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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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QUE — 954 — QUI

QUEUX (lteû. Lat. cos ), s. f. Sorte depierreà aiguiser.

QUEUX (keû. Lat. coquus ), s.m. T. vieilli. Cuisinier.Le maître queux.|| Grand queux de France, nom d’un of-ficier de la maison du roi qui commandait à tous les offi-ciers de la cuisine et de la Louche.

QUI (lat. qui), pron. Telali f ou mieux conjonctif,desdeux genres et des deux nombres. 11 unit un substan-tif à une proposition subordonnée. Les femmes qui vousparleront. Vos sœurs avec qui j’ai fait coiinaissance.| | Qui,précédé d’une préposition, ne s’emploie pas en parlantdes choses. Ne dites pas : La chose de qui vous parlez,mais dont vous parlez. || Cela ne s’applique pas aux ani-maux et aux cas où l’on personnifie un objet inanimé.Rocher à qui je me plains, bois à qui je compte mes pei-nes, Marmontel. || Cependant en poésie, on s’affranchitsouvent de cette règle. Soutiendrez-vous un faix sousqui Rome succombe? Cokn. || Qui, ‘correspondant à nulaucun, premier, second, dernier, etc. ou à per-sonne, guère, rien, etc. veut au subjonctif le verbe dela proposition subordonnée. Il y a peu de rois qui sa-chent chercher la véritable gloire, Fén. || Cependant onpeut aussi mettre l’indicatif; c’est l'intention qui en dé-cide. Ce livre est le dernier qu’il a fait contre ses adver-saires. || Qui veut le verbe de la proposition subordonnéeà la meme personne que le nom ou le pronom auquel ilse rapporte. N'accuse point mon sort, c’est toi seul quil’as fait, Corn. | j liais qui pouvant être considéré commeétant de la troisième personne, on a accordé, pour la per-sonne, le verbe non avec le substantif, mais avec quiainsi considéré. Je vous demande si ce n'est pas vous quise nomme Sganarelle, Mol. || Quand qui est précédé d’unsubstantif ou d’un adjectif tenant lieu d'un substantif, oripeut mettrele verbe de la proposition subordonnée ou à lapersonne du sujet ou à la troisième personne. Je suis lepremier qui ait fait cela ou qui aie fait cela. || Qui se rap-portant à un pronom qui ne le précède pas immédiate-ment. Le voici qui vient. || Absol. en parlant des person-nes, qui se dit pour celui qui, celle qui, ceux qui, cellesqui. Qui se laisse outrager mérite qu on l’outrage, Corn.|| N’avoir qui..., n’avoir personne à. Je n’aurai qui trom-per, non plus que qui me trompe, Corn || Qui se ditabsolument aussi en parlant des choses. Voilà qui me con-vient. Qui plus est. || Qui, précédé d’une préposition,pris elliptiquement pour celui qui, ceux qui, celles qui.Le,bonheur appartient à qui fait des heureux, Delili.e.|| À qui exprime aussi la compétition, la rivalité. C’étaità qui parlerait. || Qui pris subst. Un qui. Les qui. || Em-ploi archaïque de qui pour ce qui. Elle fut admonestée,qui est une très-légère peine, Sév. || Qui pour ce que dansune phrase dubitative. Je ne sais qui je dois admirer da-vantage, Ou de ce grand amour ou de ce grand courage,Corn. || Qui que ce soit, qui que ce puisse être, etc. c’est-à-dire quiconque, quelque personne que ce soit. || Quique ce soit, avec la négation, nulle personne. Je n’y aitrouvé qui que ce soit. || Qui qu’il soit, quel qu'il soit.Toi donc, qui que tu sois, ô père de famille... T attendreaux yeux cfautrui quand tu dors, c’est erreur, la Font.|| Interrogativement. Quelle personne. Qui a fait cela?Qui demandez-vous ? || On dit aussi : Qui est-ce qui, quiest-ce que? |J Qui interrogatif est toujours du masculinet du singulier. Cependant il s’emploie quelquefois aupluriel dans des phrases analogues à celles-ci ; Entretant d’animaux qui sont ceux qu’on estime? Bon. || Quise dit pour quel, quelle, sans interrogation. Si vous ob-servez avec soin qui sont les gens qui ne peuvent louer,qui blâment toujours... la Bruy. |] Famil. Un je ne saisqui, un hormr.e de néant. || Qui répété et employé dis-tributivement signifie les uns, les autres, ceux-ci, ceux-là. Us cherchèrent la source du mal, qui d’un côté, quid’un autre, et pas un ne la trouva, Balzac.

QUIA (kui-ia. Celui à qui dans la controverse on poseune question en lat. cur ou quare, pourquoi,et qui répondquia, parce que, sans pouvoir aller plus loin). Mot usitédans ces phrases proverbiales ; Être à quia, mettre àquia, être réduit, réduire quelqu’un à ne pouvoir répon-dre. || Fig. Mettre à quia, faire taire, ôter toute force. I

QUIBUS (kui-bus’. Lat. guibus, c’est-à-dire des écus,de quibus fiunt omnia ), s. m. Popul. Argent monnayé.Il y a du quibus. j j Par extens. Avoir du quibus, être riche.

