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HORACE.
FLAVIAN.
Je viens pour vous l’apprendre.
^CURIACE.
Eh bien, qui sont les trois?
FLAVIAN.
Vos deux frères et vous.
CURIACE.
Qui?
FLAVIAN.
Vous et vos deux frères 1 .
Mais pourquoi ce front triste et ces regards sévères?
Ce choix vous déplaît-il?
CURIACE.
Non, mais il me surprend ;
Je m’estimois trop peu pour un honneur si grand.
FLAVIAN.
Dirai-je au dictateur, dont l’ordre ici m’envoie,
Que vous le recevez avec si peu de joie?
Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour.
CURIACE.
Dis-lui que l’amitié, l’alliance et l’amourNe pourront empêcher que les trois CuriacesNe servent leur pays contre les trois Horaces.
FLAVIAN.
Contre eux ! Ah ! c’est beaucoup me dire en peu de mots.
CURIACE.
Porte-lui ma réponse, et nous laisse en repos.
SCÈNE III.
HORACE, CURIACE.
CURIACE.
Que désormais le ciel, les enfers et la terre •
Unissent leurs fureurs à nous faire la guerre ;
l Ce n’est pas ici une battologie ; cette répétition vous et vos deuxfrères, est sublime par la situation. Voilà la première scène au théâtreoù un simple messager ait fait un effet tragique en croyant apporterdes nouvelles ordinaires. J’ose croire que c’est la perfection de l’art.
(V.)