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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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PEUPLÉ, ÉE,p. p. de peupler.

* PEUPLEMENT, s. m. Action de peupler. Le peuple-ment de l’Amérique. || Action de peupler un étang,une basse-cour, un colombier. || Il se dit aussi de laproduction des arbres. Le peuplement d’une forêt.

PEUPLER, v. a. Emplir un lieu d’habitants, en les ymenant. Rebâtissez son temple, et peuplez vos cités,Rac. || En parlant des animaux. Peupler un pays de gi-bier. || Se dit aussi de plantations. Peupler un bois, en ymettant du nouveau plant. || Emplir un lieu d’habitants(hommes, animaux ou végétaux) par voie de génération.Les races qui ont peuplé l’Amérique. Le gibier aura bien-tôt peuplé ce parc. Le chêne peuple nos forêts. || Attri-buer une certaine population. Il faut avouer que d’ordi-naire nous peuplons et dépeuplons la terre un peu auhasard, Volt. || Emplir d’un certain nombre de person-nes. Peupler la terre de mendiants. || 11 se dit aussi despersonnes quiremplissent.[|En peint. Peupler un tableau,y faire entrer beaucoup de ligures. || Fig. Emplir dechoses qui n’ont point de corps. Pauvres enfants ! de fan-tômes funèbres Quelque nourrice a peuplé vos esprits,Béranger. || F. «. Se multiplier par la génération, en par-lant des hommes et des animaux. Toutes les nations nepeuplent pas également. Le lapin peuple beaucoup. || Sepeupler, v. r. Devenir rempli d’habilants.

* PEUPLERAIE, s. /. Lieu planté de peupliers.

PEUPLIER (anc. fr. peuple, peuplier, du lat. popu-

lus), s. m. Genre de la famille des salicinées. Peuplierd'Italie. Peuplier suisse. Peuplier de Hollande.

PEUR (lat. pavor) , s. /. Passion pénible qu’excite ennous ce qui parait dangereux, menaçant, surnaturel.|1 N’avoir que la peur, en être quitte pour la peur, n’é-prouver pas le mal que l’on redoutait. || Avoir peur deson ombre, être très-craintif, très-poltron. || Par exa-gération, mourir de peur, craindre extrêmement. || Di-vinité qui avait des autels en Grèce et à Rome (avecune majuscule en ce sens). || Peur se dit, par exagé-ration, en des cas où il s’agit non de péril, mais de cequi nuit, de ce qui est désagréable, de ce qui inquiète,etc. J’ai peur de vous déranger. Souvent la peur d’unmal nous conduit dans un pire, Boil. || Faire peur dequelqu’un, faire croire que quelqu’un peut nous nuire,nous faire du mal. || Faire peur de quelque chose, mena-cer de quelque chose. 11 Faire peur, se dit de quelqu’undont la physionomie s'est beaucoup altérée. Elle estchangée à faire peur. || Famil. Être mis à faire peur,être vêtu d’une manière bizarre et ridicule. 11 Faire peur,se dit d’une personne très-laide. || Faire peur aux petitsenfants, exciter de vaines terreurs. || Faire peur à quel-qu’un, lui causer une peur, en sortant subitement d’unecachette, ou de toute autre façon. ||Prov. La peur grossitles objets. || De peur, loc. adv. Par l’effet de la peur.|| De peur de, loc. prép. En craignant que. Il faut rireayant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoirri, iaBrüy. || De peur que, loc. conj. avec le subjonctif,en craignant que. |{ Avec avoir peur que, depeur que,on met ne dans le membre de phrase subordonné : J’aipeur qu’il ne vienne ; De peur qu’il ne se blessât. Maisen vers on supprime quelquefois ce ne.

* PEUREUSEMENT, adv. D’une façon peureuse.

PEUREUX, EUSE, adj. Qui a peur facilement. Les

gens de naturel peureux Sont, disait-il, bien malheu-reux, la Font. || Subst. Un peureux, une peureuse.

PEUT-ÊTRE [cela s. e. peut être), adv. Marque ledoute, la possibilité. Pour la dernière fois je vous parlepeut-être, Rac. || 11 est souvent suivi de que. Peut-êtreque parmi tous ceux qui m’entendent, il ne se trouveralias dix justes, Mass. || Peut-être pas, sûrement non.[I S. m. Un peut-être, une chose fort douteuse. À peineu est sorti, tous les peut-être les plus sinistres s’empa-rent de mon imagination, Marmontel,

PHAÉTON (-bcdôwv), s. m. Par plaisanterie et par al-lusion à Phaéton, lils du Soleil, cocher, charretier. Lephaéton d’une voiture à foin Vit son char embourbé,la Font.|| Voiture à quatre roues, légère et découverte.

PHAGÉDÉNIQUE [fccyeScavixâç), adj. En méd. Quironge, en parlant des substances qu’on emploie pour

consumer les chairs fongueuses. Eau phagédénique. || Sedit aussi des ulcères qui rongent les parties voisines.

