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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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CHANCELIER (lat. canecllariux), s. m. Autrefois, pre-mier officier de la couronne en ce qui regarde la justice,chef de tous les conseils du roi, et garde du sceau royal.

|| Celui qui, dans certains consulats, a la garde du sceauet la teuue des registres. 11 Celui qui administre les biensd’un corps, d’un ordre militaire. Le grand chancelier dela Légion d’honneur. || Chancelier de l’Académie fran-çaise, celui qui remplit les fonctions de président enl’absence du directeur. || Dans l’ancienne Université, il yavait deux chanceliers. | j II y a eu aussi dans l’Universitémoderne un chancelier qui délivrait les diplômes. || Enparlant de chanoines, l’ecclésiastique qui aies sceaux duchapitre. || Chancelier de l’échiquier, un des juges dela cour de l’échiquier ou des finances d’Angleterre.

CHANCELIÈRE, s. f. La femme du chancelier. |j Petitmeuble pour tenir les pieds à couvert du froid.

CHANCELLEMENT, s. rn. Mouvement de ce quichancelle.

CHANCELLERIE, s. f. Lieu où l’on scelle du sceau duprince, de l’État, etc. certains actes. Ij Les bureaux,l’administration que dirige uu chancelier; l’hôtel oùréside un chancelier. || Style de chancellerie, style con-sacré dans les actes qui émanent de la chancellerie.

|| Grandechancellerie. radministration de la Légion d’hon-neur. || Chancellerie de l'Université, office du chancelierde l’Université. |[ Chancellerie romaine, lieu à Rome oùl’on délivre toutes les expéditions de la cour de Rome.

CHANCEUX, EUSE (chance), adj. En parlant deschoses, soumis au caprice du hasard. || En parlant desersonnes, que la chance sert à souhait, qui est en bon-eur, ou ironiquement qui n’a que de mauvaises chances.

CHANCI, \Z,p.p. dechancir. Painchanei.|| S.m. Fu-mier dans lequel s’est développé du blanedechampignon.

CHANCIR (b. lat. canire pour cancre), v. n. Se con-jugue avec avoir ou être, suivant le sens. Moisir, segâter par l'humidité. Les confitures chancissent. || Com-mencer à blanchir, en parlant du fumier et des racinesdes arbres. || Sechancir, v, r. Même sens.

CHANCISSURE, s. f. Moisissure.

CHANCRE (lat. cancer, xcqwivo;), s. m. Petit ulcèrequi a de la tendance à s’étendre et à ronger les partiesenvironnantes. || Fig. et popul. Manger comme unchancre, manger excessivement. ||Fig. Vice, fléau, plaiequi ruine, détruit. || Chancre des arbres, maladie desarbres, consistant dans la formation d’espèces d’ulcèresqui détruisent de proche en proche l’écorce et le bois.

CHANCREUX, EUSE, adj. Qui est de la nature duchancre, du cancer, ou qui est attaqué de chancre.

CHANDELEUR (lat. festum Candelarum), s. f. Fêtede la Présentation de Jésus au temple, et de la Purifica-tion de la "Vierge, où les assistants portent des cierges.

CHANDELIER, s. m. Ustensile qui sert à mettre lachandelle, la bougie. || Au jeu, mettre au chandelier,mettre de l’argent pour les frais. 11 Chandelier d’église,grand chandelier sur lequel on fixe les cierges. || Fig.Dans le style de la chaire, le chandelier, une hauteposition. Ceux dont l'Église a besoin sur le chandelier,Ross. De là dans le langage familier : Être sur le chan-delier, être dans une haute posilion.

CHANDELIER, 1ÈRE, s. m. et f. Celui, celle qui fait etvend de la chandelle.

CHANDELLE (lat. candela"', s. f. Petit flambeau desuif ou de quelque autre matière grasse et combustible.

11 En particulier, flambeau de suif, par opposition auxflambeaux de cire ou d’autre matière. Chandelle desquatre, des six à la livre, ou chandelle de quatre, desix. || Moucher la chandelle, retrancher avec les mou-chettes la partie de la mèche qui est brûlée, et fig. rem-plir des fonctions tout à fait subalternes. 11A la chandelle,à la lumière. || À chandelle éteinte, le temps que dureune chandelle pour se consumer. || T. d’anc. pratlq.Donner à chandelle éteinte, adjuger dans une adjudica-tion où l’on pouvait surenchérir tant que brûlait unechandelle. 11 Famil. Ses yeux brillent comme des chan-delles, sont très-brillants. || Voir des chandelles, voirmille chandelles, apercevoir à l’occasion d’un grandcoup, d’un choc violent, ou même d’un éblouissement,des lueurs qui n’ont rien de réel. || Se brûler à la chan-delle (image empruntée aux papillons), courir étourdi-

