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Port-Royal / C.A. Sainte-Beuve
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LIV11E TROISIÈME.

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Ce n’est pas que Pascal, en écrivant, n’ait sa théorieet ses règles bien plus que Voltaire n’en aura dans saprose. Pascal, du moment où il se mit à écrire et dèsles premières Provinciales, réfléchit beaucoup sur cetart alors renaissant, et en retrouva vite le petit nombrede principes éternels. Il en a été déjà parlé dans l’étudedes Provinciales 1 . Je né puis que renvoyer à ces pen-sées sur le Style et sur Y Éloquence, qui sont dans toutesles mémoires : « Il faut se renfermer le plus qu’il estpossible dans le simple naturel ; ne pas faire grand cequi est petit, ni petit ce qui est grand. » Pascal avaitbeaucoup réfléchi à ce qui fait Y agrément, et son grandsoin était de l’accorder avec la vérité : « Il faut qu’il yait dans l’Éloquence de l’agréable et du réel, mais ilfaut que cet agréable soit réel. » — « Quand on voit lestyle naturel, on est tout étonné et ravi ; car on s’atten-doitde voir un auteur, et on trouve un homme.... Ceux-làhonorent bien la nature, qui lui apprennent qu’elle peutparler de tout, et même de théologie. * Et dans Y Art depersuader : « Les meilleurs livres sont ceux que chaquelecteur croit qu’il auroit pu faire. La nature, qui seuleest bonne, est toute familière et commune.... Je haisles mots d’enflure. » Il pense, exactement comme Mo-lière, que « quand, dans un discours , on trouve desmots répétés, et qu’essayant de les corriger on les trouvesi propres qu’on gâteroit le discours, il les faut laisser;

fort applaudies, il ne méritoit pas beaucoup de gloire pour cela,parce qu’il est facile d’imiter les styles maniérés, comme le sontceux de ces deux auteurs ; mais qu’il n’en étoit pas de môme dustyle de Pascal, et qu’il en vouloit essayer. Il en avoit en effetcommencé quelque chose, mais on n’a rien retrouvé après sa mort.Ce fut en y travaillant que la pensée lui vint de faire une Satiresur l’Équivoque. — Ne pouvant réussir à. son gré dans cet essaide Lettre en prose, il en revint h la Satire. » — Il fit une mau-vaise Satire, n’ayant pu faire une bonne Lettre.

1. Précédemment, chap. IX, page 102.