LIVRE II.
159
CHAPITRE II.
AFFAIRE DE LA RÉGALE. HISTOIRE ET EXPLICATION DECE DROIT.
Jamais l’inflexible hauteur d’un prince qui ne pouvait souf-frir aucune espèce de contradiction, ne se montra d’une ma-nière plus mémorable que dans l’affaire célèbre de la régah.
On sait qu’on appelait de ce nom certains droits utiles ouhonorifiques dont les rois de France jouissaient sur quelqueséglises dans leur royaume, pendant la vacance des sièges: ilsen percevaient les revenus ; ils présentaient aux bénéfices ; ilsles conféraient même directement, etc.
Que l’Église reconnaissante ait voulu payer dans l’antiquité,par ces concessions ou par d’autres, la libéralité des rois quis’honoraient du titre de fondateurs, rien n’est plus juste sansdoute ; mais il faut avouer aussi que la régale étant une ex-ception odieuse aux plus saintes lois du droit commun, elledonnait nécessairement lieu à une foule d’abus. Le concile deLyon, tenu sur la fin du XIII 0 siècle sous la présidence dupape Grégoire X, accorda donc la justice et la reconnaissanceen autorisant la régale, mais en défendant de l’étendre \Cependant le ministère et les magistrats français, sansaucun motif imaginable que celui de chagriner le chef del’Église, et d’augmenter la prérogative royale aux dépens de
' MCCLXXIV, can. XII.