ACTE SECOND.
SCENE I.
HORACE, CURIACE.
CÜKIACE.
Ainsi Rome n’a point séparé son estime ;
Elle eiU cru faire ailleurs un choix illégitime 1 :
Cette superbe ville en vos frères et vousTrouve les trois guerriers qu’elle préfère à tous ;
Et son illustre ardeur d’oser plus que les autres -,
D’une seule maison brave toutes les nôtres :
Nous croirons, à la voir tout entière en vos mains,
Que hors les fils d’Horace il n’est point de Romains.
Ce choix pouvoit combler trois familles de gloire,
1 Illégitime pourrait n’être pas îe mot propre en prose ; on dirait :un mauvais choix , un choix dangereux, etc. Illégitime non-seulementest pardonné à la rime, mais devient une expression forte, et signifiequ’il y aurait de l’injustice à ne point choisir les trois plus braves. ( V.)
Ce mot n’est point pardonné à la rime ; dès qu’il devient une expres-sion forte, il est ordonné par le sens. (P.)
2 I] y avait dans les premières éditions :
Et, ne nous opposant d’autres bras que les vôtres, etc.
Ni l’une ni l’autre manière n’est élégante, et illustre ardeur d'osern’est pas français. Hune maison braver les autres n’est pas une expres-sion heureuse; mais le sens est fort beau. On voit que quelquefoisCorneille a mai corrigé ses vers. Je crois que l’on peut imputer cettesingularité non-seulement au peu de bons critiques que la France avaitalors, au peu de connaissance de la pureté et de l’élégance de la lan-gue, mais au génie même de Corneille, qui ne produisait ses beautésque quand il était animé par la force de son sujet. (Y.) — Hune seulemaison brave toutes les autres nous paroît d’un très beau sens, etmême un beau vers. Celui qui le précède valoit mieux dans les pre-mières éditions ; il étoit plus naturel, plus simple, et Corneille eut tortde le changer (P.)
I.
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