RAB
RAB
— 958 —
RABÂCHEUR, EUSE, s. m. et f. Famil. Celui, cellequi rabâche.
RABAIS (voy. rabaisser), s. m. Diminution de valeur.Ces marchandises ont subi un grand rabais. || Re-mise dont on convient pour payer une somme avantl’échéance. |J Rabais des monnaies, réduction dont legouvernement frappe une monnaie. || Diminution surle prix des denrées, des marchandises. Acheter deslivres au rabais. || Au rabais, se dit d’un mode d’adju-dication, suivant lequel on adjuge des travaux ou desfournitures à celui qui s’en charge au plus bas prix.
| |Fig. Action de rabaisser,dedéprécier. | |Mettrequelqu’un,quelque chose au rabais, en parler désavantageusement.
RABAISSÉ, ÈE,p. p. de rabaisser.
RABAISSEMENT, s. m. Action de rabaisser. De ra-baissement d’une corniche trop haute. || Action de di-minuer la valeur des monnaies, le montant des impôts.|| Fig. Action de rabaisser, de diminuer, de ravaler.
RABAISSER ( re... et abaisser), v. a. Mettre plus bas,placer au-dessous. Ce tableau est trop haut, il faut unpeu le rabaisser. || Fig. La seule présomption suffit pourle rabaisser devant Dieu aux derniers rangs, Bobrd.|| Diriger vers le bas. || Fig. Cet homme a rabaissé sonvol, il a réduit ses dépenses, ses prétentions. | j T. de jar-dinage. Diminuer la longueur d’un arbre, d’une branche.Rabaisser la voix, l’élever moins. || Diminuer, en parlante prix, de valeur. Rabaisser le taux des denrées, lesmonnaies, etc. || Fig. Réduire à un degré plus bas. Cettedouleur nous rabaisse la joie de notre petite victoire,Sév. H Rabaisser le caquet à quelqu’un, faire qu’une per-sonne disposée à élever la voix, à parler beaucoup, parlemoins, et lig. confondre par des raisons ou faire taire parautorité celui qui parle avec présomption ou insolence.
11 On dit dans le même sens : Rabaisser le ton, ou fairerabaisser le ton à quelqu’un. || Rabaisser le caquet, si-gnifie aussi dissiper les idées, les espérances qu’on s’é-tait faites. || Déprécier, estimer au-dessous de sa valeur.Rabaisser une victoire, des présents, une science, etc.|| Humilier, avilir. Vous rabaissez la puissance royale,Féx. || Se rabaisser, v. r. Se mettre plus bas. |] Fig. L’or-gueil ne pouvait pas se rabaisser jusqu'aux humiliations,Ross. |jSe déprécier les uns les autres. Ce n’est pas toujourspar jalousie que réciproquement on se rabaisse, V'auven,* RABAISSEUR, s. m. Fig. Celui qui rabaisse.
RABAT (subst. de rabattre), s. m. Primitivement, colgarni de dentelles ou sansgarniture, qui laissait lecou deshommes tout à fait à découvert. || Plus tard, pièce d’unetoile fine et empesée, quelquefois garnie de dentelles,qui tombait sur le devant de la poitrine. || Partie del’habillement des ecclésiastiques consistant en un mor-ceau de toile noire qui descend sur la poitrine et qui estdivisé en deux portions oblongues et bordées de blanc.
1 | Le rabat blanc est porté par la magistrature, le barreau,e parquet et les professeurs de l’université en robe. 11 Lesrabats, les gens qui portent le rabat. || Chasse qui se faitla nuit, en rabattant les filets sur le gibier qu’on a poussé;ou le jour, en faisant battre la campagne et pousser legibier à la rencontre des chasseurs. || Au jeu de quilles,second coup, joué de l’endroit où la boule s’est arrêtée.|| Toit d’un j u de paume qui sert à rejeter la balle; coupqui vientdu rabat. || Diminution. Rabat de prix.|| Liqueurnoire employée aux Cobelins pour brunir les couleurs.
RABAT-JOIE, s. m. Ce qui vient troubler la joie, lasatisfaction où l'on était. Voici bien, monsieur, du rabat-joie, la Font. || Famil. C’est un rabat-joie, se dit d’unepersonne triste ou ennemie delà joie des autres. || Aufém. C’est une rabat-joie. || Aupl. Des rabat-joie.
* RABATTAGE {rabattre), s. m. Action de dégager lalaine qu’on peigne, des nœuds qu’elle peut avoir. || T. dejardinage. Suppression d’une ou de plusieurs branches,à 1 effet de provoquer l’émission de jeunes pousses.
* RABATTEUR, s. m. Celui qui rabat le gibier.
