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espèce, et n’entreprendre pas de rien offrir de cellenature à une reine Très Chrétienne, et qui l’est beau-coup plus encore par ses actions que par son titre, àmoins que de lui offrir un portrait des vertus chré-tiennes dont l’amour et la gloire de Dieu formassentles plus beaux traits, et qui rendît les plaisirs qu’elley pourra prendre aussi propres à exercer sa piété qu’àdélasser son esprit. C’est à cette extraordinaire et ad-mirable piété, Madame, que la France est redevabledes bénédictions qu’elle voit tomber sur les premièresarmes de son roi ; les heureux succès qu’elles ont ob-tenus en sont les rétributions éclatantes, et des coupsdu ciel, qui répand abondamment sur tout le royaumeles récompenses et les grâces que Votre Majesté a mé-ritées. Notre perte sembloit infaillible après celle denotre grand monarque ; toute l’Europe avoit déjà pi-tié de nous, et s’imaginoit que nous nous allions pré-cipiter dans un extrême désordre, parcequ’elle nousvoyoit dans une extrême désolation : cependant la pru-dence et les soins de Votre Majesté, les bons conseilsqu’elle a pris, les grands courages qu’elle a choisispour les exécuter, ont agi si puissamment dans tousles besoins de l’État, que cette première année de sarégence a non-seulement égalé les plus glorieuses del’autre règne, mais a même effacé, par la prise deThionville, le souvenir du malheur qui, devant scsmurs, avoit interrompu une si longue suite de vic-toires. Permettez que je me laisse emporter au ravis-sement que me donne cette pensée, et que je m’écriedans ce transport :
Que vos soins î, grande reine, enfantent de miracles!
* Corneille n’était pas fait pour les sonnets et pour les madrigaux. Uaurait mieux fait de ne se point écrier dans son transport. (Y.)