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PORT-ROYAL.
Maître, qui traduisit ce traité, en faisait sans doute uneapplication à sa situation propre ; il s’en servait commed’un bel exemple et d’un miroir éclatant pour assemblertous les rayons de l’autel, pour les offrir aux autres et s’eneffrayer soi-même, selon cette règle de l’Église et cetteremarque de Saint-Gyran, que la pénitence publique estincompatible avec le Sacerdoce *. Simple pénitent, ilaidait à enseigner aux autres le chemin où il n’entraitpas, et leur indiquait de loin ces degrés qu’il s’inter-disait.
Rien de touchant et d’éloquent comme ce petit traité.Ghrysostome s’y montre d’abord dans une certaine dis-sipation de jeunesse et de talent, suivant avec assiduitéle Palais et la Comédie : l’exemple de son ami Basile 1le vient convier à la vie solitaire. Sa mère s’en émeut :moins chrétiennement héroïque que madame Le Maître,elle veut dissuader son fils. Sitôt qu’elle s’aperçoit deses idées de retraite, elle le prend par la main, le mènedans sa chambre, et là, l’ayant fait asseoir près d’ellesur le même lit où elle l’avait mis au monde , elle com-mence à pleurer et à se plaindre de lui tendrement.Ghrysostome renversé va trouver son ami qui le rappelleen sens contraire. Sur ces entrefaites, un bruit se ré-pand qu’on a dessein de les faire tous deux évêques. Ence temps, cela se pratiquait comme par sédition ; ons’emparait des gens qu’on croyait dignes, et on les for-çait. M. de Saint-Gyran a dit excellemment de ces élec-tions populaires et tumultuaires : « Le premier effetextérieur de vocation est quand la vertu d’un hommedonne dans la vue de tout le monde et le fait juger digne
1. « Et voilà pourquoi ces grands personnages, saint Antoine,saint Benoît, les deux saints François et saint Hilarion n’ont ja-mais été faits prêtres, ayant été établis de Dieu pour être desmodèles de pénitence. » (Saint-Cyran.)
?. On ne sait pas au juste quel était ce Basile.