ACTE I, SCÈNE VI.
Va contre un arrogant éprouver ton courage :
Ce n’est que dans le sang qu'on lave un tel outrage;Meurs ou tue. Au ‘surplus, pour ne te point flatter,•Je te donne à combattre un homme à redouter;
Je l’ai vu, tout couvert de sang et de poussière,Porter partout l’effroi dans une armée entière.
J’ai vu, par sa valeur, cent escadrons rompus;
Et, pour t’en dire encor quelque chose de plu; ,
Plus que brave soldat, plus que grand capitaine.
. C’est...
D. RODRIGUE.
De grâce, achevez.
D. DIÈGUE.
Le père de Chimène..
B. RODRIGUE.
D. DIÈGUE.
Ne réplique point, je commis ton amour :
Mais qui peut vivre infame est indigne du jour ;
Plus l’offenseur est cher, et plus grande est l'offense.Enfin tu sais l’affront, et tu tiens ta vengeance :
Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi,Montre-toi digne fils; d’un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me range,
Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.
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SCÈNE VL
D. RODRIGUE.
Percé jusques au fond du cœur 1
qu’on doit venger et sur ce qu’on doit puniri Mais ce qui me paroîtdigne de louange, c’est cette précision rapide qui est avare des motsparceque la vengeance est avare du temps. Venger et punir, meurs,ou tue; voilà les mots qui se précipitent dans la bouche d’un homme•furieux : il voudroit n’en pas dire d’autres. (La H.)
1 On mettait alors des stances dans la plupart des tragédies, et onen voit dans Mèdée: on les a bannies du théâtre. On a pensé que lespersonnages qui parlent en vers d’une mesure déterminée, ne devaient