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PORT-ROYAL.
droit à l’église, et on la féconcilia, en y plantant la croixau plus haut de la tour ; on plaça ailleürs l’étendard ducomte ; et il était juste que la croix précédât et dominâtl’étendard, car c’était le Christ qui avait pris la ville.Cela fait, l’abbé des Vaux de Semai (Guy) qui avaitassisté au siège, et qui brûlait de zèle pour la cause duChrist, apprenant qu’une multitude d’hérétiques étaientenfermés dans une maison, alla vers eux avec des parolesde paix, et il les exhortait au salut ; mais on l’interrom-pait du dedans par des cris : «. Pourquoi nous prêches-tu ? Nous ne voulons pas de ta foi !... » Ce qu’enten-dant, l’abbé sortit et alla vers les femmes qui étaientassemblées dans une autre maison, leur portant lesmêmes paroles. Mais s’il avait trouvé les hommes héré-tiques durs et obstinés, il trouva, est-il dit, les femmeshérétiques encore plus obstinées et plus endurcies. Etle comte, qui n’était pas encore entré dans la ville, entraalors, et, après avoir essayé k son tour quelques parolesprès des récalcitrants, n’y gagnant rien, il les fit tirerdu château. Il y avait d’hérétiques fieffés cent quaranteet plus. On fit un grand feu et on les y jeta, ou plutôtil n’était pas besoin qu’on les y jetât, car les diaboliquess’y précipitaient d’eux-mêmes. Trois femmes pourtantéchappèrent, que la noble dame, mère de Bouchard deMarli, arracha du feu et parvint à réconcilier à l’Églisecatholique. Les hérétiques fieffés étant ainsi passés aufeu, ceux qui restaient abjurèrent l’hérésie et furent ré-conciliés à l’Église 1 .
La circonstance particulière que Bouchard de Marli,fils de Mathilde, avait été fait prisonnier quelque tempsauparavant et était gardé alors par ceux de Cabaret, nesaurait diminuer le prix de cette action compatissante
1. L’auteur de la Chronique en vers provençaux, publiée parM. Fauriel, parle de la prise du château de Minerve, mais avecmoins de détails et sans mentionner Mathilde.