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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE Y, SCÈNE VIF.

« Mais puisque mon devoir m’appelle auprès du roi« Va de notre combat l’entretenir pour moi,

« De la part du vainqueur lui porter ton épée. »

Sire, j’y suis vertu : cet objet l’a trompée;

Elle m’a cru vainqueur, me. voyant de retour,

Et soudain sa colère a trahi son amourAvec tant de transport et tant d’impatience,

Que je n’ai pu gagner un moment d’audience.

Pour moi, bien que vaincu, je me réputé heureux ;Et, malgré l’intérêt de mon cœur amoureux,

Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite,

Qui l'ait le beau succès d’une amour si parfaite.

D. FEIINAND.

Ma Mlle, il ne faut point rougir d’tm si beau feu,

Ni chercher les moyens d’en faire un désaveu ;

Due louable honte en vain t’en sollicite;

Ta gloire est dégagée, et ton devoir est quitte;

'l’on père est satisfait, et c’étoit le vengerQue mettre tant de fois ton Rodrigue en danger.

Tu vois comme le ciel autrement en dispose.

Ayant tant fait pour lui, fais pour toi quelque chose,Et ne sois point rebelle à mon commandement,

Qui te donne un époux aimé si chèrement.

SCÈNE VIL

1). FERNAND, D. DIÈGUE, D. ARIAS, D. RODRIGUE,I). ALONSE , D. SANCHE , L’INFANTE, CHIMÉNE ,LÉONOR, ELVIRE.

l’infante.

Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesseCe généreux vainqueur des mains de ta princesse.

D. RODRIGUE,

Ne vous offensez point, sire, si devant vousUn respect amoureux me jette à ses genoux.

Je ne viens point ici demander ma conquête;

1 Quel devoir l’appelle auprès du roi, au temps de ce combat! (VJ