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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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* PROPULSEUR (lat. propulsor, de pro cl pulsmn,supin de petlere), adj. Qui donne un mouvement depropulsion. Cylindre propulseur. [| S. ni. Un propulseur.

* PROPULSION (voy. propulseur), s. f. Mouvementqui porte en avant. La propulsion du sang par le cœur.

PROPYLÉE (npoiziii-ouoi), *. ni. T. d’antiq. Vestibuled'un temple, péristyle à colonnes, parvis. || S. m. pl.Édifice à plusieurs portes, et qui formait la principaleentrée d’un temple. Les Propylées du Parthenon.

PRORATA (AU) 'lût. pi'O rata, s. e. portr‘ , loc. adv.Suivant la part déterminée. Recevoir au prorata de samise de fonds. [| S. m. Le prorata, la quote-part. Rece-voir, payer son prorata. [| Au pl. Des prorata.

PROROGATIF, IVE (lat. jirorogativus ), adj. Qui pro-roge. Acte prorogatif.

PROROGATION (lat. prorogatio), s. f. Délai, remise.Une prorogation d’un mois.[ |En jurispr. Prorogation d’en-quête, autorisation donnéepar le juge de continuer une en-quête audelà du terme prescrit par la loi. || Actedu pou-voir exécutif qui suspend les séances des chambres, d’unparlement, et en remet la continuation à un certain jour.

PROROGÉ, ÉE, p. p. de proroger.

PROROGER (lat. prorogare), v. a. Prolonger le tempsprisou donné pourune chose. Proroger un terme. || Pro-noncer la prorogation d’une assemblée. || Remettre à unautre jour. Proroger la séance. || Se proroger, v. r.Prononcer sa propre prorogation.

PROSAÏQUE (lat. prosaicus), adj. Qui tient trop dela prose. Des vers prosaïques. |j Fig. et néolog. Vulgaire,sans éclat, en parlant des personnes et des choses. Unetête prosaïque. Tout est prosaïque dans l’extérieur de laplupart de nos villes européennes, Staël.

* PROSAÏQUEMENT, adv. D’une manière prosaïque.

PROSAÏSER, v. n. Écrire en prose (il est peu usité).

|| V. a. Fig. Rendre prosaïque. Prosaïser l’existence.|| Fig. Se prosaïser, v. r. Devenir prosaïque.

PROSAÏSME, s. m. Défaut d’écrire en vers commeon écrit en prose. || Fig. Monotonie, vulgarité.

PROSATEUR (b. lat .prosator), s. m. Celui qui écritprincipalement en prose.

PROSCÉNIUM (pro-ssé-ni-om\ Lat. proscenium),s. m. T. d’antiq. Partie du théâtre ancien qui comprendce que nous appelons la scène, aussi bien que l’avant-scène, c’est-à-dire toute la partie du théâtre où les ac-teurs jouaient et où l’on plaçait les décorations.

PROSCRIPTEUR (lat. proscriptor ), s. m. Celui quiproscrit.

PROSCRIPTION (lat. proscriptio ), s. f. T. d’hist.rom. Condamnation à mort sans formes judiciaires etqui pouvait être exécutée par le premier venu. Lesproscriptions de Sylla et de ilarius. || Par extens. Mesu-res violentes prises contre les personnes, dans les tempsde troubles civils. || Fig. Abolition, destruction. La pro-scription d’un usage, de certains mots, etc.

PROSCRIRE i,lat. proscribere), v. a. T. d’hist. rom.Condamner à mort sans forme judiciaire et en écrivantsimplement le nom sur une affiche. || Absol. 11 savaitpardonner, et vous savez proscrire, Volt. || Par extens.Prendre des mesures violentes contre les personnes,dans les temps de troubles civils. |j En général, fairepérir. J’ai bien voulu proscrire une tête si chère, Cors.|| Éloigner, chasser. [| Fig. Rejeter, détruire. Les roisdes Visigoths proscrivirent le droit romain, Montesq.|| Par extens. Proscrire la liberté, l’ennui, etc. || Se pro-scrire, v. r. S’infliger les uns aux autres la proscription.

PROSCRIT, ITE, p. p. de proscrire. || Subst. Celuiqui a été frappé de proscription. j| Celui qui ne peutretourner dans son pays à cause de condamnations po-litiques ou autres.

PROSE (lat. prosa ;, s. f. Discours non assujetti à unecertaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syl-labes. 11 Prose poétique, prose qui a les caractères de lapoésie, sauf la mesure. | Fig. Faire de la prose sans lesavoir, réussir par hasard et sans dessein (locution tiréedune scène du Bourgeois gentilhomme de Molière).

|| En vers et en prose, de toute façon. Écrivez-le-moien vers et en prose, Sév. || Famil. De la prose de quel-qu’un, un écrit, une lettre de lui. Mais, monsieur, n’a-vez-vous jamais vu de ma prose, Régnier. || Hymne

latine rimée que l’on chante à la messe immédiatementavant l’Évangile dans les grandes solennités. La prosedes morts. La plus belle prose de l’Eglise est le Dies iræ.

