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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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QUI

Quitter, v. ». S’en aller, s’éloigner. Ne quitte point.

|| Il se dit des choses qui se séparent. Prêt à choir où levent le pousse, Le fruit menaçait de quitter, la Moite.

|| Se retirer de quelque travail, de quelque engagement.Il faut que tous ceux qui ont travaillé avec vous à l'En-cyclopédie quittent avec vous, Volt, ]| Au jeu, abandon-ner sa vade et ne pas tenir un renvi.

se quitter, v. r. T. de mystique. Se quitter soi-même,laisser faire Dieu. || Se séparer l’un de l'autre, les uns desautres. Ils se sont quittés bons amis. Us font mille ser-ments de nese point quitter, IUc.||Êtrequitté. I,a llanellesur la peau ne se quitte jamais. || I'rov. Qui quitte la par-tie la perd, voy. PARTiE.II Qui quitte sa place la perd, onne retrouve plus sa place une fois qu’on l’a quittée.

QUITUS (kui-tus’. Lat. des comptes quitus, quitte),s. m. T. de finance. Arrêté ou jugement définitif d’uncompte. Avoir le quitus d’un compte.

QUI-VA-LÀ. Cri d’une personne qui entend quelquechose et craint d’être surprise. || Fig. C’est un hommequi a toujours réponse à qui-va-là, il a réponse à tout,rien ne l’arrête. || On écrit aussi : Qui va là? sans traitd’union et avec un point d’interrogation.

QUI-VIVE. Cri d’une sentinelle, d’une patrouille, etc.qui entend du bruit, qui aperçoit une personne ou unetroupe. La sentinelle a crié qui-vive. Les qui-vive desgardes. || Fig. Être sur le qui-vive, être très-attentif àce qui se passe ; et aussi être inquiet et craintif, ou en-core être facile à s’offenser. || On écrit aussi : Qui vive?sans trait d’union, avec un point d’interrogation.

QUOAILLER(kouâ-llé, U mouillées.Voy. coaille), V. n.Se dit d’un cheval qui remue continuellement la queue.

QUOI [\st.quid], pron. conj.indécl. signifiant quellechose ou laquelle chose, servant pour les deux genreset les deux nombres, mais employé seulement commecomplément ; on ne s’en sert pas en parlant despersonnes ; il ne prend l’emploi de sujet que dans lalocution composée quoi que, quoi qui. || Il s’emploieavec les noms indéterminés. Ce à quoi nous pensons.|| U s'emploie d’une manière indéterminée aussi pourreprésenter toute une proposition. Vous avez cité Cicé-ron, en quoi vous vous êtes trompé.|| En termes de palais,quoi faisant, en quoi faisant, en faisant laquelle chose.|| Quoi s’emploie quelquefois pour le pronom relatif le-quel, laquelle, tant au singulier qu’au pluriel, tant aumasculin qu’au féminin. || On s’en sert avec les motschose, point. L’éducation des enfants est une chose àquoi il faut s’attacher fortement, Mol. Deux points à quoije m’attache, Bobrb. j| On s’en sert aussi quand on peutassimiler la chose ou l'idée dont il s’agit à quelquechose d’indéterminé. C’est la pensée qui fait l’être del’homme, et sans quoi on ne le peut concevoir, Pasc.IJ Quoi, non précédé d’un substantif, s’emploie pour join-dre deux propositions. Dites-moi en quoi je puis vousservir. || Ne connaître qui ni quoi (proprement, ni quellepersonne, ni quelle chose), ne faire attention à rien.

|| Ni quoi ni qu’est-ce, aucune chose. || De quoi .,

ce qui est nécessaire pour..., capable de... Gagner dequoi vivre. J’ai de quoi me défendre et de quoi vous ré-pondre, Rotrou.|| Avoir de quoi, avoir le pouvoir de, avecun nom de chose pour sujet. Une telle imposture a dequoi me surprendre, Volt, j Absol. Ne vous inquiétez pas;en vérité, il n’y a pas de quoi. || Il n’y a pas de quoi, sedit, dans le langage familier, pour se défendre d’un re-mercîment qu’on trouve trop grand. || De quoi, ce qui

RAB

suffit. Us trouvaient aux champs trop de quoi, la Font.

| Poput. Avoir de quoi, être dans l’aisance. || Voilà biende quoi ! ce n’est pas la peine de tant se récrier. 11 Est-celà tant de quoi? est-ce une chose si grave? Est-cc làde quoi faire tant cle bruit? |] Comme quoi, voy. comme.

