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Port-Royal / C.A. Sainte-Beuve
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LIVRE PREMIER.

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de sa mère. J’ai insisté sur la scène de fanatismë et dedestruction, parce 'que Port-Royal, à sa manière, pé-rira un jour presque ainsi, et que, juste cinq cents ansplus tard, nous aurons affaire aux mêmes passions for-cënées et triomphantes. Cette clémence chrétienne de lafondatrice semble de loin crier grâce pour les saintesfilles persécutées.

Simon de Montfort, moins clément, fut aussi, il fautle dire, un des premiers et des plus généreux bienfai-teurs du naissant monastère.

Il y avait déjà dans le vallon, à l’époque de la fonda-tion de Port-Royal, une chapelle consacrée à saint Lau-rçnt. Cette chapelle fut détruite lorsqu’on bâtit l’églisenouvelle, ou bien elle y fut adaptée et en devint unepartie. Ce qui est certain, c’est que l’église à laquelletravailla d’abord l’architecte Robert de Luzarches,achevée seulement en 1229 , et consacrée à Notre-Dame, la grande patronne de ces âges, avait gardé dansle côté gauche de la croisée un autel dédié à saint Lau-rent, en mémoire de la dévotion première. Cette église,qui subsista jusqu’à la ruine de 1712, n’offrait riende remarquable pour l’architecture. Elle reçut desréparations accessoires en divers temps, plus particu-lièrement au seizième siècle, où une abbesse, Jeannede La Fin, en fit reconstruire le clocher; cette abbessey ajouta aussi un ornement considérable, consistant endes chaises de chœur d’une grande beauté de sculpture ;on les voyait encore; avant la Révolution, au couventdes Bernardins de Paris. Par l’effet ordinaire du temps,le pavé de l’église se trouvait, au dix-septième siècle,inférieur au niveau du terrain d’alentour, au point qu’ilfallait descendre neuf ou dix marches en entrant; legrand vaisseau allait ainsi se submergeant insensible-ment. Pout 1 obvier aux inconvénients de l’humidité, ondut relever le pavé de huit pieds en 1652. Ces neuf ou