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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE II, SCENE VI.

lie nos vieux ennemis arborer les drapeaux ;

Vers la bouche du fleuve ils ont osé paroître.

D. ARIAS.

Les Maures ont appris par force à vous connoître,

Et, tant de fois vaincus, ils ont perdu le cœurDe se plus hasarder contre un si grand vainqueur.

D. FERNAND.

Ils ne verront jamais, sans quelque jalousie,

Mon sceptre, en dépit d’eux, régir l’Andalousie;

Et ce pays si beau, qu’ils ont trop possédé,

Avec un œil d'envie est toujours regardé.

C’est l’unique raison qui m’a fait dans SévillePlacer depuis dix ans ie trône de Castille,

Pour les voir de plus près, et d’un ordre plus promptRenverser aussitôt ce qu’ils entreprendront.

D. ARIAS.

Ils savent aux dépens de leurs plus dignes têtesCombien votre présence assure vos conquêtes :

Vous n’avez rien à craindre.

D. FERNAND.

Et rien à négliger.

Le trop de confiance attire le danger,

Et vous n’ignorez pas qu’avec fort peu de peineUn flux de pleine mer jusqu’ici les amène.

Toutefois j’aurois tort de jeter dans les cœurs,

L’avis étant mal sûr, de paniques terreurs.

L’effroi que produiroit cette alarme inutile,

Dans la nuit qui survient troubleroit trop la ville :Faites doubler la garde aux murs et sur le port.

C’est assez pour ce soir ’.

ne s’emploie que pour les choses dont on a déjà parlé, et dont on aomis quelque point dont on veut traiter : Je veux que le comte fassesatisfaction ; ait reste, je souhaite que cette querelle puisse ne pasrendre les deux maisons éternellement ennemies . Mais quand on passed’un sujet à un autre, il faut cependant , ou quelque autre transi-tion. (Y.)

I Le roi a grand tort de dire, C’est assez pour ce soir, puisqu’oneffet les Maures font leur descente le soir même, et que, sans le Cid,la ville était prise. On demande s’il est permis de mettre sur la scèneun prince qui prend si mai ses mesures. Je ne le crois pas j la raison