XXIV SUPPLÉMENT A LA VIE DE P. CORNEILLE.
A la fin de cette même année 1 Corneille mourut ; etmon père, qui le lendemain de cette mort entroit dansles fonctions de directeur, prétendoit que c’étoit à lui àfaire faire, pour l’académicien qui venoit de mourir, unservice suivant la coutume. Mais Corneille étoit mortpendant la nuit ; et l’académicien qui étoit encore direc-teur la veille prétendit que, comme il n’étoit sorti deplace que le lendemain matin, il étoit encore dans sesfonctions au moment de la mort de Corneille, et que parconséquent c’étoit à lui à faire faire le service. Cettedispute n’avoit pour motif qu’une généreuse émulation :tous deux vouloient avoir l’honneur de rendre les de-voirs funèbres à un mort si illustre. Cette contestation,glorieuse pour les deux parties, fut décidée par l’Aca-démie en faveur de l’ancien directeur; ce qui donna lieuà ce mot fameux que Benserade dit à mon père : « Nulu autre que vous ne pouvoit prétendre à enterrer Cor-« neille; cependant vous n’avez pu y parvenir. » (L.Racine.)
1 1684 .