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PORT-ROYAL.
C’est tout ce qu’on trouve à redire en lui. Quoi qu’il fasse,s’il ne cesse d’être, il ne sera jamais bon Catholique. »A force de tuer du coup la Sorbonne, Pascal tua à ja-mais, avec sa façon, le docteur de Sorbonne par excel-lence, son illustre ami en personne, Antoine Arnauld.
S’il ne le tua pas du même coup, il le fit vieillir en unan de quarante.
Les Provinciales avaient pour but de créer un parti
indifférents favorables; elles ont réussi, et trop bienpour leur cause : mercedem suam receperunt. Les Pro-vinciales ont créé les amis de Port-Royal, comme ma-dame de Sévigné, par exemple, comme La Fontaine 1 ;elles auraient conquis Montaigne. De çes alliés-là, onn’exigeait que peu : « Ce serait trop les presser , il ne fautpas tyranniser ses amis 2 . » Ces Jansénistes amateurs,tout en préconisant les illustres solitaires, le grand Ar-nauld, le fameux M. Nicole, allaient bientôt redisant dufond, non point tout à fait comme Pascal à la fin de satroisième Provinciale : « Ce sont des disputes de théolo-giens, et non pas de théologie, » mais par un léger chan-gement, qui ne leur en paraissait pas un : « Ce sont desdisputes de théologiens ET de théologie. » On sautaitpar mégarde deux petits mots essentiels, confondant dé-sormais indifféremment hommes et choses : cçla sim-plifiait les questions.
Les amis et protecteurs de Port-Royal, qui le ser-vaient de leurs discours, de leur influence dans le monde,lui demandaient en retour de les servir au besoin ; carPort-Royal, ayant ainsi un parti, était très à même defavoriser quelques-uns de ses amis mondains les unspar les autres : ces sortes d’offices se traitent d’ordinaireaveuglément. Et puisqu’il s’agit de lettres, j’en veux ci-
1. Comme vous peut-être qui me lisez, comme moi peut-êtrequi écris.
2. Seconde Provinciale ; Pascal le dit des Jésuites.