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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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BAV

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BEA

BAVOCHER (fréq. de baver), v. ». Imprimer d’unemanière peu nette, maculer.

BAVOCHURE, s. f. Défaut de ce qui est bavoché.

BAVOIS ou BAVOUER (b. lat. baviardus, espèce demonnaie), s. ru. Feuille décompté où était contenuel’éva-luationdesdroitsdeseigneuriage, suivant le prix courant.

BAVOLET (anc.fr. bavoler, voltiger), $. m. Coiffurevillageoise. || Morceau d’étoffe ou ruban qui orne unchapeau de femme par derrière.

BAVURE (baver), s. f. Trace laissée par les joints despièces d’un moule sur les objets moulés.

BAYADÈRE (port, bailadeira), s. f. Femme indiennedont la profession est de danser devant les pagodes.

BAYARTou BAÏART (bard), s.m. Sorte de bard, decivière, principalement en usage dans les ports.

BAYER (ba-ié, a bref. Étym. incert.), v. n. Tenir labouche ouverte en regardant quelque chose. Je voulusaller dans la rue pour bayer comme les autres, Sév. ||Fig.et famil. Bayer aux corneilles, regarder en l’air niaise-ment. || Fig. Désirer quelque chose avec une grandeavidité. Bayer après les honneurs. [J II vieillit en ce sens.

BAYEUR, EUSE, s. m. et f. Celui, celle qui baye.

BAYONNETTE, s. f. Voy. baïonnette.

BAZAR (arabe bazàr), s. m. Marché public en Orient.

|| Par extens. Lieu couvert où sont réunis des marchandstenant boutique et vendant toutes sortes de menusobjets ou ustensiles. j| Fig. Grand centre où affluent lesmarchandises et les produits.

BDELLIUM (bdèl-li-om’. Wêh.bdolach), s. m. Gommerésine qui vient du Levant et des Indes orientales.

BÉANT, ANTE (anc. fr. béer ou bayer), adj. Qui pré-sente une large ouverture. || Qui regarde avec étonne-ment. Elles ont à leur suite une troupe béante, Régnier.

11 Être, demeurer bouche béante, être frappé de stupeur.

BÉAT, ATE (lat. beatus), s. m. et f. Homme oufemme plongée dans une grande dévotion et à qui l’en-tourage attribue une sorte de sainteté. Il Béates, nom dequelques femmes,portant l’habit religieux, sans êtrecloîtrées. || Dans l’Église, celui, celle qui a reçu la béati-tication. || .doÿ.Untonbéat, une minetéate, un ton, unemine qui exprime une dévotion outrée ou hypocrite.

BÉATIFICATION, s. f. Cérémonie ecclésiastique, danslaquelle le pape, assisté du college des cardinaux, dé-clare, après des informations juridiques, qu’une per-sonne a mérité par ses vertus d’être proposée au cultereligieux et à l'invocation des fidèles.

BÉATIFIÉ, ÉE, p. p. de béatifier.

BÉATIFIER (lat. beatificare), v. a. Rendre bienheu-reux. || Donner la béatification. || Famil. Rendre heureux.Cette nouvelle l’a béatifié.

BÉATIfIQUE (lat. beatificus), adj. Qui rend bien-heureux ; usité seulement dans : "Vision béatifique, lavue que les élus ont de Dieu dans le ciel.

BÉATILLES (Il mouillées. Dimin. du lat. bealus),s.f. pl. Les menues viandes délicates, crêtes de coq, risde veau, etc. dont on garnit les pâtés. || Certains petitsouvrages de religieuses, comme agnus, pelotes, etc.

BÉATITUDE (lat. béatitude/), s. f. Félicité parfaite etprincipalement celle des élus. || En général, bonheur.|| Titre d’honneur qui s’est donné aux ecclésiastiques.Votre Béatitude.

BEAU ou BEL, BELLE (lat. bellus), adj. Qui plaîtpar la forme, en parlant des êtres animés. || 11 s’em-ploie quelquefois avec de et un nom sans article : Il étaitbeau d’indignation. || Le beau sexe, les femmes. |! Famil.Élégant, bien vêtu. Une belle dame. || Distingué. Le beaumonde. Les gens du bel air. || Remarquable par les pro-portions, qui plaît à la vue, agréable, en parlant deschoses. Une belle maison. Un beau théâtre. f| Qui est enbon état, bon, qui fait bien une chose. Belle santé. Beaudanseur. || Beau joueur, celui qui fait les plus grandespertes au jeu sans laisser apercevoir le chagrin qu’iléprouve, et fig. celui qui supporte bien les diverses< fiances. || Belle humeur, bonne disposition de l’âme,gaieté. || Digne d’être écouté. De belles paroles. Debelles promesses. || Ironiquement, de belles paroles, debelles promesses, des paroles dites, des promesses faites,sans qu’on veuille les faire suivre d’effets. || Un beaupinceau, un beau ciseau, un beau burin, un bon peintre,

un bon sculpteur, un bon graveur. || Pur, serein. Beaujour. || Il fait beau, le temps est beau. || Les beaux jours,la saison chaude de l’année, et fig. les beaux jours, lesbelles années, le bel âge, le temps, l’époque de la jeu-nesse. || Mourir de sa belle mort, mourir de sa mortnaturelle. || A la belle étoile, en plein air. || Fig. Grand,relevé, en parlant des choses de l’esprit. Beau poème.

