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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCÈNE II. 2S7

Vous devez un exemple à la postérité,

Et mon trépas importe à votre sûreté.

AUGUSTE.

Tu me braves, Cinna, tu fais le magnanime,

Et, loin de t’excuser, tu couronnes ton crime.

Voyons si ta constance ira jusques au bout.

Tu sais ce qui t’est dû, tu vois que je sais tout;

Fais ton arrêt toi-même, et choisis tes supplices.

SCÈNE IL

LIVIE, AUGUSTE, CINNA, ÉMILIE, FULVIE.

LIVIE.

Vous ne connoissez pas encor tous les complices ;

Votre Êmilie en est, seigneur, et la voici A

CLNNA.

C’est elle-même, ô dieux !

AUGUSTE.

Et toi, ma tille, aussi !

EMILIE.

Oui, tout ce qu'il a fait, il l’a fait pour me plaire,

Et j’eirétois, seigneur, la cause et le salaire.

AUGUSTE.

Quoi! l’amour qu’en ton cœur j’ai fait naître aujourd’huiT’emporte-t-il déjà jusqu’à mourir pour lui!

Ton ame à ses transports un peu trop s’abandonne,

Et c’est trop tôt aimer l’amant que je te donne 1 2 .

EMILIE.

Cet amour qui m’expose à vos ressentimentsN’est point le prompt effet de vos commandements :

1 Les acteurs ont été obligés de retrancher Liv.ie, qui venait faire icile personnage d’un exempt, et qui ne disait que ces deux vers. On lesfait prononcer par Emilie ; mais ils lui sont peu convenables : elle nedoit pas dire à Auguste votre Êmilie, ce mot la condamne ; si ellevient s’accuser elle-même, il faut qu’elle débute eh disant : Je viensmourir avec Cinna. (Y.)

2 Cette petite ironie est-elle bien placée dans ce moment tragique ?

•est-ce ainsi qu’Auguste doit parler? (Y.) '