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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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LE CID.

Dune atteinte imprévue aussi bien que mortelle,

Misérable vengeur dune juste querelle,

Et malheureux objet dune injuste riguetir,

Je demeure immobile, et mon aine abattueCède au coup qui me tue.

Si près de voir mon feu récompensé, .

O Dieu, létrange peine!

En cet affront mon père est loffensé,

Et loffenseur le père de Chimène!

Que je sens de rudes combats !

Contre mou propre honneur mon amour sintéresse :

Il faut venger un père, et perdre une maîtresse.

Lun manime le cœur, lautre retient mon bras.

Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,

Ou de vivre en infame,

Des deux côtés mon mal est infini.

O dieu, létrange peine!

Faut-il laisser un affront impuni?

Faut-il punir le père de Cliimène?

Père, maîtresse, honneur, amour,

Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,

Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.

Lun me rend malheureux, lautre indigne du jour.

Cher et cruel espoir dune ame généreuse,

Mais ensemble amoureuse,

Digne ennemi de mon plus grand bonheur,

Fer qui cause ma peine,

Mes-tu donné pour venger mon honneur?

Mes-tu donné pour perdre ma Chimène?

Il vaut mieux courir au trépas.

Je dois à ma maîtresse aussi bien quà mon père ;

jamais changer cette mesure, parceque, sils sexpliquaient en prose,ils devraient toujours continuer à parler en prose. Or les vers de sixpieds étant substitués à la prose, le personnage ne doit pas sécarterde ce langage convenu. Les stances donnent trop lidée que cest lepoète qui parle. Cela nempêche pas que ces stances du. Cid ne soientfort belles, et ne soient encore écoutées avec beaucoup de plaisir. (Y.