OBL
OBS
— 765 —
OBLIGÉ, ÉE, p. p d’obliger. |[ Qui est d'usage, quiest commandé par l’usage, dont on ne peut se dispen-ser. C’est le complément obligé. || En mus. Partie obli-gée, partie qu’on ne pourrait retrancher sans gâterl’harmonie et surtout sans détruire le chant. || Attachépar un lien do reconnaissance ; qui a une obligation. Jevous suis bien obligé de toutes vos bontés. || Par formede remereiment : Je vous suis bien obligé, et par ellipse:Bien obligé. |] Bien obligé, se dit quelquefois ironique-ment. || Je suis votre obligé, votre obligée, se dit à quel-qu’un dont on a reçu un service. |J Qui est tenu par quel-que engagement de payer ou de faire. || Subst. Le prin-cipal obligé, le principal débiteur, pour le distinguer dela caution. || S. m. En obligé, un acte passé entre un maî-tre et un apprenti, sous des conditions réciproques.OBLIGEAMMENT, adv. D’une manière obligeante.OBLIGEANCE, s. /’. Disposition, penchant à obliger, àrendre service. Homme d’une grande obligeance. 11 Acted’obligeance. Ayez l’obligeance de m’accompagner.
OBLIGEANT, ANTE, ad;. Qui aime à obliger, à faireplaisir. || Qui a le caractère de l’obligeance, en parlantde s choses. La remontrance est douce, obligeante, ci-vile, Corn. || Dire à quelqu’un des choses obligeantes,lui adresser des paroles agréables, flatteuses pour lui.
OBLIGER (lat. obligare),v. a. Imposer comme chosedont on ne peut se dégager. Obliger quelqu’un à faireou de faire quelque chose. |] Àbsol. Il faut subir la loide qui peut obliger, Corn. || Porter à, exciter à, en-gager à. Cela vous oblige à la reconnaissance. L’envie deparvenir l’a obligé d’étudier ou à étudier. | J Contraindre,forcer. La nécessité nous oblige à bien faire, Vaugelas.Dieu nous a caché le moment de notre mort pour nousobliger d’avoir attention à tous les moments de notre vie,la ItociiEF. 11 Lier par un devoir, mettre dans une certainedépendance morale. Envers un ennemi qui peut nous obli-ger? Corn. || Lier, engager par un acte qui donne recoursen justice, si la chose convenue n’est pas exécutée. 11 estobligé en son contrat à faire telle chose. || il se dit desvaleurs, des biens que l’on engage. 11 Rendre service,faire plaisir. 11 faut autant qu’on peut obliger tout lemonde, la Font. || Absol. Qui oblige vite oblige deux fois,Volt. || Obliger de, avec un substantif. Oblige-moi d’unpeu de complaisance, Corn. || Obliger de, avec un verbeà l’infinitif. Obligez-moi de n’en rien dire, la Font. || S’o-bliger, v. r. Contracter un engagement authentique. S’o-bliger par-devant notaire. || S’obliger pour quelqu’un, luiservir de caution. 11 S’obliger de ou à, se lier par unesimple promesse. Vous obligerez-vous à faire tous lesfrais de ces deux mariages? Mol. || S’obliger, se rendreservice à soi-même. Obliger ceux qu’on aime..., c’est s’o-bliger soi-même, Collin d’Harleville. || Prov. Noblesseoblige, voy. noblesse. || L’usage n’établit aucune distinc-tion entre obliger à et obliger de, suivis d’un infinitif.Au passif, on préfère de. J| Obliger signifiant faire plaisirveut toujours de avec l’infinitif.
OBLIQUE [lat. obliquus), ad). Qui n’est pas droit ouperpendiculaire. La démarche du malti est oblique. Brrr.Il S. f. En géom. Une oblique, une ligne oblique. || Enastron. Sphère oblique, celle où l’équateur n’est ni paral-lèle ni perpendiculaire à l’horizon. 11 T. milit. Ordre obli-que, ordre de bataille dans lequel on présente à l’ennemiune aile en refusant l’autre. || Pas oblique, celui d’unetroupe qui marche sur une ligne diagonale, supposéetirée du point d’où elle part à celui où elle tend, demanière que le front reste toujours parallèle à lui-même. | j Feux obliques, feux dirigés à droite ou à gau-che, au lieu d’être directs. )| T. de mar. Se dit de la mar-che d’un vaisseau qui, courant sous quelque rumb inter-médiaire entre les points cardinaux, fait un angle avecle méridien, et change à chaque instant de latitude et delongitude. || Un vaisseau fait des routes obliques, a levent oblique, lorsqu’il a le vent contraire pour suivre sadroite, et qu’il est obligé de courir des nordées. |j Enanat. Nom donné à différents muscies. j] En bot. Se ditd’une partie qui s’écarte ou du pian de l’horizon, ou ael'axe de la plante. j| Fig. Qui manque de droiture, defranchise, en pariant des personnes, lin homme oblique.|| Il se dit aussi des choses. Conduite oblique. ||Indirect,détourné. Une louange, une accusation oblique. || En
gramm. Cas oblique, l’un quelconque des cas de la décli-naison latine ou grecque, excepte le nominatif et le vocatif,OBLIQUEMENT, adv. D’une manière oblique. || Fig.D’une manière qui n’est ni droite ni franche. Agir obli-quement. || Fig. Indirectement. Louer obliquement.
