158
DE L’ÉGLISE GALLICANE.
monstrueux. Mais tels étaient trop souvent les parlements deFrance, ils ne résistaient guère à la tentation de se mettre à lasuite des passions souveraines, pour renforcer la prérogativeparlementaire.
Je ne prétends pas, dans tout ce que je viens de dire,soutenir que le Pape n’eût aucun tort. Peut-être mit-il danssa conduite trop de ressentiment et d’inflexibilité. Je ne mecrois point obligé d’insister sur quelques fautes qui n’ont pasmanqué de narrateurs et d’amplificateurs. Il n’est d’ailleursjamais arrivé dans le monde que, dans le choc de deux auto-rités grandes et souveraines, il n’y ait pas eu des exagérationsréciproques. Mais la puissance qui ne se donne que les torts del’humanité doit passer pour innocente, puisqu’elle ne peut seséparer de sa propre nature. Tout le blâme tombe justementsur celle qui abuse de ses forces, au point de fouler auxpieds toutes les lois de la justice, de la modération et de ladélicatesse.