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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE
tombèrent victimes de leur témérité. Le premier s’étaitflatté de surprendre les hommes par une nuit très sombre,mais il fut traversé d’une balle tirée par Lonkhou, quiput ainsi joindre à une dixaine de plantes de genn-chenn,qu’il avait cueillies en route, la bile du tigre, précieuxremède, d’un prix inestimable, très apprécié dans leCéleste-Empire.
Les chercheurs furent moins heureux avec les léopards.Le mâle et la femelle les attaquèrent simultanément,comme ils sortaient d’un passage étroit pour s’engagerdans une piste très sinueuse et encombrée. Ayant aperçude loin ces ennemis tapis sous l’épais feuillage d’unchêne-liège, ils s’arrêtèrent à une quinzaine de pas del’arbre et épaulèrent leurs fusils. Les fauves guettaient,et les hommes ne se hâtaient point ! Lonkhou prit àpartie le mâle, abandonnant la femelle à ses camarades.Ils tirèrent en même temps. Le mâle bondit haut dansles airs et retomba sur la piste; la balle l’avait couchéraide. La femelle, mortellement blessée, réussit pourtantà faire un saut formidable et à renverser Ki-Sé sous elle.La bête et l’homme, formant un peloton informe, roulè-rent ensemble sur la piste ensanglantée. La lutte ne futpas longue; Ki-Sé, enfonçant sa main gauche dans lagueule béante de son ennemie, plongea de la main droiteson couteau dans ses flancs. La bête expira aussitôt aumilieu d’horribles convulsions. Ki-Sé s’en tira avec lapeau de la main droite enlevée et de profondes égrati-gnures au visage et aux épaules.
Pour retourner dans leurs provinces, les chercheurs degenn-chenn adoptèrent la ligne droite, et pendant plu-sieurs jours montèrent et descendirent successivementles cimes parallèles de la chaîne du Sikote-Aline, tenanttoujours la même direction, le couchant. Cette voie était