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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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QUI

QUI

QUINAIRE (ki-nê-r’; l’Académie dit qu’on prononcekui-nê-r’. Lat. quinarius), adj. En mathém. Divisiblepar cinq, en parlant d’un nombre. || Arithmétique qui-naire, celle dans laquelle on n’emploierait que les cinqcaractères 1,2,3, 4 et 0. || En bot. 11 indique que l’or-gane est répété cinq fois.

QUINAIRE voy. le précédent), s. m. T. d’antiq. Piècede monnaie d’or ou d’argent de la troisième grandeur.Le quinaire appartient à la monnaie romaine, il est pluspetit que la médaille, qui est plus petite que le médaillon.j| Mesure de cinq pouces pour l’écoulement des liquides.

QUINAUD, AUDE (ki-nô. Ane. fr. quine-mine, gri-mace), adj. T. vieilli. Confus, honteux d’avoir eu le des-sous.

QUINCAILLE (kin-kâ-11’, Il mouillées. Dit pour clin-uaille, de clinquant), s. f. Toute sorte d’ustensiles,'instruments de fer ou de cuivre. Marchandise dequincaille. || Par mépris, la monnaie de cuivre.

QUINCAILLERIE [Il mouillées. Quincaillé), s. f. Mar-chandise de toute sorte de quincaille. || T. de serrurerie.Tout ouvrage servant aux ferrures et fermetures des.portes et croisées e! provenant de diverses fabriques.

QUINCAILLIER [Il mouillées. Quincaillé), s. m.Marchand de quincaille.

QUINCONCE (kin-kon-s’. Lat. quincunx), s. m. Plan-tation d’arbres disposés en échiquier. || Lieu dont lesplantations sont dessinées en quinconce. || Il se dit aussid’arrangements en échiquier autres que d’arbres.

QU I NDÉCAGONE (kuin-dé-ka-go-n’. Lat. quini et dé-cagone), s. ni. En géom. Figure qui a quinze angles etquinze c'tés.

QU INDÉCEMVIRS ou mieux QUINDÉCIMVIRS fkuin-dé-sin-vir. Lat. quindecimviri), s. m. pl. T. d’antiq.rom. Officiers préposés à la garde des livres sibyllins, etchargés de la célébration des jeux séculaires.

QUINE (ki-n\ Lat. quini), s. m. Au jeu de trictrac,coup de dés qui amène deux cinq. || Cinq numérosris et sortis ensemble à la loterie. Gagner un quine.

Fig. et famil. C’est un quine à la loterie, c’est un avan-tage, un bonheur inespéré. || Au loto, cinq numérosmarqués sur la môme ligne horizontale.

QUININE (ki-ni-n’. Qtdna),s. f. Enchim. Alcaloïdevégétal qu’on extrait du quinquina. || Sulfate de quinine,sel formé avec l’acide sulfurique et cet alcali.

QUINOLA (ki-no-la. Orig. inc.), s. m. Nom du valetde cœur, au jeu du reversi, et principale carte de ce jeu.

QUINQUAGÉNAIRE (kuin-koua-jé-nê-r’. Lat quin-quagenanus), adj. Agé de cinquante ans. || Subst.Ün, une quinquagénaire.

QUINQUAGÉSIME (kuin-koua-jé-zi-m’. Lat. quinqua-gesima), s. f. Dimanche qui précède le premier di-manche de carême. Le dimanche de la Quinquagésime.

QUINQUE (knin-kué. Lat. quinqué), s. m. Mot qu’ona employé jusqu'en 1820 pour désigner un morceau demusique à cinq parties; aujourd’hui, on dit quintette.

QUINQUENNAL, ALE (kuin-kuè-nnal. Lat. guinquen-nalis', adj. Qui dure cinq ans. Magistrat quinquennal.|| T. d’agriculture. Assolement quinquennal. || Qui se faittous les cinq ans. Jeux quinquennaux. Les fêtes quin-quennales ou subst. les quinquennales, fêtes qui se cé-lébraient sous les empereurs romains au bout des cinqpremières années de leur règne et puis tous les cinq ans.* QUINQUENNALITÉ (kuin-kué-nna-li-té), s. f. Espacede cinq ans, durée de cinq ans.

QUINQUENNIUM (kuin-kuè-nni-om’. Lat. quinquen-nium), s. m. T. d’antiq. rom. Espace de cinq ans qui s’é-coulait entre la célébration des jeux quinquennaux, oupendant l’exercice d’une magistrature. || Nom ancienne-ment donné à un cours d’études de cinq ans, dont deuxen philosophie et trois en théologie.

QUINQUENOVE (kin-ke-no-v’. Lat. quinque et nn-vem), s. m. Jeu qui se jouait avec deux dés, et qui a pris«on nom du nombre de cinq et de neuf.

QUINQUERCE (kuin-kuèr-s’. Lat. quinquertium), s.m. T. d’antiq. rom. L’équivalent du pentatble des Grecs,ou réunion de cinq espèces de combats où un athlète de-vait être vainqueur pour remporter le prix.