|| Je ne sais quoi, voy. savoir. || Quoi que, quelquechose que, toutes les choses que. Quoi qu’il arrive. Quoiqu’il en soit. || Quoi que, avec de et un substantif. Quoiqu’on ait pour soi-même ou d’amour ou d’estime, Cors.

|| Quoi que ce soit, avec une négation, rien. Il n’a puréussir à quoi que ce soit. 11 Quoi qui, quelque chose qui.Quoi qui vous afflige, soyez toujours constant. )) Quoiinterrogatif, quelle chose ? En quoi différons-nous d’a-vis? Il Quoi... que? quelle chose... si ce n’est...? Àquoi se réduit l’Évangile tout entier qu’à cette vérité ?Mass.11 Quoi, pris elliptiquement,considéré comme sujet.Quoi ? que dit-il ? Quoi de plus heureux que ce qui vousarrive? || Quoi! interj. Marque l’étonnement, l’indigna-tion, etc. Quoi! mes plus chers amis! quoi! Cinna!quoi ! Maxime ! Corn. || On y ajoute quelquefois l’inter-jection eh. Eh quoi ! vous n’êtes pas encore parti !

QUOIQUE, conj. Exprime une opposition et gouvernetoujours le subjonctif. Quoique Dieu et la nature aientfait tous les hommes égaux, en les formant d’une mêmehoue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité,Boss, 11 On peut dire quoique en faisant ellipse du verbeêtre. Quoique invisibles, il est toujours deux témoinsqui nous regardent : Dieu et la conscience, Fén. (|!2«oï-que, au Heu de se répéter, peut être remplacé par que.Quoiqu’il ne soit que lundi et que cette lettre ne parteque mercredi, je commence à causer avec vous, Sév.| I Po-pul. Quoique ça, néanmoins. L’e de quoique ne s’élideque lorsqu’il est suivi de il, ils, elle, elles, on, un, une.

QUOLIBET (ko-li-bè. Lat. quod libet), s. m. Dans lesanciennes écoles, questions de philosophie ou de théolo-gie sur diverses matières qui n’étaient proposées quepour exercer l'esprit des étudiants. || Aujourd’hui, pro-pos trivial, mauvaise plaisanterie.Unfaiseur de quolibets.

QUOTE (lat. quotus), adj. f. Usité seulement dansuote-part, la part que chacun doit payer ou recevoirans la répartition d’une somme. || S. f. Quote, voy. cote.

QUOTIDIEN, IENNE (lat. quotidianus), adj. De cha-que jour. || Journal quotidien, journal qui paraît tous lesjours. || Pain quotidien, la nourriture de chaque jour,ou ce qui suffit aux besoins de la vie. || Fig. C’est sonpain quotidien, c’est le travail qui fournit à ses besoinsde chaque jour; c’est une chose dont on use tous les jours.

11 Fièvre quotidienne, fièvre qui revient tous les jours.A QUOTIDIENNEMENT, adv. Tous les jours.

* QUOTIDIENNETÉ, s. f. État de ce qui se fait chaquejour. La quotidienneté d’un journal.

QUOTIENT (lat. quotiens), s. m. En arithm. et algè-bre, résultat d’une division. Le quotient de 12 divisépar 3 est 4. Le quotient de ab divisé par b est a.

QUOTITÉ (lat. quotus), s. f. Somme fixe à laquellemonte chaque quote-part. || T. de droit. Légataire d’unequotité, celui auquel un défunt a légué une partie ali—quote de sa succession. || Impôt de quotité, celui dont leproduit, n’étant pas fixé d’avance par la législature, dé-pend de la quantité des objets ou des personnes qu’ildoit frapper. La contribution des patentes est un impôtde quotité. ||En matière électorale, la quotité du cens,la somme d’impôts qu’il fallait payer en France et qu’jiI faut payer en certains pays pour être électeur.

R

R (lat. r), s. f. Dans la nouvelle épellation, r se pro-nonce Te et est masculin. La dix-huitième lettre de l’al-phabet et la quatorzième des consonnes.11R dans la numé-ration romaine valait 80; avec un trait au-dessus, 80,000.

RABÂCHAGE, s. m. Discours de celui qui rabâche.|| Défaut de celui qui rabâche.

RABÂCHÉ, ÉE, p. p. de rabâcher.

* RABÂCHEMENT, s. m. Action de rabâcher.

RABÂCHER (orig. inc.), v. n. Famil. Répéter sou-vent et inutilement la même chose. Vous me rabâchezde seigneurs les plus titrés; qu’est-ce que cela veutdire? Volt. || Act. Rabâcher toujours la même chose.

RABÂCHERIE, s. f. Famil. Discours, écrits ennuyeuxet qui se répètent.