II
AVIS DE L’ÉDITEUR,notes de La Harpe, des remarques de l’alissot et de tous lesécrivains dont ces ouvrages immortels ont exercé la critique, ouexcité l’admiration. Nous reproduisons, avec Voltaire et ungrand nombre des éditeurs qui l’ont précédé ou suivi, la Vie deCorneille, écrite par l’ontenelle son neveu, telle qu’il la donnaà d’Olivet pour être insérée dans VHistoire de l’Académie'- :mais, pour compléter celte Vie, nous avons cru devoir y join-dre, sous le titre de Supplément, quelques faits relatifs à Cor-neille, et recueillis pour la plupart dans les écrits de ses contem-porains.
Il est presque inutile d’ajouter que nous n’avons cité aucunedes corrections adoptées par dos comédiens qui se croient plusdélicats que le public; ils seraient plus réservés, sans doute,s’ils se rappelaient que Baron, ayant osé changer quelques versîle Nicomède, fut interrompu par le parterre, qui répéta sur-le-champ et tout haut la véritable leçon : hommage éclatant quivengeait Corneille des atteintes de la médiocrité, et faisait leplus bel éloge de ses ouvrages, puisqu’il prouvait que les versmême qu’on croyait susceptibles d’être corrigés étaient dans lamémoire de tous les spectateurs. L’admiration et le respect de lapostérité sont éternellement acquis à ce génie puissant qui pré-para la plus belle époque de notre histoire; à cet écrivain fé-cond qui mit en jeu sur la scène toutes les passions du cœur hu-main ; à ce poète sublime qui sut réunir l’énergique et savanteprécision de Tacite à la noble et belle simplicité de Malherbe; àcet homme prodigieux enfin, « véritablement né pour la gloire« de son pays, comparable, non à tout ce que l’ancienne Rome a« produit d’excellents tragiques, puisqu’elle confesse elle-même« qu’en ce genre elle n’a pas été fort heureuse, mais aux Es-« chyle, aux Sophocle, aux Euripide, dont la fameuse Athènes«ne s’honore pas moins que des Themistocle, des Périclés, des« Alcibiade, qui vivaient en même temps qu’eux®. «
t Paris, 1730, in-12, t. II, p. 210. — Cette Vie diffère, en quelque*unes de ses parties, de celle qui se trouve dans le tome III desOEuvres de Fontenelle, Paris, 1767, in-12.
s Racine. Discours à VAcadémie françoi-se pour la réception deTh . Corneille .