QUINQUÉRÈME !kuin-kué-rè-m’. Lat. quinquere-mis), s. f. T. d’antici. Galère à cinq rangs de rames.

QUINQUET (kin-kè), s. m. Sorte de lampe inventéevers 18(I(J par le physicien Argant, et à laquelle le fa-bricant Quinquet a donné son nom.

QUINQUINA (kin-ki-na. Péruvien quina quina, écorcepar excellence), s. m. Nom collectif d’un grand nombred’écorces médicinales, fébrifuges. || Les arbres qui four-nissent ces écorces. || Quinquina d’Europe, la gentiane.

QUINT (kin. Lat. quintus), s. m. La cinquième par-tie d’un revenu, d’une succession ; aujourd’hui, on dit lecinquième. [| En jurispr. féodale, droit de la cinquièmepartie du prix d'un fief qu'on payait au seigneur dont lefief était mouvant. || Adj. Cinquième ; usité seulementen ces noms-ci : Charlcs-Quint, Sixte-Quint.

QUINTAINE (kin-tè-n’. Lat. quinlana, petite place),s.f. Au moyen âge, sorte de jeu et d’exercice militairequi consistait à frapper d’une lance une ligure d’hommearmé, assez adroitement pour éviter le coup qu’onen recevait quand on ne la frappait pas comme il faut.|| T. de manège. Poteau fiché eu terre, contre lequelon s’exerce à courir avec la lance ou à jeter des dards,|| Faquin de quintaine, figure fixée au poteau de laquintaine. || Action de courir le quintan.

QUINTAL (kin-tal. Esp. quintal, de l’arabe quintâr,poids de cent), s. m. Poids de cent livres. || Quintalmétrique, poids de cent kilogrammes. || Grosse cruchede grès. || Aupl. Des quintaux.

QUINTAN (kin—tan. Le même que quintaine), s. m.T. de manège. Mannequin monté sur un pivot et arméd’un fouet ou d’un bâton ; quand, le frappant maladroi-tement, on le fait tourner, on reçoit sur le dos un coup.Courir le quintan. || On dit aussi faquin.

QUINTANE (kin-ta-n’.Lat. quintana), adj. f. En méd.Fièvre quintane, tievre intermittente, qui revient tousles cinq jours, et dans laquelle il y a par conséquenttrois jours d’apyrexie.

QUINTE (kin-t’. ltal. quinla, du lat. quintus), s. f.En mus. L’intervalle qui suit la quarte et qui précède lasixte, dans l’ordre d’acuité ; la quinte est le renverse-ment de la quarte. || Quinte juste ou quinte naturelle,intervalle formé de sept demi-tons; c’est le renversementde la quarte juste. || Quinte augmentée, intervalle forméde huit demi-tons ; c’est le renversement de la quartediminuée. || Quinte diminuée, intervalle formé de sixdemi-tons ; c’est le renversement de la quarte augmen-tée. Il Quinte couverte, un des jeux de l’orgue. || Es-pèce de violon, plus grand que le violon ordinaire, montéde quatre cordes comme le violon, mais à une quinte au-dessous. On le nomme aussi viole, viola, alto. (| Aupiquet, suite de cinq cartes de la même couleur ; ellescomptent quinze. Quinte majeure, quinte commençantpar l’as. || T. d’escrime. La cinquième garde. || Adj. Enméd. Fièvre quinte; on dit maintenant fièvre quintane.

QUINTE (Lat. quinta, c’est-à-dire cinq fois répétée),s. f. Accès de toux violent et prolongé.

QUINTE (voy. le précédent), s. f. Caprice, mauvaisehuuieur qui prend tout à coup. || T. de manège. Mouve-ment désordonné que fait le cheval sous le cavalier.

QUINTEFEUILLE (kin-te-feu-1!’. Lat. quinquefo-lium), s. f. Plante rosacée, dont les fouilles digitées àcinq folioles ont l’apparence de cinq feuilles sur un mêmepétiole. || En blas. Fleur de pervenche à cinq pétales.

QUINTESSENCE (kin-tè-ssan-s’. 11. lat. quinta es-sentia), s. f. Dans la philosophie scolastique, la sub-stance éthérée. |j Dans l’ancienne chimie, la partie laplus subtile extraite de quelques corps. |J On donnait au-trefois ce nom à l’alcool chargé des principes de quel-ques substances médicamenteuses. || Dans l’alchimie,toute substance jouant un rôle important dans latransmutation des métaux. || Fig. Ce qu’il y a de plusraffiné en quelque chose. C’est la quintessence de ja-lousie, c’est la jalousie même, Sév. || C'est un hommequi tire la quintessence de tout, c’est un homme ha-bile qui fait d’une chose tout ce qu’on en peut faire,qui pénètre jusqu’au fond d’une affaire. || Ce qu’il y a deplus précieux dans un ouvrage. Tirer la quintessence d’unlivre. || Tout le profit qu’on peut tirer d’une chose.

QUINTESSENCIÉ, ÉE, p.p. de quintessencier. |j Fig.Pensées quintessenciées. Le sentiment quintessenciépar: tout ce que la métaphysique a de plus subtil, J. J. Ilocss.