PROSECTEUR (pro-sè-kteur. Lat. proscctor), s. m.Celui qui est chargé de préparer les pièces d'anatomienécessaires pour les leçons d un protesseur.

PROSÉLYTE (lat. proselgtus, de npoanXyroç) , s. m.et f. Païen qui a embrassé la religion judaïque. || Nou-veau converti à une foi religieuse. || Par extens. Un con-verti, un homme gagné à une doctrine.

PROSÉLYTISME, s. m. Zèle de faire des prosélytes.|| Il se dit le plus souvent en mauvaise part.

PROSODIE (lat. prosodia, de npoeaôiu], s. f. Engramm. Prononciation régulière des mots conformé-ment àl’accent. || La longueur ou la brièveté des syllabes.|| Dans les collèges, connaissance des règles de la quan-tité en grec et en latin. || Livre qui traite de cettescience. Traité de prosodie. Une prosodie.

PROSODIQUE (lat. prosodicus, de -nporuSixàt), adj.Qui appartient à la prosodie ; qui tient a la quantitédes syllabes. L’accent prosodique. || Langue prosodique,celle où l’accent et la quantité sont bien déterminés.

* PROSODIQUEMENT, adv. Eu égard à la prosodie.

PROSOPOPÉE (irpovuTtOTtouï), s. f. Figure de rhé-torique qui prête de l’action et du mouvement auxchoses insensibles, qui fait parler des personnes soitabsentes, soit présentes, les choses inanimées, les morts.|| Fig. et famil. Discours véhément, emphatique.

PROSPECTUS pro-spè-ktus' .Lat. prospectus) ,s. m.Vue anticipée qu’on donne d’un ouvrage qui n’est pointencore publié. || 11 se dit aussi à propos d’un établisse-ment destiné au public, et en général de l’annoncede tous les commerces. Prospectus d’une pension, d’unemaison de santé, etc.

PROSPÈRE (lat. prospéras), adj. Qui secourt, favo-rise. Une fortune prospère. || Il se dit avec à. S’il ré-vère les dieux, ils lui seront prospères, Desmarets. Quece jour m’est prospère ! Volt. || Il se dit simplementau sens d’heureux. Il est dans un état prospère.

PROSPÉRER (lat. prosperare), v. n. Avoir la for-tune favorable, en parlant des personnes. Prospérez ,cher espoir d'une nation sainte, Rac. || Il se dit des ani-maux, des plantes auxquels un climat, un temps est fa-vorable. || Réussir, avoir un heureux succès, en parlantdes choses. Nos affaires prospèrent. Dieu fait que toutprospère aux âmes innocentes, Rac. t| Il se dit ironique-ment de quelque chose de mauvais. Mon mal prospère.

PROSPÉRITÉ (lat . prosperitas), s. f. État de ce quiprospère. Celui qui est dans la prospérité doit craindred’en abuser, et secourir les malheureux, Fén. || Il se ditaussi au pluriel. Les , grandes prospérités nous aveu-glent, Boss. || Au pl. Événements heureux. Je suis heu-reux de vos prospérités. || Famil. Avoir un visage de pro-spérité, avoir l’air gai et content, le teint frais et fleuri.

PROSTATE (tijîoïtxt/;;), s. f. En anat. Glande situéeà la jonction de la vessie et de l'urètre.

PROSTERNATION, s. f. Action de se prosterner. Unsouverain est-il payé de ses peines par toutes les pro-sternations des courtisans? la Bruy.

PROSTERNÉ, ÉE, p. p. de prosterner.

PROSTERNEMENT, s. m. Action de se prosterner;état de celui qui est prosterné. Les soumissions et lesprosternements des gens de cour, Rollin.

PROSTERNER (lat. prosternere ), v. a. Coucher àterre en signe d’adoration ou de respect. Jusqu’auxpieds de César prosterner sa couronne, Corn, [j Fig. Unevraie science prosterne l'homme devant la Divinité, Volt.|| Représenter prosterné. L’artiste a prosterné les deuxsœurs aux pieds du Christ, Diderot. || Renverser, jeterbas. Grégoire de Tours dit que Dieu prosternait tous lesjours les ennemis de Clovis, Montesq. || Se prosterner,v. r. S’abaisser jusqu’à terre en posture de suppliant oud’adorant. || Avec l’ellipse du pronom personnel. Onfit prosterner le prince à la porte de l'église, Volt. 11 Fig.On se moque de temps en temps de l'idole de bouedevant laquelle on se prosterne ; mais on se prosterne,Diderot. j| Famil. et fig. Se prosterner devant quel-qu’un, reconnaître, avouer sa supériorité. || L’Académiene donne prosterner que comme verbe réfléchi.