PHALANGE (lat. phalanx, de <p«iay|), s. /.Nom queles Grecs donnaient à leur infanterie. || Phalange macédo-nienne, bataillon formé de huit mille hommes armés depiques et de boucliers, qui se composait de seize filesen profondeur. || Par extens. Toute espèce de troupes.De vieilles phalanges. | | Toute espèce de multitude con-sidérée comme organisée militairement. Les célestesphalanges, la Font || Se dit, dans le système de Fourier,de la commune sociétaire, composée de familles associéespour les travaux de ménage, de culture, d’industrie,d’art, de science, etc. || En anat. Les petits os longs quiconcourent à former les doigts et les orteils.

PHALANGITE (lat. phalangites, de ysàayyiV/js], sm. T. d'antiq. Soldat de la phalange.

* PHALANSTÈRE, s. m. Habitation de la communesociétaire ou phalange dans le, système de Fourier.

« PHALANSTÉRIEN, IENNE, s. jn. Celui, celle qui ha-bite un phalanstère. || Partisan des doctrines qui doi-vent être mises en pratique dans le phalanstère.

* PHALARIQUE (lat. phalarica), s /. Voy. falarique.

* PHALÉCIEN (lat. phalœcius), adj. Voy. phaleuce.PHALÈNE (tfxXaiva), s. f. Nom d’un genre parmi

les lépidoptères nocturnes.

* PHALÈRES (lat. phalerœ), s. f. pl. T. d’antiq. rom.Collier composé de bulles d’or et d'argent, ornementdes patriciens et récompense militaire.

PHALEUCE (lat. phaleucius), adj. Vers phaleuce ousubst. le phaleuce, sorte de vers de cinq pieds, forméd’un spondée, d’un dactyle, de deux trochées et d’unspondée. || L’Académie dit à tort phaleuque. .

PHANÉROGAME (yxvsjios et qdu.oj), adj. Se dit desplantes pourvues de fleurs. || S. /. Les phanérogames.

* PHANÉROGAMIE, s. /. En bot. Étatd’une plante pour-vue de fleurs. || Grande division du règne végétal, com-prenant toutes les plantes phanérogames.

PHANTASMAGORIE, PHANTASMAGORIQUE, PHAN-TASMASCOPE, voy. FANTASMAGORIE, fantasmagorique, etc.

* PHARAON, s. m. Nom commun ou titre par lequelon désigne les souverains de l’ancienne Égypte.

PHARAON, s. m. Jeu de hasard qui se joue avec descartes ; le banquier y joue seul contre un nombre in-déterminé de joueurs.

* PHARAONIQUE, adj. Qui appartient aux pharaons.L’empire pharaonique. Les dynasties pharaoniques.

PHARE («Fxpoç, île près d'Alexandrie), s. m. Tourdressée sur un cap, sur un point éminent d’nne côte, surla jetée d’un port, et portant à son sommet une lanterneoù s’allume, pendant la nuit, un feu connu des naviresqu’il guide au milieu des ténèbres. || Le fanal placé surle phare. || Fig. Dans le style élevé, ce qui guide. || T. demar. L’ensemble des vergues et de leurs voiles.

PHARISAÏQUE, adj. Qui tient du caractère des pha-risiens. Cette prétendue sévérité pharisaïque, Bodrd.

PHARISAÏSME, s. m. Caractère des pharisiens. || Fig.Hypocrisie.

PHARISIEN (lat. pharisœus, de l’araméen parous-cliim, les séparés), s. m. Secte des Juifs qui affectaientde se distinguer par la sainteté extérieure de leur vie.|| Fig. Celui qui n’a que l’ostentation de la piété ou detoute autre vertu. || Adj. Pharisien, enne, syn. de pha-risaïque. Qu’était-ce que cette piété pharisienne? unepiété hypocrite, une piété fausse et vicieuse, Bouao.

PHARMACEUTIQUE \qxp[j.xxevTix6ç), adj. Qui a rap-port à la pharmacie. Une préparation pharmaceutique.|| Emploi pharmaceutique, mise en usage de certainscorps dans les officines. HS./. La partie de la matièremédicale qui traite des effets et de l’emploi thérapeu-tique des médicaments.

PHARMACIE [fctp/iuxela.], s. f. L’art de reconnaître,de recueillir, de conserver les drogues simples, et depréparer les médicaments composés. || L’officine ou lelieu où les médicaments sont préparés ou débités. || Laprofession de pharmacien. || Collection de médicaments.PHARMACIEN, s. m. Celui qui exferce la pharmacie.

* PHARMACOLOGIE (<pàpp.axov et Àdy oj), S. f. Partiede la matière médicale qui a pour objet de faire con-naître les médicaments et d’en éclairer l’emploi.

» PHARMACOLOGIQUE, adj. Qui se rapporte à la phar-macologie.