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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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proposition qui paraît contraire à la bonne doctrine. || Engramm. et log. L’expression d’un jugement. L T ne pro-position se compose d’un sujet, d’un verbe et d’un attri-but. Proposition principale, incidente, etc. || En rliét. Par-tie d’un discours où l’on propose ce que l’on veut prou-ver ou établir. || En géom. Vérité qu’on prouve par dé-monstration . 1 1 En mus. Première phrase d’une fjugue, con -tenant le sujet et tous les contre-sujets. || Chez les pro-testants, explication que fait d'un texte de l’Écritureun jeune homme qui aspire à la fonction de ministre.|| Dans la Bible, pains de proposition, voy. paix.

PROPRE (lot. proprius }, aclj. Qui appartient exclu-sivement à une personne, a une chose (en ce sens, il semet d’ordinaire avant son substantif). Je prétends voustraiter comme mon propre fils, IUc. Quand on a biencherché le bonheur, on ne le trouve jamais que danssa propre maison, Volt. || Il se met quelquefois aprèsson substantif. J’en fais mon affaire propre. Remettreune lettre en main propre. Le caractère propre, lesqualités propres, etc. d’une chose. || Se rendre pro-pre, s'approprier une chose. 11 Amour-propre, voy. amoor.|| Nom propre, nom qui sert à désigner les personnes. || Lesens propre d’un mot, le sens naturel et primitif d’unmot, par opposition à sens figuré. || En astron. Le mouve-ment propre d’un astre, le mouvement réel d’un astre,par opposition à son mouvement apparent. || En géogr.anc. La Grèce propre, la partie de la Grèce dite par les Ro-mains Achaïe.||Exactement semblable, même; en ce sens,il s’emploie par énergie, et se met avant le substantif.Vous demeurez dansla propre maison où il logeait. Ce sontses propres mots, Mol. j| Particulier. La poésie et la proseont chacune une harmoniequi leur est propre. 11 Convena-ble à quelqu’un ou à quelque chose. Les qualités propresau commandement. Les hommes par leurs soins et par debonnes lois ont rendu la terre plus propre à être leur de-meure, Moxtesq. || Seul convenable à, réservé à. Le midiestl’expositionpropredecetarbuste. || En parlant des per-sonnes, qui al’aptitude, les qualités nécessaires pour quel-que chose. I n homme de votre âge, de votre humeur, sipropre à la société, Sév. Un enfant est peu propre à trahirsa pensée, Rac. jjProv. Qui est propre à tout n’est propre àrien, ou simplement propre à tout, propre à rien. || S.m. Popul. Un propre à rien, un homme qui n’a d’apti-tude ni dégoût pour aucune sorte de travail. || Propre,qui peut servir à. Ce bois est propre à bâtir. Ce remèdeest propre à telle maladie. j| Il se dit aussi, en mauvaisepart, de ce qui peut produire un effet fâcheux. Ce remèdeest propre a augmenter la maladie. || Mal propre, quin’est pas propre à, qui ne convient pas (locutiontombée en désuétude). Monsieur, je suis mal pro-pre à décider la chose, Mol. || Le mot propre, l’expres-sion propre, le mot, l’expression qui seule convient etrend précisément la pensée. || Bien soigné, bienséant,bien arrangé. ||Popul. etironiq. Il est propre, il est dansde mauvaises affaires. |j II se dit aussi des choses. Ses ha-bits sont toujours fort propres. ||Net. Celescaliern’estpaspropre. || Propre sur soi, dont la personne est très-netteainsi que le vêtement. || S. m. Qualité distinctive. Lepropre des os est de tenir le corps en état, et de luiservir d’appui, Boss. C’est le propre des grands hommesd’avoir de méprisables ennemis, Volt. || Ce qui appar-tient particulièrement à. Le propre des jeunes gensest d’être légers. || Le propre, le sens primitif, natureld’un mot. Prendre un mot au propre. En jurispr. Immeu-ble qui appartient à une personne par succession. Ce bienétait un propre. || Il se dit aussi des biens du mari ou dela femme qui n’entrent pas en communauté. 11 Dans le lan-gage général, ce qui appartientà quelqu’un. Ils ne possè-dent point de biens en propre, Boss. 11 Fig. Cette louangeleur.appartient en propre. || Fig. De son propre, de sonpropre fond, de sa propre intelligence, connaissance, etc.fl Dans la liturgie catholique, le propre du temps et le pro-pre des saints forment la division des fêtes de l’année. Lepropre du temps se divise en cinq grandes époques appe-lées : le temps de l’Avent, le temps de Noël et de 1 Épi-phanie,le temps de la Septuagésime et du Carême, letempsPascal et les dimanches après la Pentecôte. Le propre dessaints se divise en trois classes de fêtes : les fêtes de la■sainte Vierge, les fêtes des anges, les fêtes des saints.

