LIVRE DEUXIÈME.
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« persécuté, mais accablé. » Gomme cela est fier ethumble à la fois 1 !
Rome, à titre de puissance temporelle et terrestre,avait sa part dans le peu de complaisance de M. de Saînt-Cyran. J'emprunte un mot décisif, non point à des récitsd’adversaires, mais à la relation authentique, sincère etfiliale de Lancelot. Quand la huile d’Urbain VIII parut,qui, renouvelant la condamnation de Baïus, atteignaitet prohibait déjà Jansénius (juin 1643), M. Floriot, unami de Port-Royal, fut le premier qui l’apporta un soirchez M. de Saint-Cyran, sorti de Yincennes et bien prèsalors de sa fin. Il était tard; l’abbé venait de se retirerdans sa chambre ; M. Floriot, vu l’importance du mes-sage, insista pour être reçu : « 11 lui fit donc voir cette« Bulle qui n’étoit rien au prix de celles qui sont venues« depuis. Cependant M. de Saint-Cyran, ayant peine à
1. Bien profonde parole d’ailleurs, et qu’il faut recommander àméditer, surtout en un temps où ce préjugé étrange et commodes’est répandu, que la vérité, grâce à la discussion et à ce qu’onappelle le choc des lumières, finit toujours, et assez vite, parl’emporter en ce monde, tandis que le signe, à qui le sait lire,n’a pas changé, et qu’il est vrai et sera vrai toujours que plus onse tiendra tout haut dans la vérité, et plus on trouvera persécu-tion. Ce qui l’emporte, grâce au choc de la discussion et des opi-nions en ce monde, le veut-on savoir? c’est tout au plus à lalongue la partie utile et matériellement profitable de la vérité,l’intérêt bien entendu de la chose, lequel n’est pas plus la vraievérité que le soin du bien-être n’est la charité. Les vrais philo-sophes savent cela à leur manière comme les vrais Chrétiens, etFontenelle comme Saint-Cyran. — Le mot si fierde Saint-Cyran : Jene me suis point encore senti offensé, m’en a rappelé un de Buffon,qui est fout semblable. Écrivant à l’abbé Le Blanc (21 mars 1750)et lui disant qu’il venait d’être vivement attaqué par le Gazetierjanséniste comme l’avait déjà été le Président de Montesquieu,mais que celui-ci avait répondu, Buffon ajoutait : « Malgré cetexemple, je crois que j’agirai différemment et que je ne répon-drai pas un seul mot. Chacun a sa délicatesse d’amour-propre :la mienne va jusqu’à croire que de certaines gens ne peuvent pasmême m’offenser. »