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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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BON

BON

«BONBEC (bon et bec), s. f. Sobriquet par lequel lepeuple désigne une femme bavarde. Marie honbec.

BONBON (bon), s. m. Dragées, sucreries.«BONBONNE, s. f. Sorte de dame-jeanne, et aussidans le Midi vase de fer-blanc pour mettre l’imilc.

BONBONNIÈRE, s.f. Petite boite à bonbons.|| Fig. Unebonbonnière, une petite maison élégante et commode.

BON-CHRÉTIEN, s. m. Sorte de grosse poire. || Aupl. Des bons-chrétiens ou des poires de bon-chrétien.

BOND (voy. bondir),s. m. Mouvement d’un corps qui,heurtant un'autre corps, rejaillit. || Prendre la balle aubond, la saisir au moment on elle bondit, et fig. faire unechose au moment opportun. 11 Faire faux bond, en pariantde la balle, dévier en bondissant, et fig. manquer à unengagement. || Saut. La course du chat n’est qu’une suc-cession de bonds. || Fig. Style incohérent, qui va parsauts et par bonds, Yolt.

BONDE (voy. borné), s.f Large ouverture destinéeà laisser écouler toute l’eau d’un étang. || Trou rond parlequel on remplit un tonneau. || Le morceau de bois quisert à boucher la bonde d’un tonneau. On dit plus souventbondon.|| Fig. Jelàche la bondeàmes larmes, J. J. Rouss.

BONDÉ, ÉE, p.p. de bouder. Navire bondé.

BONDER (bondé), v. a. Charger un batiment autantqu’il est possible.

BONDIR (b. lat. bombitare), v. n. Faire un ou plu-sieurs bonds. Les troupeaux de moutons qui bondissentsur l’herbe, Fén. || Fig. Se soulever, en parlant de l’esto-mac. Un dégoût qui lui faisait bondir le cœur, Sév.

BONDISSANT, ANTE, adj. Qui bondit.

BONDISSEMENT, s. ni. Mouvement de ce qui bon-dit. || Bondissement de cœur, soulèvement d’estomac,nausées, dégoût profond.

BON DON [bonde], s. m. Morceau de bois court et cy-lindriquequisert aboucher la bonde d’un tonneau. || Fro-mage deNeufehàtel affiné,quialaforme d’unbondon.

BONDONNÉ, ÉE, p. p. de bondonner.

BONDONNER, v . n. Bouclier avec un bonlon.

* BONDRÉE, s. f. Espèce d’oiseau de proie.

BONDUC, s. m. Arbrisseau épineux des Ind‘s.

BON-HENRI, s. m. Plante herbacée qui ressemble àFépinard, dite aussi épinard sauvage.

BONHEUR [boue t heur),s. m. Événement heureux,chance favorable. [| Succès. Lebonheurdesarmes françai-ses.] | Dans ce sensil s’emploie aussi aupluriel.il lui pour-rait arriver tous les malheurs et tous les bonheurs dumonde, V.vugelas. || Porter bonheur, annoncer, procurerbonne chance. j| Avoir du bonheur, être favorisé par lehasard. j| Jouer avec bonheur, être en bonheur, avoirchance au jeu, et tig. jouer de bonheur, réussir contretoute espérance. || Fainil. Au petit bonheur! arrive cequ’il pourra! || Par bonheur, par bonne chance. || Debonheur, même sens. || État heureux, état de pleine sa-tisfaction et de jouissance. Le bonheur des méchantscomme un torrent s’écoule, Rac. || Le bonheur éternel,la félicité des élus. || Le bonheur de, avec un infinitif,la satisfaction de. U a eu le bonheur de conserver long-temps sa mère. || Avoir le bonheur de, formule decivilité. Depuis que j’ai eu le bonheur de vous voir.j| Bonheur du jour, sorte de petit meuble.

BONHOMIE, s. f. Qualité de celui qui est à la fois bonde cœur et simple de manières. ]| En un sens défavo-rable, simplicité excessive et crédule.

BON HOMME, s. m. Homme plein de bonté, defacilité.Faire le bonhomme. |l Homme simple et peu avisé.]| Homme qui commence à vieillir. || Anciennement,parmi les gens de guerre, le bonhomme, Jacques Bon-homme, le paysan. || Famil. Un petit bonhomme, un petitgarçon. || Figure dessinée négligemment, et aussi figurede plomb. || Aupl. Bonhomme fait bonshommes; mais,pour éviter l’idée de faiblesse ou de simplicité, on ditaussi au pluriel bonnes gens.

BONI [boni, génit. du lat. bonus),s. m. Somme restéesans emploi sur une dépense. [| Au mont-de-piété, cequi revient sur un gage qu’on a laissé vendre. || Aupl.Des bonis.

BONIFICATION f bonifier ), s.f. Amélioration. |] Aug-mentation du produit d’une affaire.

BONIFIÉ, ÉE, p. p. de bonifier.

