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Bibliothèque universelle et revue suisse : No 111, mars 1905, Tome XXXVII
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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE

Jules Nicole. Toute la Genève lettrée s’est groupée autour delui, pour fêter ses 25 ans de professorat, dans un banquet pleind’élégance discrète ; les « paroles ailées » n’ont point manquépour dire le mérite et le labeur d’un philologue modeste, maisjustement renommé au loin.

— Pendant que se passaient toutes ces choses, les livress’amoncelaient sur le rayon de la « Chronique. » Force nousest d’être bref, de peur d’être incomplet.... M. Ernest Strœhlina consacré un beau livre à deux artistes franco-genevois, JeanPetitot et Jacques Bordier (in-8°, Genève, Kündig, 1905).Nous ne pouvons analyser en détail cette étude biographiqueoù revivent deux nobles figures de huguenots du dix-septièmesiècle.

L’auteur a mis en œuvre, avec une grande sûreté d’érudition,les documents qu’on possède sur les deux célèbres émailleurs.Il les a replacés dans leur cadre historique, et parfois n’a pointrésisté à la tentation de laisser le cadre empiéter sur les por-traits : ainsi, dans son chapitre VIII, qui résume fort bienl’histoire de l’édit de Nantes. Il est surtout intéressant de con-naître les idées de l’excellent Petitot sur la légitimité de l’artau point de vue protestant: sous la plume de ce chrétiensi pieux et vivant, elles ont une grande portée. Son livre dedévotion contient en outre des pages d’une édifiante beauté quisont la fleur de la piété huguenote. Nous devons nous refuser lasatisfaction de transcrire d’admirables passages que nous avionsnotés ; le lecteur saura les trouver. Il goûtera aussi les pages oùle simple bourgeois Jacques Bordier apparaît comme un négo-ciateur avisé, traitant parfaitement bien les affaires de Genèveavec les Colbert et les Pomponne. On se sent pénétré de respectpour cette race si fortement trempée et surtout si bien équili-brée. Ah ! cet équilibre d’autrefois, — quel contraste avec nosnévroses! — Des planches hors-texte, au nombre de vingt etune, reproduisent quelques-uns des émaux de Petitot, dont l’au-teur a dressé un catalogue aussi complet que possible d’aprèsles collections publiques et privées de Genève et de l’étran-ger. Les chercheurs lui en sauront bien bon gré.