* OBLIQUER, v. ». T. milit. Aller en ligneoblique. Obli-quer à droite.
OBLIQUITÉ (lat. obliquitas), s. f. Qualité de ce qui-est oblique. L’obliquité d’une ligne, || L’obliquité de l’é-cliptique, l’angle que l’écliptique fait avec l’équateur.
|) Fig. Défaut de droiture. C’est presque toujours notre-propre obliquité qui nous instruit à la défiance, ÎIass.
OBLITÉRATION (lat. oblileratio), s. f. Action d’obli-térer, d’effacer. L’oblitération d’une inscription. || Dansl’administration des postes, oblitération des timbres, ac-tion de marquer, avec un timbre pointillé à l’encre noire,les timbres apposés sur les lettres, afin qu’on ne puisseplus s’en servir. || En anat. État d’un conduit qui a étéobstrué par un corps solide ou dont les parois ont con-tracté adhérence ensemble.
OBLITÉRÉ, ÉE, p. p. d’oblitérer.
OBLITÉRER (lat. obliterare), v. a. Effacer les lettres,les traits. Le temps a oblitéré cette inscription. || À laposte, oblitérer un timbre, y opérer l’oblitération. 11 Par ex~tens.Faireoublier.Le temps a oblitéré cette opinion.| (Fer-mer la cavité d’un conduit. L’inflammation a oblitéré laveine. )| S’oblitérer, ». r. Être effacé. || Être obstrué.
OBLONG, ONGUE (lat. oblongus ), adj. Qui est pluslong que large. Une place oblongue. 11 II se dit, en librai-rie, des livres qui ont moins de hauteur que de largeur.Un in-quarto oblong. Le format oblong ou à l’italienne,
* OBOÏSTE (ital. oboe), s. m. Voy. hautboïste.
OBOLE (lat. obolus, de Sêolo’s), s. f. Poids qui, chez
les Athéniens, valait 75 centigrammes. || Petite mon-naie (PAthènes, dont six faisaient la drachme attique,.et qui valait 16 centimes de notre monnaie. || Ancien-nement, en France, petite monnaie de cuivre qui valaitla moitié d’un denier tournois. || Fig. Pas de pigeon pourune obole, se dit pour exprimer qu’une chose coûte del’argent, des soins, des peines. || Fig. Très-petite somme.
[ | Cela ne vaut pas une obole, cela n’a aucune valeur.OBOMBRÉ, ÉE, p. p. d’obombrer.
OBOMBRER (lat. obumbrare), v. a. T. mystique. Cou-vrir d’une ombre. Les anges l’obombraient de leurs ailes.
OBREPTICE (lat. obrepticius ), adj. T. de chancel-lerie. Qui a été obtenu en taisant une vérité qui auraitdû être exprimée. Un privilège, une grâce obreptice.OBREPTICE MENT, adv. D’une manière obreptice.OBREPTION (lat. obreptio), s. f. T. de chancellerie..Réticence qui rend une lettre obreptice.
OBSCÈNE (lat. obscenus ), adj. Qui blesse ouverte-ment la pudeur. Un mot obscène. Peinture obscène.
OBSCÉNITÉ (lat. obscenitas), s. f. Défaut de ce quiest obscène. || Chose obscène. Dire des obscénités.
OBSCUR, URE (lat. obscurus), adj. Où il n’y a pointde lumière. Une nuit obscure. || Il fait obscur, le joura peu de lumière. || Il fait obscur en cet endroit, on n’yvoit pas bien clair. || Chambre obscure, voy. noir. |j .S.m. L’obscur, ce qui est privé de clarté. La peinture di-vise en grandes masses ses clairs et ses obscurs, Mon-tesq. || Clair-obscur, voy. clair-obscur. || En parlant decouleurs, de teintes, foncé, plus brun, plus chargé. || Eupeint. Dont la couleur participe plus du brun que du clair.Ton obscur. || Fig. Il se dit de l’apparence, de la ligurequi est sans vivacité. L’air obscur, les mouvements gau-ches, Buff. || Qui n’est pas bien intelligible, quiso taitdifficilement comprendre. J’évite d’être long es je de-viens obscur, Boil. Lire en un songe obscur les volontésdes cieux, Rac. |] Qui appartient aux classes inférieureset sans renomde la société. Le vulgaire obscur. Unhommeobscur. Cet homme est d’une naissance, d’une familleobscure, est né de parents obscurs. || Il se dit des choses,dans un sensanalogue. Heureux qui, satisfait de son hum-ble fortune, Vit dans l’état obscur où les dieux l’ont ca-ché! Rac. || Qui est sans renom, sans gloire. Une vie,une mort obscure. ||Inconnu, caché. L’obscur avenir.
* OBSCURANT (lat. obscurans) , s. m. Néolog. Celui quiest opposé aux progrès des lumières et de la civilisation»
* OBSCURANTISME, s. m. Opinion des obscurants.