BONIFIER (lat. bonus et ficare, fréq. de faceré], v.a. Rendre meilleur. || Suppléer un débat. || Se bonifierv. r. S’améliorer. r

* BONIMENT (bon), s. m. Parade de charlatan. || Paranalogie, manœuvres pour tromper.

BONITE 'b. lat. boniton), s. f. Poisson de mer, es-pèce de thon.

BONJOUR (bon et jour), s. m. Terme de salutation.Je vous souhaite le bonjour. || Elliptiquement. Bonjour,monsieur. Bonjour à monsieur le docteur.

BONNE, s, f. Femme de service; bile chargée desoigner un enfant. || Contes de bonnes, contes dont leslionnes amusent les enfants.

BONNE-DAME, v. /‘.Plante potagère qu’on nomme autre-ment belle-dame ou arrocbc.||A«^/. Des bonnes-dames.

BONNEMENT, adv. De bonne foi, naïvement, avecsimplicité. [ | Vraiment ; en ce sens, il ne s’emploie qu’avecla négation. Je ne puis bonnement oublier cette offense.

BONNET (b. lat. bonetus, sorte d’étoffe, du lat. bo-nus), s. m. Coiffure d’homme sans rebords. Bonnet decoton.|| Bonnet de police, coiffure des militaires en petitetenue. || Bonnet à poil, coiffure en poil noir portée parcertaines troupes. || Fig. Jeter son bonnet par-dessus lesmoulins, braver l’opinion, les bienséances. || Prendreune chose sous son bonnet, imaginer un fait sans fonde-ment. || Ce sont deux têtes dans un bonnet, ils sont tou-jours de la même opinion, du même sentiment. || Mettrela main au bonnet, saluer. ||Coupde bonnet, salutation,j] Être triste comme un bonnet de nuit, être chagrin.Il C’est bonnet blanc et blanc bonnet, il n’y a point de diffé-rence. K Parler àsonbonnet, separleràsoi-même.||Met-tre son bonnet de travers, entrer en mauvaise humeur.

11 Avoir la tête près du bonnet, être vif, emporté. 11 Coif-fure des docteurs, des avocats, des juges, des professeurs.

11 Prendre le bonnet de docteur ou simplement le bonnet,se faire recevoir docteur. | | Fig. Un gros bonnet, un per-sonnage important. || Opiner du bonnet, ne faire qu’ôterson bonnet en signe d’assentiment, accéder, sans aucunemodification, à l’avis des autres. || Y jeter son bonnet,ne pouvoir résoudre la difficulté proposée. || Coiffure degaze, de mousseline, de tulle, de dentelle, etc. à l’usagedes femmes. || Bonnet phrygien , coiffure qu’on donneordinairement auximagesdelaLiberté, delallépublique.

11 Bonnet rouge, coiffure adoptée par les sans-culottes en1795, et depuis lors symbole de l’esprit révolutionnaire.]j Bonnet chinois, dit aussi chapeau chinois, instrumentae musique militaire garni de sonnettes. || Bonnet turc,sorte de potiron. || Bonnet-de-prêtre, bonnet-d’électeur,bonnet-à-prêtre, noms vulgaires d’une espèce de courge.|| Bonnet carré, nom vulgaire du fusain.

BONNETADE, s. f. Coup de bonnet, salut. || Il a vieilli.

BONNETÉ, ÊE,p.p. de bonneter.

BONNETER, v. a. Rendre des respects et des soinsassidus, surtout en parlant de sollicitations humblcsetfréquentes. || Fig. Opinerdu bonnet, n’avoir pas d’avis.

BONNETERIE, s. f. Métier, ouvrage, commerce debonnetier.

BONNETEUR, s. m. Celui qui prodigue les révéren-ces et les compliments.

BONNETIER, 1ÈRE, s. m. et f. Celui, celle qui fait ouqui vend des bonnets, des bas et d’autres objets de tricot.

BONNETTE, s. f. Ouvrage avancé qui est au delà de lacontrescarpe, en forme de petit corps de garde, et dontles deux faces forment un angle saillant.

BONNETTE (bomie^v./èPetites voiles qu’on ajoute auxgrandes pour présenter une plus grande surface au vent.

BONSOIR (bon et .voir), v. ni. Terme de salutationpour le soir. || Elliptiquement. Bonsoir, monsieur. Bon-soir à monsieur votre frère. || Popul. Dire bonsoir à lacompagnie, mourir. || Bonsoir! c’est-à-dire l’affaire estmanquée.

BONTÉ (lat. bonitas), s. f. Qualité de ce qui est bon.Bonté des terres. Bonté d’une marchandise. || Justice.Bonté d'une cause. || Douceur, indulgence, bienveil-lance. La bonté de Dieu. Votre bonté pour moi. || Aupl. Actes de bienveillance. Où sont, Dieu de Jacob, tesantiques bontés ? Rac. || La bonté, les bontés, termes depolitesse. Je suis confus de vos bontés. Ayez la bonté de.|| Trop grande facilité. Tu as trop de bonté pour lui.