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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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LE GID.

SCÈNE V 1 2 .

D. DIEGUE, D. RODRIGUE.

D. DIÈGUE.

Rodrigue, as-tu du cœur?

D. RODRIGUE.

Tout autre que mon père

LYprouveroit sur lheure.

D. DIÈGUE.

Agréable colère !

Digne ressentiment à ma douleur bien doux !

Je recounois mon sang à ce noble courroux;

Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.

Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte;Viens me venger.

D. RODRIGUE.

De quoi ?

D. DIÈGUE.

Dun affront si cruel,

Quà l'honneur de tous deux il porte un coup mortel :Dun soufflet. L'insolent en eût perdu la vie;

Mais mon âge a trompé ma généreuse envie ;

Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir,

Je le remets au tien pour venger et punir -.

1 Dans le Cid de Diamante, Rodrigue arrive avec le garçon gra-cieux qui a peint le portrait de Chimène. Rodrigue trouve le portraitressemblant, et dit au garçon gracieux quil est un grand peintre»grande pintor; puis, regardant son père affligé qui tient dune mainson épée, et de lautre un mouchoir, il lui en demande la raison.Don Diègue lui répond : Aie, aïe, Vhonneur . Rodrigue : Quest-ce guivous dèplaUl Don Diègue : Aïe, aïe, lhonneur, te dis-je. Rodrigue :Parlez, espérez : jécoute. Don Diègue : Aïe , aïe , as-tu du courage TRodrigue répond à peu près comme dans Corneille. (V.)

2 Ces deux vers, tout admirables quils sont, ont essuyé la critiquede lAcadémie. » Venger et punir, dit-elle, est trop vague; car on nesait qui doit être vengé ou qui doit être puni. » Jose croire cette cri**tique mal fondée, et je louerai ces deux vers précisément par ce quony censure. Dabord le sens est clair: qui peut se méprendre sur cer