® AVERTISSEMENT,
s.le ice. La première est que j’aie convenu de jugestouchant son mérite, et m’en sois rapporté au senti-ment de ceux qu’on a priés d’en juger. Je m’en tai—rois encore, si ce faux bruit n’avoit été jusque chez;AI. de Balzac dans sa province, ou, pour me servir desas paroles mêmes, dans son désert, et si je n’en avoisvu depuis peu les marques dans cette admirable lettrequ’il a écrite sur ce sujet, et qui ne fait pas la moindrerichesse des deux derniers trésors qu’il nous a donnés.Or, comme tout ce qui part de sa plume regarde toutela postérité, maintenant que mon nom est assuré depasser jusqu’à elle dans cette lettre incomparable, ilme serait honteux qu’il y passât avec cette tache, etqu’on pût à jamais me reprocher d’avoir compromisde ma réputation. C’est une chose qui jusqu’à présentest sans exemple; et de tous ceux qui ont été attaquéscomme moi, aucun, que je sache, n’a eu assez de fai-blesse pour convenir d’arbitres avec ses censeurs; ets’ils ont laissé tout le monde dans la liberté publiqued’en juger ainsi que j’ai fait, c’a été sans s’obliger, nonplus que moi, à en croire personne; outre que, dansla conjoncture oii étoient lors les affaires du Cid, il nefalloit pas être grand devin pour prévoir ce que nousen avons vu arriver. A moins que d’être tout à faitstupide, on ne pouvoit pas ignorer que, comme les(juestions de cette nature ne concernent ni la religionini l’Etat, on en peut décider par les règles de la pru-dence humaine, aussi bien que par celles du théâtre,et tourner sans scrupule le sens du bon Aristote ducôté de la politique. Ce n’est pas que je sache si ceuxqui ont jugé du Cid en ont jugé suivant leur senti-