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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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dre les ressorts, ou en hausser les poids pour qu’ils aillentdie nouveau. j| T. de guerre. Démonter une batterie, lamettre, à coups de canon, hors d’état de servir. H Fig.Démonter la batterie de quelqu’un, faire avorter ses pro-jets. || T. de chasse. Démonter une çerdrix, lui casserune aile d’un coup de fusil. || Se démonter le corps,donner à sou corps des attitudes forcées. || Se démonterle visage, donner à son visage l’expression que l’on veut.

| Fig. Déranger. Ces paroles démontent vos espérances.

J Déconcerter, mettre hors d’état d’agir, de répondre.

| Absol. Une nouvelle qui démonte.] | Mettre hors de soi,révolter.U Se démonter, v. r. Être fait de manière à êtredémonté. Cela se démonte. || Se disjoindre. || Fig, lamachine commence à se démonter, se dit de tout ce quicommence à se détraquer, et particulièrement d’une per-sonne qui devient valétudinaire.|| Son visage se démonte,U donne à son visage l’expression qu’il veut. j| Fig. Sedéranger. Les vieilles cervelles se démontent commeles jeunes, Mol. || Être déconcerté, être hors de soi.DÉMONTRABLE, adj. Qui peut être démontré.DÉMONTRE, ÉE, p.P* de démontrer.

DÉMONTRER ^lat. demonstrare ), v. a. Établir parun raisonnement convaincant. Démontrer une proposi-tion. || Témoigner par des signes extérieurs. Ses cris dé-montrent qu’il souffre. 11 Faire voir la chose dont on parle,dont on fait leçon. Démontrer l'anatomie. || Absul. Il dé-montre bien. || Se démontrer, v. r. Être démontré.

* DÉMORALISANT, ANTE, adj. Qui démoralise.

* DÉMORALISATEUR, TRICE, adj. Qui démoralise.Opinion démoralisatrice. || Subst. Celui qui démoralise.

* DÉMORALISATION, s. f. Action de démoraliser; étatde ce qui est démoralisé.

* DÉMORALISÉ, ÉE, p. p. de démoraliser.

* DÉMORALISER ( dé ... et moralise r), v. a. Rendre im-moral. || Oter le moral, le courage, la contiance. || Sedé-moralîser, v. a. Perdre sa moralité ou son courage moral.

DÉMORDRE [dé... et mordre), v. n . Lâcherprise aprèsavoir mordu. |) Fig. Se départir, renoncer. Il ne démordpas de ses prétentions.

DÉMOTIQUE {Svi'U.oTixàî}, adj. Chez lesanciens Égyp-tiens, écriture démotique, c’est-à-dire populaire, écri-ture abrégée de l’écriture hiératique.

* DÉMOUCHETER ( dé ... et un diminutif de mouche),v. a. Dégarnir un fleuret de son bouton.

* DÉMOULAGE, s. m. Action de retirer du moule.

* DEMOULER(Jd...etwm«/e',t>.«. Opérer le démoulage.DÉMOUVOIR [dé... et mouvoir), v.a. Faire renoncer

à quelque prétention. Il n’est guère usité qu’à l’infinif.Rien ne l’a pu démouvoir de cette prétention.

DÉMUNI, IE, p . p. de démunir.

DÉMUNIR [dé... et munir), v. a. Dégarnir de muni-tions. Démunir une place. || Fig. Se démunir, v. r. Sedessaisir de ce qui peut être considéré comme munition,réserve, ressource. Se démunir de son argent.

DÉMURÉ, ÉE, p.p. de démurer.

DÉMURER [dé... et murer), v. a. Ouvrir une porte,une fenêtre murée.

* DÉMUSELER [dé... et museler ), v. a. Enlever la mu-selière d’un animal. || Fig. Démuseler les passions.|| Se démuseler, v. r. Défaire sa muselière.

DÉNAIRE (lat. denarius), adj. Qui a dix chiffres oucaractères. Arithmétique dénaire, notre arithmétiquequi se sert de dix chiffres; on dit plutôt décimale.DÉNANTI, IE, p. p. de dénantir.

DÉNANTIR [dé... et nantir ), v. a. Enlever à unepersonne ce dont elle était nantie. || Se dénantir, v. r.Abandonner des nantissements. Se dénantir d’un gage.|| Par extens. Se dépouiller de ce qu’on a.

* DÉNATIONALISATION, s. f. Action de dénationaliser.|| Action de changer de nation.

* DÉNATIONALISER [dé... et national), v. a. Faireperdre le caractère national. || Dénationaliser une mar-chandise, lui attribuer une provenance qui en dissimulela nationalité. || Se dénationaliser, v. r. Se dit d’un indi-vidu^ qui adopte une autre nation.

DÉNATTÉ, ÉE, p . p. de dénatter.

DÉNATTER ( dé ... et natter), v. a. Défaire ce qui estarrangé en nattes. || Se dénatter, v. r. Être dénatté. Sescheveux se sont dénattés. Il Défaire soi-même ses nattes.

