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LE CID.
|ille aime en ce duel son peu d’expérience :
Comme il est sans renom, elle est sans défiance;
Et sa facilité vous doit bien faire voirQu’elle cherche un combat qui force son devoir,
Qui livre à son Rodrigue une victoire aisée,
El l’autorise enfin à paraître apaisée.
l’infante.
Je le remarque assez, et toutefois mon cœurA l’envi de Chimène adore ce vainqueur.
A quoi me résoudrai-je, amante infortunée ?
LÉOSOR.
A vous mieux souvenir de qui vous êtes née :
Le ciel vous doit lin roi, vous aimez un sujet !
j.’:nfaxte.
Mou inclination a bien changé d’objet.
Je n’aime plus Rodrigue, un simple gentilhomme;Non, ce n’est plus ainsi que mon amour le nomme :
Si j’aime, c’est l’auteur de tant de beaux exploits,C’est le valeureux Cid, le maître de deux rois»
Je me vaincrai pourtant, non de peur d’aucun blâme,Mais pour ne troubler pas une si belle flamme ;
Et, quand pour m’obliger on l’auroit couronné,
Je ne veux point reprendre un bien que j’ai donné.Puisqu'on un tel combat sa victoire est certaine,Allons encore un coup le donner à Chimène.
Et toi, qui vois les traits dont mon cœur est percé,Viens me voir achever comme j’ai commencé.
SCENE IV 1 .
CHIMÈNE, ELVIRE.
CHIMÈNE.
Elvirtï, que je souffre î et que je suis à plaindre !
t Chimène, qui arrive à la place de l’infante sans la voir, et (juipourrait aussi bien ne pas paraître sur le théâtre que s’y montrer, nefait ici que renouveler ce défaut dont nous avons tant parlé, qui con-siste dans l’interruption des set nés; défaut, encore une fois, quiu’était pas reconnu dans le chaos dont Corneille a tiré le théâtre. (V.j