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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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I ü HORACE.

Avec toute ta force attaquer ma vertu '?

Ru moins contente-toi de l’avoir étonnée,

Et me laisse achever cette grande journée.

Tu me viens de réduire en un étrange point 1 ;Aime assez ton mari pour n’en triompher point,Va-t’en, et ne rends plus la victoire douteuse;

La dispute déjà m’en est assez honteuse.

Souffre qu’avec honneur je termine mes jours.

SABINE.

Va, cesse de me craindre; on vient à ton secours.

scène m

TE VIEIL HORACE, HORACE, CURIACE, SARINE, CAMILLE.

LE VIEIL HORACE.

Qu’est-ce ci, mes enfants? écoutez-vous vos flammes 2 ?

Et perdez-vous encor le temps avec des femmes 3 ?

Prêts à verser du sang, regardez-vous des pleurs ?

Fuyez, et laissez-les déplorer leurs malheurs,

Leurs plaintes ont pour vous trop d’art et de tendresse;Elles vous feroient part enfin de leur foiblesse,

Et ce n’est qu’en fuyant qu’on pare de tels coups.

SABINE.

N’appréhendez rien d’eux, ils sont dignes de vous.

Malgré tous nos efforts vous en devez attendreCe que vous souhaitez et d’un fils et d’un gendre ;

Et si notre foiblesse ébranloit leur honneur,

Nous vous laissons ici pour leur rendre du cœur.

Allons, ma sœur, allons, ne perdons plus de larmes ;

Contre tant de vertus ce sont de foibles armes.

1 Notre malheureuse rime arrache quelquefois de ces mauvais vers :ils passent à la faveur des bons ; mais ils feraient tomber un ouvragemédiocre dans lequel ils seraient en grand nombre. fV.)

2 Qu’est-ce ci ne se dit plus aujourd’hui que dans le discours fa-milier. (V.)

3 Avec des femmes serait comique en toute autre occasion ; mais jene sais si cette expression commune ne va pas ici jusqu’à la noblesse,tant elle peint bien le vieil Horace. (Y*)