LE CIO.
ACTE PREMIER.
SCÈNE I*.
CHIMÈNE, ELVIRE.
CHIMENE.
Kl vire, m’as-tu fait un rapport bien sincère?
Ne déguises-tu rien de ce qu’a dit mon père?
ELVIRE.
Tous mes sens à moi-même en sont encor charmésIl estime Rodrigue autant que vous l’aimez;lit si je ne m’abuse à lire dans son a me,fl vous commandera de répondre à sa flamme.
CHIMÈNE.
Dis-moi donc, je te prie, une seconde fois(le qui te fait juger qu’il approuve mon choix ;
\pprends-moi de nouveau quel espoir j’en dois prendre;
Du si charmant discours 11e se peut trop entendre;
Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amourTa douce liberté de se montrer au jour.
Que t’a-t-il répondu sur la secrète brigue
Que font auprès de toi don Sanche et don Rodrigue'?
N’as-tu point trop fait voir quelle inégalitéEntre ces deux amants me penche d’un côté?
ELVIRE.
Non, j’ai peint votre cœur dans une indifférence
1 Pans l’origine, le Cid portait le titre de tragi-comédie, et s’ouvroitpar une scène entre le comte de Gormas et Elvire, dans laquelle Cor-neille mettait en dialogue ce que Chimène apprend par le récit de sasuivante ; en changeant la forme de son exposition, Fauteur, donnaplus de rapidité à son action. (V.)