ment à sa perte. || Économie de bouts de chandelle,économie sordide ou mal entendue. || Le jeu n’en vautpas la chandelle, cela n’en vaut pas la peine, ne vautpas les frais qu’on ferait. || Brûler la chandelle par lesdeux bouts, se livrer à des dépenses, à des excès ruineux,extravagants. 11 La chandelle ftràle, le temps presse. 11 Te-nir la chandelle, assister et se prêter à une turpitude ouà une chose dans laquelle on est dupé. || Chandelle don-née en offrande à l’eglise ou consacrée. 11 vous doit unebelle chandelle, vous l’avez liréd’un mauvais pas. || Fig.Donner une chandelle à Dieu et une au diable, se ména-ger entre deux partis opposés. || Chandelleromaine, pièced’artifice en forme de grosse chandelle.

* CHANCELLERIE;*. /'. Lieu où l'on fait des chandellesji Boutique où l’on en vend.

CHANFREIN (b. lat. charnus, du lat. camus, m/jô;,et frein), s m. La pièce d’armure qui couvrait le (le-vant de la tête du cheval. || Partie antérieure de la têtedu cheval, qui s’étend depuis lesyeuxjusqu’aux naseaux.

11 Parties de cuir ou d’étoffe qui couvrent le chanfreindu cheval. || En archit. Petite surface qu’on forme enabattant une arête. Abattre en chanirein.

* CHANFREINDRE, V. a. Yoy. CHAKFHEIXER.

CHANFREINÉ. ÉE, p. p. de chanfreiner.

CHANFREINER, v. a. Abattre l’arête d’une pierre,

d'une pièce de bois.

CHANGE (voy. changer), s. m. Succession de chosesdiverses ou d’états divers. Le change des saisons, Malh.|| Changement d’affections. Aimer le change. || Troc d’unechose contre une autre. Perdre au change || Ce qu’ondonne pour une autre chose, ce qui peut remplacer, équi-valoir, et fig. la pareille. Rendre le change. |j Toutenégociation relative à la vente ou à l'échange des ma-tières d’or ou d’argent, soit monnayées, soit en lingots,ainsi que de tous les papiers représentant une valeurmétallique. Change de monnaie. Bureau de change.

11 Le prix que prend le changeur. 11 Lieu où l’on changela monnaie, l’or pour de l’argent, etc. 11 Toute négociationpar laquelle on cède, moyennant un prix convenu, à untiers, des fonds qu’on possède dans un endroit autre quecelui où se fait l’opération. Le change est une maniéréde remettre de l’argent d’un lieu à un autre, par unelettre qui en indique le payement, et qui se nomme lettrede change. |J La lettre de change est aussi une sorte debillet dont le non-payement entraînait la contrainte parcorps. || Agent de change, fonctionnaire ministérielnommé par le gouvernement pour attribuer à la négocia-tion des rentes, des effets publics, des actions de ban-que, de tout papier commerçahle enfin, le caractère del’authenticité. || T. de vénerie. Substitution d’une nou-velle bête à celle qui a été lancée d’abord. | j La bête donnele change, en fait lever une autre à sa place. 11 Les chiensprennent le change, tournent an change, quittent labête lancée pour la nouvelle. || Fig. Je sais l’affaire etne prends point le change, Mol. Il exhorte Polybe àdonner le change à sa douleur, Diderot.

CHANGÉ, ÉE, p. p. de changer. Échangé. || Remplacépar un autre. |f Métamorphosé. || Qui a éprouvé unchangement. || Dont la physionomie a subi un change-ment en mal. ||Dontles dis positions d’esprit sont changées.

* CHANGEABLE, adj. Qui peut être changé.

CHANGEANT, ANTE, adj. Qui éprouve un change-ment, qui présente des changements. Temps changeants.Caractères changeants. Étoffe changeante, étoile dontles nuances varient suivant les expositions. || En astron.Étoile changeante et subst. une changeante, étoile quichange périodiquement d’aspect. |[ En zool. Dont lepelage varie suivant les saisons. Reptiles changeants

CHANGEMENT, s. m. Action de changer; état, trans-formation de ce qui change ou est changé. Change-ment de domicile, d'état, de vie, de conduite. || Anthéâtre, changement de décoration, et fig. changementdans la face des affaires. || Changement à vue, change-ment de décoration qui s’opère sous les yeux du specta-teur, sans qu’on ait à baisser la toile. 11 Dans les cheminsde fer, changement de voie, action de faire passer untrain d'une voie sur une autre. j| Changement de direc-tion, changement d’une troupe en marche ; changementde front, changement d'une troupe en bataille.