RABATTRE {re... et abattre), v. a. Mettre plus bas,faire descendre. Le vent rabat la fumée. Rabattre lecollet de son habit. || T. d’escrime. Rabattre un coup, leparer en rabaissant le fer de son ennemi. || Fig. Rabattreles coups, adoucir, apaiser des gens qui se querellent;et aussi préserver de périls, de mauvaises affaires, etc.|| Aplatir. Rabattre les plis. || Rabattre une couture
faire un léger rempli à un des côtés de l’étoffe et l'as-sujettir par un point d’ourlet. || I’opul et, fig. Rabattu;les coutures à quelqu’un, le frapper sur le dos ou suiles épaules. || Rabattre les ornières, les sillons, y rejetala terre qui est sur le bord et les remplir. J| T. dejardinage. Rabattre un arbre, le couper jusqu’à la nais-sance des branches. Rabattre une branche, la raccourcir.
|| Rabattre le gibier, battre la campagne pour forcer l ;igibier à aller à l’endroit où sont les chasseurs. || Absol.Ils ont bien rabattu. || Au jeu de quilles, abattre de6quilles du lieu où s’est arrêtée la boule, qui, lancée dubut, a déjà abattu des quilles. || Fig. Mettre au-dessous.Quelques philosophes ont voulu rabattre la puissanceanimale au-dessous de la végétale, R. du S : -P. || Répri-mer, humilier,rabaisser. Rabattre l’orgueil de quelqu’un.
|| Famil. Rabattre le caquet, voy. «abaisser. || Faire quel-que réduction sur le prix d’une chose qu'on veut vendre,il n’en rabattrait pas un sou. || Faire quelque réductionsur le prix d’une chose qu’on veut acheter ou qu’on paye.
|| Absol. Ceux qui voudront rabattre. || Offrir moins que lemarchand ne veut vendre. || Diminuer un impôt, unecharge. || Il seditaussi d’une retenue qu’on fait. S’il sepasse quelque chose... je le rabattrai sur vos gages, Mol.
|| Fig. Rabattre une chose à sa ju.-te valeur, la réduireàceu’elle vaut effectivement. || Ne rien rabattre, ne rieniminuer ou amoindrir. || Il n’y a rien à rabattre, il fautprendre la chose telle qu’elle est. || N’en vouloir rienrabattre, ne vouloir rien diminuer de ses prétentions.
|| Diminuer un nombre quelconque. || Retrancher. Pourn’avoir rien voulu rabattre de nos profusions, Mass.
|| Fig. De ces sorles de louanges-là on en rabat quel-que chose, pour les réduire à «ne mesure un pou plusraisonnable, Fonten. || T. de teinturier. Corriger unecouleur trop vive. || V. n. Rabattre de, ne pas con-server à un même degré. Rabattre de sa fierté, de sesespérances, etc. 11 II en faut rabattre, on ne peut plus con-server les mêmes prétentions. || Se détourner toutd’un coup de son chemin pour en prendre un autre.Vous rabattrez à main droite. || Se rabattre, v. r.Être rabattu. Les nuages chargés de pluie se rabat-tent. Le col de cet habit se rabat sur les épaules.|| Se rabattre sur, se détourner tout d’un coup d’uuchemin pour passer dans un autre.|| Fig. Nous nous rabat-tons sur ce qu’il y a de réel, Foxten. || Fis:. Changer toutà coup de propos dans la conversation. Se rabattre sur lesnouvelles du jour. ||Se borner, serestreindre.Onserabatà un genre de vie plus à portée des sens, Mass. || T. dechasse, lin limier se rabat lorsqu’il donne quelque con-naissance à celui qui le mène. |[ Il ne faut pas confondrerabattre et rebattre. Rebattre, c'est répéter souvent.
RABATTU, UE, p. p. de rabattre. || Chapeau rabattu,chapeau dont les bords retombent. || En bot. Rameauxrabattus, rameaux qui pendent vers la terre. || Couleursrabattues, couleurs brunies par le rabat. || Tout compté,tout rabattu, tout ayant été bien calculé et compensé.
RABBANISTE, s. m. Voy. babbixiste.
RABBI, s. m. Voy. rabbin.
RABBIN (ra-bin. Hébreu rabbi, docteur], s. ni. Doc-teur juif. || Aujourd’hui, on appelle rabbins les docteursdu culte judaïque placés à la tête des communautés.|| Grand rabbin, le chef d’une synagogue ou d’un con-sistoire israélite. || On dit rabbi, et l’on emploie ce motsans article avant un nom propre, et quand on s ensert en parlant à un docteur juif.
RABBINAGE, s. m. Par dénigrement, l’étude qu'onfait des livres des rabbins.
* RABBINAT, s. m. Dignité de rabbin.
RABBI NIQUE, ailj. Qui est particulier aux rabbins.|| École rabbinique, école dont l’objet est de former lesrabbins pour le culte juif. || Caractères rabbin iques, lescaractères ronds des Hébreux. || Langue rabbinique, lalangue hébraïque moderne.
* RABBINISER, v. a. Se livrer aux études rabbiniques.
RABBINISME, s. m. La doctrine des rabbins.
RABBINISTE, s. ni. Celui qui suit la doctrine ou qui
étudie le- livres des rabbins. || On dit aussi rabbaniste.
RABDOLOGIE, RABDOMANCE, RABDOMANCIE, voy.BHABDOLUGII', RHABDOMASCE, RHABDOMANCIE.
RABÊTI, IE, p. p. de rabêtir.