EXAMEN DU CID.
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à don Diègue, pour aide à chercher son fils, aucun des cinqcents amis qu’il avoit chez lui. Il y a grande apparence quequelques uns d’eux l’y accompagnoient, et même que quel-ques autres le cherchoient pour lui d’un autre côté ; maisces accompagnements inutiles de personnes qui n’ont rien àdire, puisque celui qu’ils accompagnent a seul tout l’intérêtà l’action, ces sortes d’accompagnements, dis-je, ont tou-jours mauvaise grâce au théâtre, et d’autant plus que lescomédiens n’emploient à ces personnages muets que leursmoucheurs de chandelles et leurs valets, qui ne savent quelleposture tenir.
Les funérailles du comte étoient encore une chose fort em-barrassante, soit qu’elles se soient faites avant la fin de lapièce, soit que le corps ait demeuré en présence dans sonhôtel, attendant qu’on y donnât ordre. Le moindre mot quej’en eusse laissé dire, pour en prendre soin, eût rompu toutela chaleur de l’attention, et rempli l’auditeur d’une fâcheuseidée. J’ai cru plus à propos de les dérober à son imaginationpar mon silence, aussi bien que le lieu précis de ces quatrescènes du premier acte dont je viens de parler; et je m’assureque cet artifice m’a si bien réussi, que peu de personnes ontpris garde à l’un ni à l’autre, et que la plupart des specta-teurs, laissant emporter leurs esprits à ce qu’ils ont vu et en-tendu de pathétique en ce poëme, ne se sont point avisés deréfléchir sur ces deux considérations.
J’achève par une remarque sur ce que dit Horace, que cequ’on expose à la vue touche bien plus que ce qu’on n’apprendque par un récit L
C’est sur quoi je me suis fondé pour faire voir le souffletque reçoit don Diègue, et cacher aux yeux la mort du comte,afin d’acquérir et conserver à mon premier acteur l’amitiédes auditeurs', si nécessaire pour réussir au théâtre. L’in-
t Segnius irritant animos demissa per aurem ,
Quam quæ sunt oculis subjecta fidelibus.
De Arte poetica, v. 180.
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