* DÉNATURALISATION, s. f. Perte de l’état de natu-ralisation.

* DÉNATURALISER ( dé ... et naturaliser), v. a. Fairecesser l’état de naturalisation.

* DÉNATURATION, s. f. Action de dénaturer. La déna-turation d’une substance, par exemple des alcools.

DÉNATURÉ, ÉE ,p.p. de dénaturer. [[Dépravé. || Sedit aussi en parlant des choses. Une action dénaturée.

|| Subst. Celui qui est devenu dépravé et sans entrailles.

DÉNATURER [dé... et nature), v. a. Changer la na-ture d’une chose. Dénaturer des objets volés. || On déna-ture un bien en le vendant pour en acquérir d’autresdont on puisse disposer librement. || En jurispr. Déna-turer une créance, changer une créance en une créanced’une autre nature. || Dénaturer un fait, lui donner uneautre nature, un autre caractère, en ajoutant, retran-chant, changeant les circonstances. || Dénaturer unepensée, une phrase, etc. y faire des changements tels quele caractère en soit tout à fait altéré. || Rendre dur, dé-pravé. || Se dénaturer, v. r. Perdre sa nature. Des biensse dénaturent. Des faits se dénaturent en passant debouche en bouche. || Devenir dénaturé, méchant.

DENDRITE (dïn-dri-t’. AevfyMs], s. f. Pierre arbo-rjsée. j| Nom desdessins qui sont sur ces pierres.

DÉNÉGATION {lat. denegatio), s. f. En jurispr. Ac-tion de dénier, de contester. Dénégation d’un droit.|| Déclaration par laquelle on soutient qu’un fait est faux,j Dénégation d’écriture, action de dénier l’écrit qu’onnous oppose. |j Dans le langage général, action de nier.

DÉNI (voy. dénier), s.m. Action de nier. Faire un dénique, etc. |1 En jurispr. Refus d’une chose due. Déni d’ali-ments. Déni de justice, manquement d'un juge à rendrela justice qu’on lui demande, soit par refus, soit parnégligence, et dans le langage général, refus d’accorderà quelqu’un ce qui lui est du.

DÉNIAISÉ, tE,p.p. dedéniaiser.|| Subst.Vn déniaisé.

DÉNIAISER { dé... et niais), v. a. Rendre quelqu’unmoins niais, moins simple, moins gauche. || Ironique-ment, tromper quelqu’un, abuser de sa simplicité. Il Sedéniaiser, v. r. Cesser d’être niais.

DÉNICHÉ, ÉE, p. p. des deux verbes dénicher.

DÉNICHER [dé... et nicher), v.a . Enlever du nid.Dénicher des oiseaux. || Découvrir la retraite de quel-qu’un à force de recherches, || Découvrir un objet rare,curieux. || Fig. et famil. Débusquer d’un poste, d’uneretraite. Dénicher les ennemis d’un fort. || F. n. Seconjugue avec être ou avoir, suivant le sens. Abandon-ner le nid. Tous les oiseaux ont déniché ce matin. || Fig.Sortir, s’évader avec précipitation. Dénichons de céans,Mol. || Fig. Les oiseaux ont déniché ou sont dénichés, sedit en parlant de gens partis, de prisonniers évadés, etc.

DÉNICHER [dé... et niche), v.a. Oter, enlever d’uneniche. Dénicher une statue.

DÉNICHEUR, s. m. Celuiqui déniche les petitsoiseaux.}| Famil. Un dénicheur de merles, un homme adroit etqui est à l'affût des bonnes occasions. || Fig. Un déni-cheur d’antiquités, de curiosités, celui qui sait trouver,découvrir les antiquités, les curiosités.

DÉNIÉ, ÉE, p . p. de dénier. Nié. || Refusé. ^

DENIER (lat. denarius), s. m. Monnaie romaine d’ar-gent, qui d’abord valut dix as et plus tard seize. || An-cienne monnaie française d’argent, et aussi d’or. || Sortede monnaie de cuivre, ayant cours pour la douzième par-tie d’un sou, et dite aussi denier tournois. |l Fig. Un dé-biteur dont il faut exiger jusqu’au dernier denier, Mass.|| Le denier de la veuve, l’aumône faite par le pauvre.[| Denier fort, ou fort denier, ce qu'il faut ajouter à lafraction qui excède une somme pour avoir la valeur de laplus petite monnaie au-dessus de la fraction. Le fort de-nier est pour le marchand. || Denier de Saint-Pierre, ar-gent recueilli parmi les catholiques pour subvenir auxbesoins du oape.J j Denier à Dieu, arrhes pour une location,pour un marche. || Une somme d’argent indéterminée.Quatre ou cinq mille écus est un denier considérable,Mol. Deniers dotaux. Les deniers publics, les fonds ap-partenant à l’État, à une ville. || Fig. Vendre quelqu’unà beaux deniers comptants, le trahir pour de l’argent,par intérêt. || Intérêt d’une somme, d’un capital. Le de-nier cinq, dix, vingt, l’intérêt valant le cinquième, le