RUM
RUD — 1059 —
l’humeur, les manières d’agir, est comparé à l’actiondes corps rudes. La sincérité passe pour incivilité etpour rudesse, Fléch. [| Action, parole dure, choquante.
RUDIMENT Hat. rudimentum), s. m. Premières no-tions, premiers principes d’une science, d’un art. j| Lapartie la plus élémentaire de la grammaire. || Petit livrequi contient les éléments de la langue latine. Le Rudi-ment de Lhontond. || Fig. etfamil. En être encore aurudiment, être encore novice dans un art, dans une pro-fession. || En hist. nat. Premiers linéaments de la struc-ture des organes. [{ Organes réduits, dans certaines es-pèces, à de très-petites dimensions. Rudiment de pied.
* RUDIMENTAIRE, adj. Qui appartient au rudiment,aux premières règles du langage. || En hist. nat. Se ditde toute partie qui n’existe qu’ébauchée d’une manièreplus ou moins imparfaite. Un pied rudimentaire.
RUDOYÉ, ÉE, p.p. de rudoyer.
* RUDOYEMENT, s. m. Action de rudoyer.
RUDOYER {rude), v. a. Traiter rudement, ordinaire-ment en paroles. || Rudoyer un cheval, le frapper dufouet, le piquer de l'éperon, etc.
RUE (b. lat. ruga), s. f. Chemin bordé de maisons oude murailles dans une ville, dans un bourg, etc. || Cettehistoire, cette nouvelle court les rues, elle est connuede tout le monde. 11 L’esprit court les rues, il est com-mun; tout le monde en a. || Être vieux comme lesrues, être fort vieux. || Cela est vieux comme les rues,se dit d’une chose qui n’est plus à la mode. || La granderue ou la grand'rue, rue principale d’une ville de pro-vince. || Les habitants d’une rue. || Espace qui reste videdans une carrière, après qu’on a exploité les différentsbancs de pierre dont elle se compose; se dit aussi deschemins, issues, etc. qu’on pratique pour l’exploitation.
RUE (lat. ruta, de /Suri?), s. f. Genre de la familledes rutacées. || Plante médicinale d’un goût âcre et amer.
RUÉ, ÉE (lat. ruere), p. p. de ruer. || Fig. Ses plusgrands coups sont rués, se dit d’un homme qui, aprèss’être signalé, après s’être porté à quelque chose avecardeur, se modère, se relâche.
RUELLE (dim. de rue), s. f. Petite rue. |j Fig. Ruelledu lit ou simplement ruelle, espace laissé entre le litet la muraille. 11 Se disait sous Louis XIV des chambres àcoucher de certaines dames de qualité, servant de salonde conversation et où régnait souvent le ton précieux.
]| Aujourd’hui, il ne se dit plus que figurément et pourcaractériser ce qui est précieux. En style de ruelle.
RUELLER, v. a. Rueller la vigne, y faire des ruelles,en relevant d’un et d'autre côté la terre contre les ceps.
RUER (lat. ruere), v. a, jeter avec impétuosité (sensqui a vieilli). Ah! je devais du moins lui jeter son cha-peau, Lui ruer quelque pierre, Mol. || Ruer de grandscoups, frapper de grands coups. || V. n. Ruer à tortet à travers, frapper de tous côtés dans une foule.|] Se dit d’un cheval, d’un mulet, etc. qui lance avecforce les pieds de derrière en l’air. || Se ruer, v. r. Sejeter impétueusement sur quelqu’un ou sur quelquechose. Le loup prêt à se ruer sur la bergerie, Boss.
RUEUR, EUSE, adj. Qui a l’habitude de ruer.
RUGINE (orig. inc.), s. /. En chir. Instrument donton se sert pour racler ou ratisser les os.
RUGINE, ÉE, p. p. de ruginer.
RUGINER, v. a. Racler, ratisser avec la rugine.
RUGIR (lat. rugire ), v. n. Pousser des rugissements.|| Famil. Rugir comme un lion, pousser des cris de fu-reur. 1111 se dit de cris, de bruits comparés à des rugisse-ments. Les vents ligués rugissent, Delille.
RUGISSANT, ANTE, adj. Qui rugit. Lionne rugissante.
RUGISSEMENT, s. m. Cri des animaux féroces, tels
ue le lion, le tigre, la panthère. || Fig. Le rugissement
e la tempête. Le rugissement des factions, Delille.
RUGOSITÉ (lat. rugositas), s. f. Rides sur une sur-face raboteuse. || En artillerie, défaut de fabrication desbouches à feu en fonte.
RUGUEUX, EUSE (lat. rugosus), adj. Quia des ru-gosités. || Feuille rugueuse, feuille dont la surface offredes proéminences irrégulières, comme dans la sauge.
RUILÉE (anc. fr. ruile ou riule, du lat. régula), s. f.Bordure de plâtre ou de mortier qui sert à lier une ran-gée de tuiles avec un mur.
RUINE (lat. ruina), s. f. Destruction d’un bâtimentqui tombe de lui-même ou qu’on fait tomber. || Fig.
L homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée,Boss. || Battre enruine une place, quelqu’un, voy. battue.
Il TTg- Tomber de ruine en ruine, tomber d’un état gravedans un état pire. |) Fig, Les ruines du visage, état d’unvisage dévaste par la vieillesse. || 11 se dit aussi de touteespèce de destruction. |j Les débris, les restes d’un édi-fice, d une ville. || Fig. Ce n’est pins qu’une raine, se ditd’une personne qui a perdu, en vieillissant, sa beautéou son talent. |j En peint, et archit. Représentationdes édifices ruines. || Fig. It se dit des États, de lapuissance, des institutions, des grandeurs, des croyancesque la destruction atteint. || On dit dans un sens analo-gue : La ruine des affaires. || Il se dit souvent au plurieldans ce sens. S’ensevelir sous les ruines de sa patrie.
|| Perte de l’honneur, du crédit, du pouvoir, de la vie, etc.jj Perte de la fortune, des biens. || Ce qui cause la x-uine,la destruction. Les excès sont la ruine de la santé. || Cequi cause une très-grande dépense. Le jeu est une ruine.
RUINÉ, ÉE, p.p. de ruiner. || Qui est en ruine. Unédifice ruiné. || Cheval ruiné, cheval dont les forces sontusées. || On dit dans le même sens que les jambes d’uncheval sont ruinées. || Qui a perdu sa fortune. || Subst.Il y a plus de ruinés que de parvenus, J. J. Rorss.
RUINER (ruine), v. a. Mettre en ruine, démolir, dé-truire. Ruiner une ville.11 Absol. Ruiner et détruire. || Ra-vager. La grêle a ruiné les vignes. || Fig. Perdre, effacer,détruire, en parlant de choses que l’on compare à desédifices qu’on ruine. Vous tâchez de ruiner mu réputa-tion, Pasc. |l Infirmer, en parlant de raisonnements, d’ar-guments, d'hypothèses. Par ce mot seul, je ruine tous vosraisonnements, Pasc. |j Ruiner quelqu’un, lui ôter soncrédit, sa réputation. || Ruiner quelqu’un auprès d’unautre, le discréditer auprès de cet autre. || Faire perdrela fortune. Le jeu l'a ruiné. 11 Absol. Le jeu ruine. 11 User,détériorer, en parlant du corps, de la santé. || Par exlens.L’attachement à une même pensée fatigue et ruine l'es-prit de l'homme, Pasc. || Il se dit des chevaux en unsens analogue. Lâchasse a ruiné ce cheval. || Se ruiner,v.r. Tomber en ruine. (| Fig. C’est par là que se ramèrentles affaires de l’Assyrie, Boss. || Perdre sa fortune, sasanté, etc. Le corps se ruine par les grandes fatigues.|| On dit de même : La santé se ruine par les débauches.j| Être l’un pour l’autre cause de ruine. On s’est fait unart de se ruiner les uns les autres par la chicane, Fléch.* RUINEUSEMENT, adv. D’une manière ruineuse.
RUINEUX, EUSE (lat. ruinosus), adj. Qui menaceruine. Un temple ruineux, Boss. || Fig. Une espéranceruineuse. j|Fig. Bâtir sur des fondements ruineux, fon-der ses espérances sur des choses peu solides, et aussiétablir un système sur des bases qui manquent de con-sistance. || Qui cause du dommage par des dépenses ex-cessives. Un jeu ruineux. Une guerre ruineuse.
RUINURE (orig. inc.), s. f. Entailles qui se font auxcôtés des solives et des poteaux, pour retenir la maçon-nerie dans une cloison.
RUISSEAU (dim. du lat. rivus), s. m. Courant d’eaupeu considérable. || Canal par où passe un courant d’eau.|| Eau qui coule au milieu ou sur les deux côtés de lachaussée d'une rue. || Cette chose traîne dans le ruisseau,elle est commune, triviale. || Celte nouvelle est ramasséedans le ruisseau, elle a été prise dans le bas peuple.Il L’endroit par où l’eau s’écoule dans les rues. || Fig.Laisser quelqu’un dans le ruisseau, le laisser dans uneposition basse, misérable. || Toute chose liquide quicoule en abondance. Des ruisseaux de sang. Et combiende ruisseaux coulèrent de mes yeux! Coas. || Prov. Lespetits ruisseaux font les grandes rivières, voy. rivière.
RUISSELANT, ANTE, adj. Qui ruisselle. Des eauxruisselantes. Sang ruisselant. Visage ruisselant de sueur.
RUISSELER (anc. fr. missel, ruisseau), ». n. Coulerà la manière d’un ruisseau. L’eau ruisselait par diversendroits. La sueur lui ruisselait du front. || Le sang ruis-selle, des meurtres nombreux sont commis. || 11 se ditdes corps sur lesquels un liquide coule. On ne voit pointde sang ruisseler son autel, Chauueu. || Fig. Tout l'em-pire ruisselait du sang des martyrs, Boss.
RUM (rom’), s. m. Voy. rhbh.