11 Bel esprit, genre d’esprit qui tombe dans la prétention.

Il Un bel esprit, un homme dont l’esprit est orné deconnaissances agréables. Les beaux esprits du jour. Il seprend souvent en mauvaise part : Une femme bel esprit.j| Les belles-lettres, la grammaire, l’éloquence et lapoésie. 11 Les beaux-arts, la peinture, la sculpture, l’archi-tecture, la musique et la danse. 11 Noble, élevé, généreux,glorieux. Un beau caractère. Une belle naissance. Lesbeaux temps de notre histoire. || Bienséant, convenable,honnête. 11 est beau de mourir pour son pays. || Heureux,favorable. Un très-beau succès. L’occasion est belle.

|| Gros, grand, considérable, précieux. De belles pom-mes. Belle fortune. || Famil. Il y a beau temps que...il y a longtemps que... || Famil. Vous avez fait un beaucoup, vous avez fait une maladresse, une action blâ-mable. || En faire de belles, en dire, en conter de belles,faire, dire des sottises, des extravagances. 11 On lui en feravoir de belles, on le malmènera. ]| Dans le même sens,il verra beau jeu. || Quelquefois beau est redondant. Unbeau jour. Au beau milieu de la rue. || Fig. Déchirerà belles dents, médire. 11 II fait beau, suivi d’un infinitif,il est agréable de. || Ironiquement. 11 fait beau, on seraitmal reçu à. || Donner beau jeu à quelqu’un, lui donnerdes cartes maîtresses, et fig. donner à quelqu’un lesmoyens de réussir contre nous. || Faire un beau coup,avoir un coup heureux. 11 Au jeu de paume, donner beau,jouer la balle de manière qu’elle soit facile à prendre.|| Fig. et famil. Donner beau ou la donner belle à quel-u’un, fournir à quelqu’un une occasion favorable.EBiptiq.Belle,avec un substantif féminin sous-entendu.Prendre sa belle, saisir l’occasion. Attendre sa belle, at-tendre une occasion favorable. || Ironiquement. La don-ner belle à quelqu’un, se moquer de lui. || La baillerbelle à quelqu’un, lui en faire accroire. 11 L’avoir beau oul’avoir belle, avoirl’occasion favorable. || L’échapper belle,échapper à un grand péril. || La manquer belle, perdreune bonne occasion. |j Avoir beau, faire inutilement.

Beau, s. m. Ce qui est beau, le beau côté d’une chose.Le beau est rare. 11 Tout ce qui élève l’âme en lui faisantéprouver un sentiment de plaisir. Le beau idéal. || Enbeau, sous un favorable aspect. 'Voir tout en beau. || Aubeau, en parlant du temps, à un état serein. Le baro-mètre est au beau. || 5. ni. Un beau, un homme recher-ché dans sa toilette. || Famil. Faire le beau, la belle,se pavaner. || S. f. Une belle, une femme qui a de labeauté. || Jouer la belle, se dit de deux joueurs qui,ayant gagné chacun une partie, en jouent une troisièmepour décider finalement du gain ou de la perte. || Deplus belle, loc. adv. En augmentant. || En conter debelles sur, raconter des choses peu honorables, peufavorables sur quelqu’un. || Tout beau, loc. adv. Douce-ment, modérez-vous. || Tout beau, tout beau ! expressiondont on se sert pour modérer les mouvements d’un chien.|| Bel et bien, bel et beau, bien et beau, loc. adv. Toutà fait, entièrement.

BEAUCOUP (beau et coup), s. m. pris toujours sansarticle. Une belle quantité, une grande ou belle chose,un grand nombre. C’est beaucoup de mériter son estime.Celui qui possède beaucoup. Beaucoup de sang répandu.|| C’est beaucoup, c’est faire beaucoup, se dit quelque-foispar ironie, pour à peine, à grand’ peine. C’est beau-coup qu’il daigne vous parler. || À. beaucoup près, c’est-à-dire s’en manquant beaucoup pour être près. Il n’estas à beaucoup près, aussi riche qu’on le dit. || Deeaucoup, en quantité notable. || Il s’en faut de beaucoupexprime une différence de quantité. 11 Plusieurs.Beaucoupd’entre eux. || Avec l’article le. Séparer le peu d’avecle beaucoup, bayle. i) Adv. Grandement. Il ne parlaitpas beaucoup. Il est beaucoup plus diligent ou plus di-ligent fie beaucoup que son frère.

BEAU-FILS (beau et/Ê/$),s.?».Filsdelapersonnequ’oûa épousée ; par abus, gendre. \\Aupl. Des beaux-fils.