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D’une si longue erreur pleinement affranchie,
Elle n’a plus de vœux que pour la monarchie,
Vous prépare déjà des temples, des autels,
Et le ciel une place entre les immortels;
Et la postérité, dans toutes les provinces,
Donnera votre exemple aux plus généreux princes.
AUGUSTE.
J’en accepte l’augure, et j’ose l’espérer :
Ainsi toujours les dieux vous daignent inspirer!
Qu’on redouble demain les heureux sacrificesQue nous leur offrirons sous de meilleurs auspices,
Et que vos conjurés entendent publier
Qu'Auguste a tout appris, et veut tout oublier >.
1 Ce n’est pas ici une pièce telle que les Horaces. On voit bien lemême pinceau, mais l’ordonnance du tableau est très supérieure. Il n’va point de double action : ce ne sont point des intérêts indépendantsles uns des autres, des actes ajoutés à des actes ; c’est toujours la mêmeintrigue. Les trois unités sont aussi parfaitement observées qu’ellespuissent l’être, sans que l’action soit gênée, sans que l’auteur paraissefaire le moindre effort. Il y a toujours de l’art; et l’art s’y montre ru re-nient à découvert. (Y.) — Le pardon généreux d’Auguste, les vers qu’ilprononce, qui sont le sublime de la grandeur d’ame ; ces vers que l’ad-miration a gravés dans la mémoire de tous ceux qni les ont entendus,et cet avantage attaché à la beauté du dénomment, de laisser au spec-tateur une dernière impression qui est la pins heureuse et la plus vivede toutes celles qu’il a reçues, ont fait regarder assez généralementcette tragédie comme le chef-d’œuvre de Corneille ; et si Ton ajoute àce grand mérite du cinquième acte le discours éloquent de Cinna dansla scène où il fait le tableau des proscriptions d’Octave; cette autrescène si théâtrale ou Auguste délibère avec ceux qui ont résolu de l’as-sassiner ; les idées profondes et J’éncrgie de style qu’on remarque dansce dialogue aussi frappant à la lecture qu'au théâtre, le monologued’Auguste au quatrième acte; la fierté du caractère d’Émilie, et lestraits heureux dont il est semé, cette préférence paroîtra suffisammentjustifiée. N’oublions pas surtout de remarquer combien l’auteur deCinna a embelli les détails qu’il a puisés dans Sénèque. Tel est l'avan-tage inappréciable des beaux vers, telle est la supériorité qu’ils ont surla meilleure prose, que la mesure et l’harmonie ont gravé dans tous lesesprits et mis dans toutes les bouches ce qui demeuroit comme ensevelidans les écrits d’un philosophe, et n’existoit que pour un petit nombrede lecteurs. Cette précision, commandée par le rhythme poétique, atellement consacré les paroles que Corneille prête à Auguste, qu’on