PROPREMENT, adv. Précisément, exactement. C’estproprement ce que cela veut dire. Sparte était propre-ment un camp, RoLLiN.||En gramm. Dans le sens propre,par opposition à figurément. Ce mot s’emploie propre-ment. || On dit plus souvent : Au propre. |J Parler pro-prement, parler avec correction, avec pureté, en bonstermes. || Proprement dit, se dit de certains termespris dans leur signification expresse et particulière. Legenre de la comédie proprement dite. || L’Asie pro-prement dite, l’Afrique proprement dite, les deux pro-vinces d’Asie et d’Afrique sous la domination des Ro-mains, par opposition au reste de l’Asie et de l’Afrique.

Il À. PROPREMENT PARLER, PROPREMENT PARLANT, Idc. Cldl<.

Pour parler en termes précis, exacts. 11 D’une manièrebienséante, convenable. S’habiller proprement. || Avecrégularité et netteté, avec grâce et adresse. Travaillerproprement. Danser le menuet proprement. || En ter-mes d’arts, cela est fait proprement, cela est exécutéavec justesse et élégance. Chanter, jouer proprement.|| Avec propreté. Maison tenue proprement.

PROPRET, ETTE (dim. de propre ), adj. Propre jus-qu’à la recherche. || SubsL Un propret, une proprette.

PROPRETÉ [propre), s. f. Manière convenable des’habiller, d’être meublé, de préparer certaines choses.Je voudrais qu’on ne fit mention de la délicatesse, de lapropreté et de la somptuosité des généraux, qu’après n’a-voir plus rien à dire sur leur sujet, la Bruy. || Cettepersonne est d’une grande propreté, elle a grand soinque tout ce qui lui appartient soit propre. || Dans lesbeaux-arts, netteté des contours et surtout de la tou-che. || Absence de saleté, d’ordure. Un repas simple, maisexquis pour le goût et pour la propreté, Fén. Ellesfont et lavent tous les habits de la famille, tiennent lesmaisons dans un ordre et une propreté admirable, m.

PROPRÉTEUR (lat. proprœtor ), s. m. Nom donnépar les Romains à ceux qui avaient exercé la charge depréteur, ou qui commandaient dans les provinces avecl’autorité de préteur.

* PROPRÉTURE, s. f. Dignité, fonction de propréteur.

PROPRIÉTAIRE (lat. proprietarius), s. m. et f. Ce-lui, celle qui a une propriété. || Grand propriétaire,celui tpii possède des biens-fonds très-étendus. || Nuproprietaire, celui qui a la nue propriété. Les nus pro-prietaires. 11 Celui qui possède une maison et qui la loue.|| Se dit aussi des propriétés autres que les immeubles.Le propriétaire de ces meubles, de cette bibliothèque.

PROPRIÉTÉ (lat. proprietas ), s. f. Ce qui est lepropre d’une chose. L’égalité des rayons est une pro-priété du cercle. 11 Ce qui est le propre des substances.L’impénétrabilité est la propriété de la matière. 11 Pro-priétés générales, celles qui appartiennent à tous lescorps. || Mode d’activité qui appartient en propre à cha-que corps, qui lui est inhérent, qui lui permet d’agird’une manière déterminée sur nous et sur les autrescorps. Les propriétés physiques, chimiques, vitales, etc.|| Vertu particulière de chaque plante et des autres cho-ses naturelles. Cet homme connaît la propriété de tousles simples. 11 Fig. La plupart des hommes ont, commeles plantes, des propriétés cachées que le hasard fait dé-couvrir, la Rochef. || Ce qui distingue particulièrementune chose d’avec une autre chose au même genre.La propriété de cette machine est do faire le travailplus économiquement que les autres du même genre.|| Parfaite convenance du mot, du langage, du style,pour ce qui est à exprimer. La propriété des mots. || Ledroit par lequel une chose appartient en propre à quel-qu’un. La propriété d’un bien. L’esprit de propriété dou-ble la force de l’homme, Volt. 1 1 Nue propriété, voy. nu.|| La chose qui appartient en propre à quelqu’un. Cechamp est ma propriété. || Biens-fonds, terres, maisons.Il a vendu sa propriété, ses propriétés. J | La grande pro-priété, l’ensemble' des grandes propriétés. j| On dit demême : La petite, la moyenne propriété.|| Propriété lit-téraire, droit que l’auteur d’un livre conserve sur son œu-vre, quand il ne l’a point aliéné définitivement, et qu’iltransmet à scs héritiers pour un temps limité par la loi.

* PROPRIO-MOTU, loc. adv. lat. qui s’emploie dansles bulles et signifie : de son propre mouvement. |] Fa-mil. Il a fait cela proprio-motu.