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« digérer ce procédé de la Cour de Rome, qu’il savoit« fort Lien distinguer de l’Eglise romaine, ne put retenir« son zèle pour la vérité, et il dit par un certain mou-« vement intérieur qui ne sembloit venir que de Dieu :« Ils en. font trop , il faudra leur montrer leur devoir.a Par où l’on peut juger de ce qu’il auroit fait s’il avoit« vu ce qui est arrivé depuis 1 . »
Lancelot fournit un trait qui complète le précédent etqui sépare M. de Saint-Cyran d’avec le Gallicanismeautant qu’il se séparait d’ailleurs de la Cour de Rome.« Il déploroit beaucoup, écrit le fidèle disciple, la plaie« que le Concordat (entre Léon X et François I er ) avoit« faite dans l’Eglise de France, en lui ravissant le droit« de se choisir des pasteurs tels quelle les désire ; et il* remarquoit que depuis cela on n’avoit point encore vu« d’évêque en France qui eût été reconnu pour saint« après sa mort 2 . » A ce mot contre le Concordat etpour l’élection directe des Évêques par les Chapitres(sans que Pape ou Roi s’en mêlât), on entrevoit tout sonsystème de grande république chrétienne. L’idée qu’ilavait du simple Prêtre était souverainement haute etproportionnée à sa foi dans l’Eucharistie et dans lesautres sacrements où le Prêtre fait œuvre sur terre aunom et en place de Dieu. Sa grande république chré-tienne, telle que je la conçois, aurait donc eu les simplesPrêtres comme colonnes, les Évêques élus comme grou-pant, concentrant et gouvernant, les Conciles générauxcomme dominant et régnant d’une suprématie infaillible,et le Pape, par-dessus tout, comme couronne un peuhonoraire.
Ces divers points bien posés qui font mesurer dansl’ensemble le caractère et l’esprit du grand personnage,
1. Mémoires de Lancelot, t. II, p. 121.
2. Ibid., t. Il, p. 163.