sang, martyre descatéchumènes. || Nom de baptême, le nom donne par le

arrain ou la marraine à l’enfant présenté aux fonts

aptismaux. || Baptême d’une cloche, d’un navire, céré-monie religieuse par laquelle on bénit une cloche, unnavire. || Baptême de mer, du tropique, de la ligne,usage des matelots à l’égard de ceux qui passent, pourla première fois, le tropique ou la ligne.

BAPTISÉ, ÉE, p. p. de baptiser.

BAPTISER (ba-ti-zé. Lat. baptizare), v. a. Conférerle baptême. || Baptiser une cloche, un navire, employercertaines cérémonies ecclésiastiques pour les bénir. 11 Fig.Donner un sobriquet. || Famil. Baptiser son vin, y mettrede l’eau.

* BAPTISEUR, s. m. Celui qui baptise. Jean le Bapti-

seur.

BAPTISMAL, ALE (b. lat. baptismalis), adj. Qui ap-partient au baptême. Eau baptismale. Fonts baptismaux.

BAPTISTAIRE (ba-ti-stê-r'. B. lat. baptistarius), adj .Qui constate le baptême. Registre baptistaire. || S. m. Le

baptistaire, l'extrait du registre, la date d’un baptême.

BAPTISTÈRE (ba-ti-stê-r’. B. lat. baptisterium\,s.m.Petit édifice bâti près des cathédrales pour administrerle baptême. || Chapelle où sont les fonts baptismaux.BAQUET (dimin. de bac), s. m. Sorte de petit cuvier.

★ BAQUETURES, s. f. pl. Yin qui tombe dans le ba-quet quand on le verse ou qu’on le met en bouteilles.

* BAR, s. m. Grand poisson, dit aussi maigre.BARAGOUIN (b. bret. bara, pain, gwin, vin), s.m.

Langage où les sons des mots sont tellement altérés,qu'il devient inintelligible.

BARAGOUINAGE, s. m. Manière de parler embrouilléeet inintelligible.

BARAGOUINÉ, ÉE, p. p. de baragouiner.BARAGOUINER, v. u. Estropier les mois d'une langueen parlant, en altérer le son au point de les rendredifficiles à comprendre. || F. a. Mal parler une langue.

BARAGOUINEUR, EUSE, s. m. et f. Celui, celle quibaragouine.

★ BARALIPTON. Mot forgé par les scolastiques pourdésigner mnémoniquement une forme de syllogisme.

BARAQUE (b. lat. baraca, de barra, barre), s. f.Hutte construite par les soldats à défaut de tentes, etpar extens. constructions légères remplaçant les caser-nes. || Réduit couvert pour les pêcheurs. || Boutique faitede planches. || Fig. et famil. Maison mal bâtie et dechétive apparence. |j Maison où les domestiques sont trai-tés mal, les ouvriers mal payés. I| Petite armoire danslaquelle les écoliers serrent leurs livres et leurs cahiers.BARAQUÉ, ÉE,/». 7 ?.debaraquer. Logé en des baraques.

* BARAQUEMENT, s. m. Action de baraquer, de sebaraquer. || Ensemble de baraques.

BARAQUER, v. a. Faire des baraques. || Se baraquer,v. r. Se construire des baraques.

BARATERIE (anc. fr. barat, tromperie), s. f. T. demar. Fraude commise par le capitaine, le maître ou patrond'un navire, au préjudice des armateurs, des assureurs.

★ BARATHRE (fiàpaQpov), s. m. Précipice où l’on jetaitles criminels à Athènes.

★ BARATTAGE, s. m. L’ensemble des opérations qui sefont dans la baratte.

BARATTE (b. lat. barattare), s. f. Vaisseau dont onse sert pour battre le beurre.

BARATTÉ, ÉE, p. p. de baratter.

BARATTER, v. a. Agiter du lait dans une barattepour faire du beurre.

BARBACANE (arabe bârbâk-kkaneh), s. f. Meurtrièrepratiquée dans le mur des forteresses. || Au moyen âge,ouvrage extérieur percé de meurtrières. || Ouverturelongue et étroite pour l’écoulement des eaux.

★ BARBACOLE (mot forgé par la Fontaine), .9. m. Maî-tre d’école; magister de village. Humains, il vous fau-drait encore à soixante ans Renvoyer chez les barba-coles, la Font.

* BARBARA. Mot forgé par les scolastiques pour dési-gner mnémoniquement une forme,de syllogisme.

BARBARE (lat. barbarus), adj . Etranger, par rapportaux Grecs et aux Romains. || Subst. Les barbares. || Parextens. Non civilisé, mal civilisé. || Famil. C’est un bar-bare, c'est un homme sans goût et incapable d'apprécierles beautés de l’art. 11 Sauvage, grossier. Peuples sauvageset barbares. || Contraire aux réglés de la langue. Parlerd’une manière barbare. JJ Qui est sans humanité, cruel.Un homme barbare. j| Subst. Un barbare.

* BARBARÉE, s. f. Plante analogue au cresson.BARBAREMENT, adv. D'une façon barbare.BARBARESQUE, adj. Qui appartient aux peuples de

Barbarie. Les États barbaresques. || Subst. Les Barba-resques.

BARBARIE (lat. barbaries ), s. f. Manque de civili-sation, grossièreté. || Inhumanité. || Action barbare,cruelle. || Le pays des barbares.

* BARBARISER, v. n. Parler d’une façon barbare.BARBARISME (lat. barbarismus), s. m. Faute contre

la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots,et par extens. toute expression, toute locution qui violela règle. || Fig. Des incongruités de bonne chère et desbarbarismes de bon goût, Mol.

BARBE (lat. barba ), s. f. Poil du menton et des joues.