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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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BAT

BAV

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* BATTEUSE, s. f. Machine qui sert à battre le grain.

* BATTITURE (battre), s. f. Nom des écailles qui jaillis-sent des métaux frappés, tout rouges, à coups de marteaux.

BATTOIR (battre), s. m. Sorte de raquette dont onse sertpour jouer à la paume. || Palette de bois aveclaquelle les blanchisseuses battent le linge.

BATTOLOGIE (ftemoïoyia), s. f. Répétition oiseuse,fastidieuse des mêmes pensées sous les mêmes termes.

* BATTOLOGIQUE, adj. Qui a rapport à la battologie.BATTRE (lat. battuere), v. a. Frapper avec divers

instruments. On bat le blé avec le fléau. Le forgeronbat l’enclume. || Fig. Se battre les flancs, faire beaucoupd'efforts, ou simuler un grand zèle. || Battre le tambour,donner un signal au son du tambour. || Battre du tam-bour, faire entendre le son du tambour, j | Battre mon-naie, fabriquer de la monnaie à l’aide du balancier, etfig.se procurer de l’argent. || Battre la semelle, se dit d’unesorte d'escrime en usage parmi les écoliers, pour seréchauffer, en frappant leurs pieds l'un contre l’autre.|| Battre le ruisseau, frapper l’eau avec des bâtons,ce qui effraye le poisson et le pousse dans les filets.Il Battre l’eau, battre l’air, se donner une peine inutile.|| Fig. et popul. Se battre l’œil de quelqu’un, de quel-ue chose, ne pas s’en soucier, n’en tenir aucun compte,Fig. Battre les oreilles, assourdir, fatiguer. Il Fig.attre froid à quelqu’un, le traiter avec froideur. || Don-ner des coups à quelqu’un. Battre quelqu’un commeplâtre, le battre avec excès. || Battre un homme à terre,le battre quand il ne peut se défendre, et fig. le critiquer,le tourner en ridicule, quand tout le monde est d’accordlà-dessus. || Diriger le feu du canon contre. || Fig. Battrequelqu’un en ruine, en brèche, ne pas lui laisser dansla discussion les moyens de se défendre, et aussi atta-quer son crédit, sa réputation. || Assaillir, ébranler, sebriser contre, en parlant de la mer, d’une rivière. | j Bat-tre la mesure, donner aux musiciens un signal qui leurindique le temps qui doit être employé à chaque me-sure. || Battre des entrechats, faire des entrechats endansant. || Agiter certaines choses liquides, mêler, brouil-ler. Battre des œufs. || Au jeu, battre les cartes, lesmêler. || Enchâsse, battre les buissons, un bois, pour enfaire sortir le gibier. || Parextens. Parcourir, explorer.Nous battîmes le pays. j| Battre l’estrade, qui a vieilli,ou battre la campagne, pousser des découvertes du côtéde l’ennemi. || Fig. Battre la campagne, divaguer, dérai-sonner. || T. de mar. Battre la mer, courir des bordéesnombreuses, dans le même parage. || Fig. etfamil. Battrele pavé, aller et venir sans but, sans occupation. 11 Battrele chemin, rendre le chemin praticable, et fig. donnerl’exemple. |] Yaincre. || Au jeu, gagner.

Battre, v. n. Frapper. La grêle bat contre les toits,|| Battre des mains, applaudir. || Battre des ailes, agiterles deux ailes. |J Fig. Ne battre que d’une aile, n’avoirplus la même vigueur, être mal dans ses affaires, j |_At—teindre, frapper sur. Le canon battait jusque-là. || Êtrebattu. Le tambour bat. La générale bat. || Le tambour bataux champs ou l’on bat aux champs (ainsi dit parce quele poste doit sortir), pour rendre quelque honneur.|j Battre en retraite, se retirer du combat ou d’uncampement, et fig. céder, reculer. 11 Être animé d’uncertain mouvement. Le cœur bat.

Se battre, v. r. Se battre soi-même. || Lutter corpsà corps. Se battre à coups de poings, à l’épée, en duel.|| Fig. Se battre contre des moulins à vent, lutter contredes périls, des obstacles imaginaires. || Combattre enbataille. On se battit avec courage des deux côtés.|| Prov. Il a battu les buissons et un autre a pris lesoiseaux, sa peine a profité à un autre. ]| Il faut battrele fer pendant qu'il est chaud, il faut presser vivementce qu’on a commencé heureusement.

BATTU, UE, p. p. de battre. Qui a reçu des coups.

H Fig. Battu de l’oiseau (locution tirée de la fauconne-rie), découragé par une suite de revers, etc. 11 J’ai lesoreilles battues de ces discours, il y a longtemps qu’onme les répète. || Avoir les yeux battus, avoir autour desveux une teinte qui montre qu’on est fatigué. || Foulé.Le sol battu parles pieds. || Chemin battu, chemin fré-quenté, et fig. le train habituel, les moyens ordinaires.

