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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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ENTASSER [en et tas), v. a. Mettre en tas. || Accu-muler. Entasser des écus. || Absol. Sa passion est d’en-tasser toujours. || Fig. Entasser des citations. Entasservertu sur vertu, bonne œuvre sur bonne œuvre. Entasserles honneurs sur la tête d’un homme, j | Héunir dans unespace trop étroit. || S'entasser, v. r. Être mis en tas.

|| Se mettre, en parlant de personnes, dans un lieu étroit.

* ENTASSEUR, s. m. Néologisme. Celui qui entasse.

ENTE (an-t\ 'E ( u»otov), s. /’. Espèce de greffe qui

consiste à insérer un scion dans un autre arbre. || L’ar-bre même où l’on a fait une ente. De jeunes entes.

ENTE, s. f. Le bois qui sert de manche à un pinceau.

ENTÉ, ÉE, p. p. d’enter. |j Par extens. Une tête delion entée sur le corps d’une chèvre. || Fig. lise dit aussides choses qui sont supposées unies, entées. Il a un or-gueil enté sur une tres-grande dignité d’âme. }| Cettemaison est entée sur telle autre, elle en a pris le nom.

|| Il se dit d’une personne par rapport à ses diversesqualités. C’est un financier enté sur un praticien.

* ENTEMENT, s. m. Action d’enter.

* ENTENDANT, ANTE, adj. Qui entend.

ENTENDEMENT, S, m. L’esprit considéré en tant

qu’il conçoit. L’entendement est la lumière que Dieunous a donnée pour nous conduire, Boss. || Bon esprit,jugement, sens. C’est un homme d’entendement.

ENTENDEUR, s. m. Celui qui entend et comprend.|| Se dit surtout en ces deux locutions : À bon entendeursalut (littéralement, celui qui comprend bien se sauve\celui qui comprend ce qu’on dit doit en faire son profit ;A bon entendeur peu de paroles ou demi-mot, une lon-gue explication est inutile à un homme intelligent.

ENTENDRE (lat. intendere), v. n. Étymologiquement,tendre vers, d’où avoir intention, dessein, avec un verbeà l’infinitif, ou que et le verbe au subjonctif ou quelque-fois au conditionnel. J’entends être obéi ou qu’on m’o-béisse. || Avec le mot indéterminé le , il se prend active-ment. Je l’entends ainsi, je veux que la chose soit ainsi.|| Entendre à, consentir, acquiescer. Elle ne veut enten-dre à nulle proposition, Sév. || V.a. Recevoir l’impres-sion des sons. Entendre du bruit. || Entendre dire, ap-prendre ce qui se dit. || Entendre parler d’une chose,en être informé par la parole. || Ne pas vouloir en-tendre parler d’une chose, la rejeter absolument sansvouloir même y prêter l’oreille. j| Faire entendre, faireparvenir à l’ouïe. || Se faire entendre, être ouï. || Êtreuit de manière à être compris. j| Se faire entendre à,parler à. La gloire s’est fait entendre à son cœur. || Àb-sol. Entendre, avoir l’ouïe. Parlez plus haut, il n’entendpas. || Entendre dur, clair, avoir l’oreille dure, fine.ÎJ Fig. N’entendre que par, être uniquement dirigé par.|| Fig. 11 n’entend pas de cette oreille-là, il ne veut pasécouter la proposition qu’on lui fait. || Prêter l’oreille.Que ceux qui m’entendent méjugent. Condamner sansentendre. || Entendre en confession ou simplement en-tendre, se dit du prêtre qui entend la confession d’unpénitent. || Entendre la messe, les vêpres, le sermon,y assister. jj A l’entendre, si on l’en croit. j|Ne pas savoirauquel ou a qui ou à quoi entendre, ne pas savoir à quiou à quoi il importe de faire attention. || Exaucer. Dieuentendit ses vœux. || Comprendre, saisir le sens. Desmystères sacrés que nous n’entendons pas, Corn. 11 n’en-tend pas un mot de français. |J Entendre à demi-mot,comprendre ce qui est dit d’une façon mystérieuse, voi-lée. || Donner à entendre, laisser entendre, faire enten-dre, insinuer, faire comprendre une chose. || Se faireentendre, être compris. || Absol. Comprendre. En vainvous l’eignez de ne pas entendre. j| Entendre, vouloirdire. Qu’entendez-vous par ces paroles? || Entendre,connaître, être habile dans. Entendre la guerre. || L’en-tendre bien, mal, le comprendre bien, mal, y êtrehabile, malhabile. || Entendre finesse à quelque chose,y vouloir comprendre plus que la chose ne signifie.j|.N’e pas entenarc malice à quelque chose, faire ou direquelque chose sans mauvaise intention. 11 Entendre rail-lerie, prendre bien les choses dites en plaisantant. 11 En-tendre raison, acquiescera ce qui est juste et raisonnable.

