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PORT-ROYAL.
en grossissent leur idée.... Ils s’accoutument à se regarderdès leur enfance comme une espèce séparée des autres hom-mes : leur imagination ne les mêle jamais dans la foule dugenre humain; ils sont toujours Comtes ou Ducs à leursyeux, et jamais simplement hommes'. »
Ce n’est certes là que du bon sens, et môme du bonsens un peu long, quoique je l’aie abrégé encore. Maissongez à la date, à la destination du livre pour un jeuneGrand ; et soyez sûr qu’on ne trouverait jamais rien depareil dans un ouvrage venu des Jésuites, mais bienprobablement quelque flagornerie en vers latins surl’excellence des aïeux : CaraDeûm sobolcs....
Dans ces exemples tirés de la morale, il y a des mo-ments où l’on domine tout d’un coup le sujet, des ac-cents de finale élévation vers les choses éternelles : ainsidans le chapitre x de la l ra partie, où l’on rapportequelques exemples d’idées confuses et obscures , toute ladernière page 1 2 me fait l’effet d’être du Pascal un peuamorti, étendu et solidifié, pourtant du Pascal ; un cha-pitre déjà des Essais de Morale de Nicole.
De ce genre sont encore, à la fin de la 3 ll,e partie et àla suite de l’étude du syllogisme, pour en relever la sé-cheresse, les abondantes et vraiment belles considéra-tions intitulées : Des mauvais raisonnements que l’oncommet dans la vie civile et dans les discours ordinaires.Les plus saines règles de la critique S’y rencontrent uniesà celles d’une civilité fondée à la vérité même et à la jus-tice. Ces théologiens qui ont tant combattu, qui passentpour obstinés, qui l’ont été quelquefois, ne craignentpas, en garde contre eux-mêmes, de redoubler ces déli-cates recommandations qu’une sincérité touchante anime :
1. Partie III, chap. xx.
2. Depuis ces mots: « On peut découvrir par lit.... » jusqu'à lafin du chapitre.