!| Pas battu, pas de danse fait en battant légèrement

et vivement une jambe contre l’autre. || S. m. Lesbattus, ceux qui ont reçu des coups. || Prov. Les battuspayent l’amende, ceux qui ont reçu le dommage, au lieud’une réparation, sont encore en butte à des vexations.

BATTUE, s. f. Action de battre les bois et les taillispour en faire sortir le gibier. || Fig. Faire une battue,explorer un terrain. | j Bruit du pied du cheval sur le sol.

BATTURE (b. lat. batlitura), s. f. Espèce de dorurefaite avec du miel, de l’eau de colle et du vinaigre.

* BATZ (bats’. AU. Batzen), s. m. Petite monnaie alle-mande de la valeur de trois sous.

BAU (ail. Balken), s. m. Nom donné à chacune despoutres qui, placées en travers, soutiennent les plan-chers ou ponts des navires.

BAUD (anc. fr. baud, hardi), s. m. Nom d'une racede chiens courants, originaires de Barbarie, et propresà la chasse du cerf; dits aussi chiens muets.

* BAUDELAIRE (b. lat. badelaris ), s. m. Sorte de sa-bre. || Un des meubles du blason.

* BAUDERou BAUDIR (anc.fr. baud, vif), v. n. Aboyer.BAUDET (anc. fr. baud, vif), s. m. Ane. || Fig.’Un

homme stupide.

BAUDIR (anc. fr. baud, hardi), v. a. Baudir un fau-con, l’encourager au combat contre un héron.

BAUDRIER (b. lat. balterarius , du lat. balteus',s.m. Bande de buffle ou d’étoffe qui, mise en écharpe,sert à porter un sabre, une épée,v BAUDROIE, s. f. Un des noms vulgaires de la lophiepêcheuse, poisson des côtes de France.

BAUDRUCHE (anc. fr. baudrée, morceau de cuir),s. f. Pellicule provenant d’une des membranes du cæ-cum soit du bœuf, soit du mouton.

BAUGE (b. lat. baugium), s. f. Gite fangeux du san-glier. || Mortier de terre grasse mêlée de paille.

BAUGUE ou BAUQUE (b. lat . balcha, roseau), s.f.Mélange de plantes marines que la Méditerranée rejette.

BAUME (lat. balsamuni), s. m. Substance résineuseet odorante qui coule de quelques végétaux. || Famil.Fleurer comme baume, avoir une odeur agréable. || Fig.Sa réputation fleure comme baume, il a une très-bonneréputation. || Médicaments qui ont une odeur balsa-mique. I| Fig. Ce qui calme, adoucit les peines, les cha-grins. |] Baume d’acier ou d’aiguilles, baume préparéavec de la limaille d’acier et de l’acide azotique. | f Popul.Baume d’acier, l’instrument du dentiste. 11 En bot. Baumedes jardins, nom de la menthe baume.

* BAUME ou BALME (prov. balma), s. f. Grotte dansle Midi. La Sainte-Baume dans le Yar.

BAUMIER, s. m. Arbre qui donne du baume.

BAUX, plur. de bail et de bau.

BAVARD, ARDE (bave), adj. Qui parle beaucoup.|| Indiscret, qui dit ce qu’il faudrait taire. || Subst. Unbavard, une bavarde.

BAVARDAGE, s. m. Suite de discours ou de parolessans intérêt.

BAVARDER, v. n. Parler beaucoup. || Divulguerdeschoses qu’oi devrait taire.

BAVARDERIE, s. f. Défaut du bavard. || Bavardagecontinuel.

BAVAROISE (de Bavière), s. f. Infusion de thé et desirop de capillaire, sucrée et mêlée avec du lait.

BAVE, s. f. Salive qui découle involontairement de labouche. || Salive écumeuse que jettent certains animaux.

BAVER, v.n. Jeter de la bave. || Fig. Souillerpard’indignes paroles. || Ne pas couler droit, en parlantd’un liquide qu’on verse ou qui s’écoule.

BAVETTE, s. f. Petite pièce de toile qu’on attache surla poitrine des petits enfants, pour recevoir la bave.

|| Être à la bavette, être dans l’enfance, et fig. êtreencore trop jeune pour se mêler des choses dont il s’agit.

|| Tailler des bavettes, passer son temps à bavarder. _BAVEUSE (bave), s. f. Poisson de mer, dit aussi bavê-que et bavesque.

BAVEUX, EUSE, adj. Qui bave. || Omelette baveuse,omelette peu cuite. | j Chairs baveuses, chairs d’une plaiequi fournissent un liquide séro-purulent. || Enimprim.Lettres baveuses, lettres qui manquent de netteté.

BAVOCHÉ, ÉE, adj. En t. de grav. et d’imprim. Quin’est pas net, en parlant des contours des caractères.