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ACTE IV, SCÈNE VI.
EMILIE.
J’en présume encor plus.Ne crains pas toutefois que j’éclate en injures ;
Mais n’espère non plus m’éblouir de parjures.
Si c’est te faire tort que de m’en défier,
Viens mourir avec moi pour te justifier.
MAXIME.
Vivez, belle Émilie, et souffrez qu’un esclave...
EMILIE.
Je ne t’écoute plus qu’en présence d’Octave.
Allons, Fulvie, allons.
SCENE VI 1 .
MAXIME.
Désespéré, confus,
Et digne, s’il se peut, d’un plus cruel refus,
Que résous-tu, Maxime? et quel est le suppliceQue ta vertu prépare à ton vain artifice 2 ?
Aucune illusion ne te doit plus flatter;
Êmilie en mourant va tout faire éclater;
Sur un même échafaud la perte de sa vie 3 4Étalera sa gloire et ton ignominie,
Et sa mort va laisser à la postéritéL’infame souvenir de ta déloyauté.
Un même jour t’a vu, par une fausse adresse *,
1 Autant le spectateur s’est prêté au monologue important d’Au-guste, qui est un personnage respectable, autant il se refuse au mono-logue de Maxime, qui excite l’indignation et le mépris. Jamais unmonologue ne fait un bel effet que quand on s’intéresse à celui quiparle, que quand ses passions, ses vertus,-ses malheurs, ses faiblesses,font dans son ame un combat si noble, si attachant, si animé, que vouslui pardonnez de parler trop longtemps à soi-même. (Y.)
2 Ce mot de vertu dans la bouche de Maxime est déplacé, et va jus-qu’au ridicule. (V.)
3 II n’y avait point d’échafauds chez les Romains pour les criminels :l’appareil barbare des supplices n’était point connu, excepté celui de lapotence en croix pour les esclaves. (Y.)
4 Fausse adresse est trop faible, et Maxime n’a point été adroit. (Y.)