QUICONQUE (lat. quicunque), pron. masc. indéfini,sans pluriel. Qui que ce soit qui, toute personne qui.Quiconque est capable de mentir est indigne d’êtrecompté au nombre des hommes, Fén. 11 Quiconque a étéemployé absol. Il y en a qui se laissent tellement aller àune envie de railler de toutes choses et de quiconque,qu’ils le font sans ménagement et sans égard, liotmn.

QUIDAM (ki-dan. Lat. quidam), QUIDANE (ki-da-n’J,s. m. et f. T. de palais et d’officialité. 11 sert à dési-gner dans les monitoires, dans les procès-verbaux, etc.les personnes dont on ignore ou dont on n’exprime pointle nom. Certaines quidanes lui auraient dit... || Famil.et par dénigrement, un homme dont on ignore le nomou qu’on ne veut pas nommer; en ce sens, le fémininn’est pas usité. Un quidam les rencontre, la Font. Cer-tains quidams indiscrets, Dancocrt.

QUIDDITÉ (kui-ddi-té. Lat. scolastique quidllüas, dulat. quid),s. f. En philosophie scolastique, ce qu’unechose est en soi.

QUIESCENT, ENTE (kui-è-ssan. Lat. quiescere), adj.T. de gramm. hébraïque. Lettres quiescentes, celles quine se prononcent pas, si elles n’ont avec elles certainspoints représentant la voyelle qu’elles doivent faire en-tendre. || Il se dit aussi quelquefois en français deslettres qui ne se prononcent pas devant les consonnes,et qui sonnent sur la voyelle suivante.

QUIET, ETE (kui-iè. Lat. quictus), adj. qui tombe endésuétude. Tranquille, paisible. C’est une âme quiète.

QUIÉTISME (kui-ié-ti-sm’. Quiet), s. m. Doctrine dequelques théologiens mystiques dont le principe est qu’ilfaut s’anéantir soi-même pour s’unir à Dieu, se tenirdans un état de contemplation passive, et regardercomme indifférent tout ce qui peut nous arriver dans cetétat. || Il s’est dit de philosophies orientales analogues.

QUIÉTISTE (kui-ié-ti-st’), adj. Qui professe le quié-tisme. Un directeur quiétiste. || Subst. Les quiétistes.|| Il se dit aussi des partisans de doclri.ies analoguesdurant le moyen âge et dans l’Orient.

QUIÉTUDE (kui-ié-tu-d’. Lat. quietudo), s. f. Tran-quillité mêlée de douceur. Yos bontés ajoutent infini-ment à la quiétude de ma douce retraite, Volt. || Enmauvaise part. On arrive à cet état d’indilîérence, àcette quiétude indolente dont on aurait rougi quelquesannées auparavant, Bdff. || Dans le langage mystique,tranquillité, repos. Oraison de quiétude.

QUIGNON (ki-gnon. Dérivé du lat. cuneus, coin àfendre du bois), s. m. Gros morceau de pain.

QUILLAGE (ki-lla-j’, II mouillées. Quille' , s. ni. An-ciennement, droit de quillage, droit que paye un naviremarchand, la première fois qu’il entre dans les porls deFrance. On dit aujourd’hui droit d’ancrage.

QUILLE (// mouillées. Esp.ç«z7/a,del’anc.h.all.imD,s. f. T. de mar. Forte et longue pièce de bois ou réunionde pièces ajustées, sur laquelle on fixe les varangues,l’étambot et l’étrave,et qui, ô tarit la base de la constructiondu navire, est la première qu’on place sur le chantier.

QUILLE [Il mouillées. Ane. h. ail. kegil), s. f. Mor-ceau de bois long et rond, plus mince par le haut quepar le bas, servant à un jeu où il y a neuf de ces mor-ceaux de bois qu’on plante debout par leur grosse ex-trémité, et qu’on abat avec une boule. || Il est plantélà comme une quille, se dit d’un homme tout droit surses pieds et qui ne bouge.pas. || Fig. Recevoir quelqu’uncomme un chien dans un jeu de quilles, le recevoir fortmal. || Fig. Trousser scs quilles, s’en aller, décamper.|| Ne laisser aux autres que le sac et les quilles, vov. sac.|| Fig. Abatteur de quilles, homme qui fait beaucoupd’embarras. || Popul. et fig. Les quilles, les jambes.

QUILLER [Il mouillées. Quille), v. n. Jeter unequille en visant à la placer près de la boule, pour savoirqui jouera le premier, ou quels sont ceux qui serontensemble. || Replacer les quilles abattues.

QUILLETTE (Il mouillées. Dim. de quille), s. f Td’agriculture. Brin d’osier qu’on enfonce en terre pourqu’il prenne racine. Planter des osiers en quillettes.

QUILLIER [Il mouillées), s. m. L’espace carré danslequel on range les neuf quilles. || Collectivement, toutesles quilles. Abattre tout le quillier.

QUINA (ki-na), s. m. Yoy. quinquina.