ACTE V, SCÈNE III.
SCÈNE III.
L’INFANTE, LÉONOR.l’infante.
Où viens-tu, Léonor?
LÉONOR,
Vous applaudir, madame,
Sur le repos qu’enfin a retrouvé votre ame.
l'infante.
n’où viendrait ce repos dans un comble d’ennui ?
LÉONOII.
Si l’amour vit d'espoir, et s’il meurt avec lui,
Rodrigue 11e peut plus charmer votre courage.
Vous savez le combat où Chimène l’engage ;
Puisqu’il faut qu’il y meure, ou qu’il soit son mari,Votre espérance est morte, et votre esprit guéri.
l’infante.
Ah.’ qu’il s’en faut encor!
LÉONOR.
Que pouvez-vous prétendrel’infante.
Mais plutôt quel espoir me pourrois-Ui défendre?
Si Rodrigue combat sous ces conditions,
Pour en rompre l’effet j’ai trop d’inventions.
L’amour, ce doux auteur de mes cruels supplices,
Aux esprits des amants apprend trop d'artifices.
LÉONOR.
Pourrez-vous quelque chose, après qu’un père mortN’a pu, dans leurs esprits, allumer de discord ?
Car Chimène aisément montre, par sa conduite,
Que la haine aujourd’hui ne fait pas sa poursuite.
Elle obtient un combat, et pour son combattantC’est le premier offert qu’elle accepte à l’instant :
Elle n’a point recours à ces mains généreusesQue tant d’exploits fameux rendent si glorieuses;
Don Sanche lui suffit, et mérite son choix,
Parcequ’il va s’armer pour la première fois ;