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PORT-ROYAL.
Pousser des chants aux deux dans des taureaux d'airain....
La mort , pour la trop voir , ne leur est plus sauvage;
Pour trop agir contre eux, le feu perd son usage ;
En ces horreurs enfin le cœur manque aux bourreaux,
Aux juges la constance , aux mourants les travaux.
Le plus riche et le plus copieux échantillon du genreme semble être ce vers de Racan :
La javelle à plein poing tomber sous la faucille.
Grâce au goût extrême pour le coulant qui a prévaluet à la petite bouche mondaine, de tels vers se comp-tent dans notre poésie 1 2 . "
Mais Adrien a terminé le mjyiologue par lequel ils’exhorte au martyre. Flavie, un homme du palais, sonami, survient tout effaré, lui demande s’il est vrai qu’ilsoit chrétien, lui raconte que l’on a donné cette nouvelledevant César, devant Maximin, qui est soudain devenufurieux : burlesque description de cette fureur. Flavieveut détourner Adrien, qui lui répond en s’exaltantcomme Polyeucte; et plus Genest arrive à ne fairequ’un avec son rôle 3 , plus il se surpasse comme comé-dien :
Allez, ni Maximin courtois ou furieux,
Ni ce foudre qu’on peint en la main de vos Dieux,
1. En voici un de Malherbe :
Et couchés sur les fleurs comme étoiles semées.
Maynard n’en a fait qu’un, je crois, dans ce goût, mais très-beau :
Et l’univers qui, dans son large tour,
Voit courir tant de mers et fleurir tant de terres,
Sans savoir où tomber tombera quelque jour !
2. Si l’on osait à ce propos revenir à la question du commence-ment de ce chapitre : Vaut-il mieux pour l'acteur être entraîné parson rôle que le dominer? je répondrais, par l’exemple de Genestmême, qu’il est plus sublime sans doute à mesure qu’il entre plus
avant dans son personnage, mais cela jusqu'à un certain degré,