S’entendre, v r. Être perçu par l’oreille. I| S enten-dre, s’entendre l’un l’autre. || Être compris. |j Coin s’en-tend, cela s’entend bien, cela se suppose ainsi. || S’entend,

cela va sans dire. l|Se comprendre F un l’autre. [{Se com-prendre soi -même. || Se concerter, être d’accord, d’intel-ligence. Je ne veux point m’entendre avec vos ennemis,Sév. I| Nous nous entendons bien, nous vivons bien en-semble. || S’entendre comme larrons en foire, se concer-ter pour quelque chose de blâmable ou de suspect. || S’en-tendre en ou à, être habile dans une chose, se connaîtreà une chose. Il s'entend en musique, en tableaux. Il s’en-tend à la culture. || Famil. 11 s’y entend comme à ramerdes choux, il ne comprend rien à ce qu’il fait. ||Prov. Quin entend qu’une cloche n’entend qu’un son, il faut en-tendre les deux parties. |j 11 n’est pire sourd que celuiqui ne veut pas entendre, se dit d’un homme qui feint dene pas ouïr ou de ne pas comprendre.

ENTENDU, UE, p. p. d’entendre. |j T. de palais. Lacause est entendue, les débats sont clos. Entendu toutesles parties, ou bien les parties entendues. || Bien en-tknih, loc. adv. Assurément, sans doute. || Bien entenduque, loc . conj. Toutefois, pourtant. || Entendu, qui al’intelligence d’une chose. Un homme entendu aux af-faires. Qu’on ne croie pas qu’il fût peu entendu dans cesaffaires, Boss. || Faire l’entendu, agir en personne quis’entend aux choses, et le plus souvent faire l’important,le capable. || Bien entendu, disposé avec intelligence,avec art. || Bien entendu, mal entendu, se dit aussi deschoses morales. Un zèle mal entendu.

ENTENTE, s. f. Manière d’entendre, de comprendre.Mot à double entente. |j Intelligence dans la distributiondes parties d'une composition, d’un ensemble. Il a l’en-tente du coloris, des lumières, etc. jj Par extens. Cetauteur a l’entente de la scène. || Bonne intelligence. 11y a de l’entente dans cette famille. Entente cordiale.

ENTER (ente), v. a. Greffer par ente. || Fig. Ils ententsur cette politesse un esprit de règle, la Bru?. || Allon-ger plus ou moins quand on a préalablement coupé lebout qui était usé ou trop court. Enter des bas. |j S’enter,v. r. Être enté. || Fig. Un vice s’ente sur un autre vice.

ENTÉRINÉ, ÉE, p. p. d’entériner.

ENTÉRINEMENT, *. m. Action d’entériner; jugementpar lequel on entérine. || État d’un acte entériné.

ENTÉRINER (anc. fr. entérin , entier), v. a. Ratifierjuridiquement un acte pour le rendre valable. Entérinerune requête. || Absol. Le parlement entérine.

* ENTÉRITE [ivrepov), s. f. Inflammation de la mem-brane muqueuse qui tapisse le canal intestinal.

* ENTÉRO... Élément de composition pour les mots demédecine qui vient de ivvspov, intestin, intérieur.

ENTERRÉ, ÉE, p. p. d’enterrer. || Qui a, en parlantd’un lieu, une situation basse, une vue bornée.

ENTERREMENT, s. m . Mise en terre. L’enterrementdes charognes. |j Mise dans la sépulture. || Cérémoniesobservées dans les funérailles. || Le cortège funèbre.|| Figure, air, mine d’enterrement, figure sombre, triste.

ENTERRER [en et terre), v. a. Mettre dans la terre.Enterrer son or. || Fig. Enterrer de l’argent, le dépen-ser en travaux, en remuements de terre. |j Inhumer,mettre un corps mort en terre. || Absol. Autrefois onenterrait dans les églises. || Par extens. Survivre à. 11nous enterrera tous. | j Recouvrir de choses comparées à untas de terre. Sa maison tomba et les débris l’enterrèrent.|| Obliger à demeurer dans un lieu triste et ennuyeux.Il veut m’enterrer en province. || 11 se dit des chosesqu’on met comme en terre et qu’on fait oublier. En-terrer scs talents. || Faire oublier, effacer la réputationde quelqu’un. Ce poète a enterré ses rivaux. |j Voir lafin de. || Famil. Enterrer le carnaval, se livrer aux der-nières folies du carnaval. || Tenir caché. Enterrer unsecret. || S’enterrer, v. r. Être inhumé. || Etre recou-vert de débris qui s'écroulent. || Fig. S'enterrer sous lesruines d'une place, mourir en défendant une place deguerre. || Se mettre dans un lieu retiré, dans une re-traite profonde. S’enterrer dans une province. || S’en-terrer tout vif, rompre tout commerce avec le monde.

* ENTERREUR, s. m Celui qui enterre.

* EN-TÈTE, s. m. Ce qui s'écrit en tête d une lettre,d’un tableau. Faire imprimer des en-tête.

ENTÊTÉ, ÉE, p. p. d’entêter. || Absol Qui tient àsesvolontés, à ses idées, sans en démordre. Un vieillard en-I tété. || Subst, Un entêté. Une entêtée.

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